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Benoît Hamon : "Ségolène Royal est une personnalité politique incontournable" (vidéo)

Le porte-parole du Parti socialiste répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Benoît Hamon a estimé que Ségolène Royal est "une personnalité politique incontournable". Avec la Première secrétaire du PS Martine Aubry, "nous sommes dans des registres parfaitement complémentaires (...) Nous aurons quelques occasions dans les semaines qui viennent de les voir ensemble", a-t-il ajouté. Interrogé sur les violences à Strasbourg, Benoît Hamon a jugé "difficile" de se prononcer sur l'attitude de la police.

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Benoît Hamon.

Benoît Hamon : Bonjour.
 
Strasbourg, la Corse... La violence avait plusieurs visages ce week-end en France. Pensez-vous, Benoît Hamon, que la police a failli à sa mission de protection des biens et des personnes à Strasbourg ?

C'est difficile à dire. Je sais qu'ils étaient 25.000 entre les effectifs français et allemands. Nous avons là affaire à une violence qui est une violence très organisée. Les Black Blocks c'est connu. Ca fait pas mal de temps qu'ils sévissent. Ils ont des méthodes de ce qu'on appelle de guérillas urbaines, c'est un peu excessif, mais en tout cas d'actions violentes extrêmement éprouvées : rapides, mobiles. Toujours compliqué de se mettre à la place des policiers ou des forces de l'ordre, dans ce cas-là. En tout cas, ce qui est clair c'est qu'ils avaient un adversaire qui était un adversaire déterminé.

En tout cas, il y a une polémique sur l'attitude des forces de l'ordre. Il y a même les Verts qui demandent une mission d'enquête, je crois ?

Qu'on fasse la lumière sur les conditions dans lesquelles un hôtel, une pharmacie, des commerces ont été brûlés, la façon dont cette violence a pu se déployer ça me paraît logique. Après, moi je ne vais pas aujourd'hui jeter la pierre sur qui que ce soit parce que je n'en sais pas beaucoup plus.

La crise économique poursuit ses ravages. Et dans ce contexte, le G 20 qui s'est déroulé à la fin de la semaine dernière, semble avoir apporter un petit peu d'espoir. Le succès du G20, dit ce matin dans "Le Figaro" Dominique Strauss-Kahn - directeur général du FMI, "le succès du G20 constitue un élément du retour à la confiance". Etes-vous d'accord avec le diagnostic de Dominique Strauss-Kahn, Benoît Hamon ?

Quand on sait l'importance des aspects psychologiques en économie, on pourrait croire à un tel pronostic puisque c'est vrai que l'affichage du succès du G20, l'affichage de plusieurs Chefs d'Etat contents des conclusions du G20 peut donner des éléments de confiance supplémentaires. Après, objectivement, il faut regarder le bilan du G20.

Il y a deux aspects à ce bilan.
- Il y avait la régulation financière demandée par l'Union Européenne, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel en tête. Sur ce terrain, la publication d'une liste de paradis fiscaux, plus l'encadrement des Hedge Founds font partie des progrès. Mais ce sont des petits progrès.
- Et l'élément principal qui était, lui, l'agenda de Barack Obama, l'agenda américain, c'était la relance de l'économie mondiale. Là encore, on est dans une demi-mesure qui fait du Fonds Monétaire International, incontestablement le grand vainqueur, lui qui avait un vrai problème de légitimité depuis maintenant de nombreuses années. On se demandait à quoi ça sert le Fonds Monétaire International en charge, en théorie selon son mandat, de la stabilité macro-économique mondiale mais qui finalement, à travers ce qu'on appelle les politiques d'ajustement structurel a donné l'impression d'être l'instrument des pays développés pour pouvoir mettre en oeuvre "leur" politique dans les pays en voie de développement.     Aujourd'hui, le Fonds a des moyens qu'il n'avait pas, hier, qui contribueront incontestablement à la relance.

Moi j'ai quand même le sentiment, objectivement, qu'il manque un acteur à cette relance mondiale : c'est l'Union européenne. Nous n'avons aucun plan coordonné à l'échelle du marché intérieur. Nous avons des orientations qui sont des orientations parfois contradictoires d'un Etat membre à un autre, certains choisissant la consommation, certains choisissant l'investissement seulement. Bref, pas de travaux d'infrastructure au niveau européen, pas de volonté d'organiser la solidarité à l'intérieur du Marché Intérieur pour permettre un développement harmonieux. Ca fait quand même quelques inquiètudes encore lourdes sans parler que la question monétaire n'a absolument pas été traitée au G 20.

L'Europe a ses problèmes. Mais diriez-vous tout de même qu'au G 20, Nicolas Sarkozy a bien joué sa partie ?

Ecoutez, moi j'ai eu l'occasion de le dire. Je ne crois pas que ce soit très responsable de dire : on va à un sommet. Attention ! on va casser la vaisselle, si on n'est pas satisfait !

Oui, ça, c'était avant le sommet. Il ne l'a pas fait pendant.

Parce que je pense qu'aujourd'hui, au vu des résultats, il y avait avant une liste de paradis fiscaux, à la fin il y a une liste de paradis fiscaux. Alors, on va juger du caractère plus ou moins coopératif de ces paradis fiscaux. L'ère du secret bancaire hélas n'est pas révolue ! Je suis bien placé pour le savoir parce que je suis rapporteur au Parlement européen sur une directive qui s'appelle la directive Epargne ; et je vois, aujourd'hui, quelles sont les résistances : celles du Luxembourg et de l'Autriche. Et je peux vous assurer qu'aujourd'hui ça n'est pas du tout à l'ordre du jour de remettre en cause le secret bancaire... hélas !

