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Banques françaises : silence, on délocalise !

ÉDITO - BNP Paribas prévoit de transférer au Maroc des activités informatiques dédiées à sa banque de détail en Afrique.

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Banques françaises : silence, on délocalise ! Crédit Image : DAMIEN MEYER / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

La fermeture de Whirlpool a été clairement un des temps forts de la présidentielle. Les délocalisations concernant les services ne mobilisent, elles, ni les médias ni les politiques. Elles sont pourtant de plus en plus fréquentes. Probablement pas parce qu'on n'y brûle pas les ordinateurs sur des parkings autour de braseros - il n'y a donc pas de bonnes images pour les bonnes infos. Il y a donc peu de politiques à leur chevet.

Pourtant les services délocalisent, et ils le font beaucoup, dans le silence. Ces activités qui occupent les deux-tiers des salariés français ont des transferts de postes nombreux. Grandes banques, assureurs, sociétés de service informatique ou d'audit recherchent le grand large, là où les coûts salariaux et l'infrastructure sont les plus bas. À l'exemple de BNP Paribas qui va prochainement délocaliser encore 150 emplois d'informaticiens au Maroc.

C'est un mouvement qui prend de l’ampleur. Il est très largement entamé. Il ne figure simplement pas sur le radar des dossiers sociaux. Natixis a ainsi déjà organisé la migration de 600 postes d'informaticiens à Porto, au Portugal, pour une économie estimée à 30 millions d'euros. La filiale de la BPCE a rejoint plusieurs sociétés de services françaises déjà installées localement. Dont encore BNP Paribas, qui organise à Lisbonne une plateforme RH pour ses activités de financement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Peu de secteurs y échappent

D'autres privilégient le sous-continent indien. C'est le cas de la Société Général (6.000 postes) ou de grosses sociétés de services informatique, comme Cap Gemini qui a la moitié de ses effectifs en Inde. Leurs données partent à la nuit tombée vers Bangalore et reviennent toujours par Internet, traitées, triées, assemblées, prêtes à consommer au petit matin. Les grands cabinets comptables font la même chose à Casablanca, Madagascar ou Maurice.

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Ces délocalisations concernent toutes les activités dites "de service" : assurance, communication, santé, publicité, archivage. Peu de secteurs y échappent. De grandes enseignes de travail par intérim déploient leur service RH en Pologne, par exemple. Des fournisseurs d'énergie organisent leurs fichiers clients en Tunisie.

La montée en puissance des systèmes informatiques associés à celle de communication vont amplifier ces mouvements. Au moins jusqu'à leur point de trop forte dépendance vis-à-vis de ces centres lointains. Si les délocalisations industrielles sont une corde de rappel permanente pour le futur gouvernement, celles des services mériteraient aussi son attention.

La note du jour

04/20 à Airbus. L'A400M, l'avion de transport militaire, n'est toujours pas finalisé. Son coût final devrait atteindre 30 milliards d'euros, soit 10 de plus que