Donc, je pense que sur ce terrain-là, c'est encore affaire de communication. Mais dans ce domaine-là, je crains que nous ayons encore beaucoup de progrès à faire et que de ce point de vue-là, le bilan du Président de la République reste relativement gris.

Passe d'armes, hier, entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Le premier est favorable à l'entrée de la Turquie en Europe ; le second y est opposé. Vous êtes candidat, Benoît Hamon, aux élections européennes. Vous êtes pour ou contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe ?

Moi j'ai toujours été pour. L'Union européenne est un grand marché intérieur. C'est d'abord une union économique et je ne vois pas de raison à ce qu'un marché comme le marché turc, et un pays comme la Turquie, ne rejoignent pas cette grande union économique.

Sa localisation géographique peut-être ? Il dit que ce n'est pas en Europe, que c'est en Asie mineure.

Oui... Je pense que le projet européen, en tout cas, n'a  jamais considéré que ses frontières géographiques historiques ou culturelles (je mets des guillemets autour de culturelles) étaient un obstacle à l'élargissement de l'Union Européenne. Moi j'y suis favorable mais il n'y a pas de surprise à ce que Barack Obama soit pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. C'est une position très traditionnelle de l'Administration américaine. Et c'est sans doute cette prise de position publique, la contrepartie au fait que monsieur Erdogan ait accepté que monsieur Rasmussen devienne le patron de l'OTAN.

Mais en tout cas, vous, dans la campagne européenne, vous défendrez l'idée de l'adhésion de la Turquie à l'Europe ?

Moi je pense  que s'il doit y avoir une nouvelle vague d'élargissement et si cette question là est posée... Mais je ne vois pas ce qui justifierait que la Turquie n'y entre pas, si l'Union européenne continue de s'élargir.

C'est une impression que vous partagerez ou pas... Mais Ségolène Royal qui s'exprimait encore, hier, dans le "Journal du Dimanche", marque davantage le débat par ses formules et ses interventions que ne parvient à le faire Martine Aubry ?

Oui... Mais...

Ah, vous en convenez !

Non... mais je retiens... Je retiens de l'interview de Ségolène Royal le fond. Et je trouve que c'est une très bonne interview. Et j'encourage les Français qui peuvent aller sur Internet à la lire parce que l'explication qu'elle donne aujourd'hui de la radicalisation des conflits sociaux, est une explication intéressante. Et elle pointe, aujourd'hui, ce qui est une forme de désespoir et de souffrance de familles françaises comme toutes les autres qui confrontées à la brutalité du chômage, à la brutalité des licenciements, à la difficulté pour eux-mêmes comme pour leurs enfants, aujourd'hui expriment le sentiment de n'avoir plus rien à perdre. Et quand on est confronté à cela, eh bien le devoir des Politiques c'est d'essayer de le comprendre et d'apporter des réponses. Et ce que nous observons aujourd'hui, c'est qu'il y a toujours le bouclier fiscal mais qu'il n'y a toujours pas de bouclier social. Et nous appelons à ce bouclier social.

Ségolène Royal parvient-elle à dire et à faire entendre ce que Martine Aubry ne parvient pas à dire et à faire entendre ?

Non, je pense que nous sommes dans des registres qui sont des registres pour l'une comme pour l'autre, parfaitement complémentaires. Et de ce point de vue-là, Martine Aubry est la première...

Ah !

Mais oui, je vous dis : ce n'est pas de la langue de bois.

Ah si, si !

Elle est première secrétaire...

"Parfaitement complémentaires" : c'est de la langue de bois. Oui.

... Mais si... La preuve, elle est première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry.

D'accord !

... Elle est sur le terrain. Ségolène Royal l'est aussi. Elle est l'ancienne candidate à l'élection présidentielle. Elle s'exprime. Vous verrez, nous aurons quelques occasions dans les semaines qui viennent de les voir ensemble.

Alors, une citation de Ségolène Royal dans "La Charente Libre", jeudi dernier : "Je ne suis pas obsédée par la Présidentielle. Il se trouve que je suis entendue, que les gens croient ce que je dis, que je fais exploser l'audimat quand je suis dans les médias, que c'est quasi l'émeute quand je dédicace au Salon du Livre. Je suis une personnalité politique incontournable".

C'est une personnalité politique incontournable. Je n'ai pas été au Salon du Livre pour voir si c'était l'émeute, je vous avoue. Mais c'est une personnalité politique incontournable ; et toutes celles et ceux qui pensent qu'on peut faire de la politique sans Ségolène Royal...

Et vous avez essayé de la contourner !

Non. Sans Ségolène Royal... Non, mais moi j'ai été juste candidat au poste de premier secrétaire, voilà.

Tous ceux qui pensent que Ségolène Royal... (je vous ai coupé !)

... pourrait être contournée, se trompent. Elle a été candidate. Elle demeure une personnalité politique importante. Mais en disant ça, c'est une lapalissade.

Benoît Hamon, qui n'a pas toujours la langue de bois  - mais parfois ! - était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

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Chroniques L'invité de RTL Parti socialiste
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Le porte-parole du Parti socialiste répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Benoît Hamon a estimé que Ségolène Royal est "une personnalité politique incontournable". Avec la Première secrétaire du PS Martine Aubry, "nous sommes dans des registres parfaitement complémentaires (...) Nous aurons quelques occasions dans les semaines qui viennent de les voir ensemble", a-t-il ajouté. Interrogé sur les violences à Strasbourg, Benoît Hamon a jugé "difficile" de se prononcer sur l'attitude de la police.
https://www.rtl.fr/actu/conso/benoit-hamon-segolene-royal-est-une-personnalite-politique-incontournable-video-4212065
2009-04-06 07:50:00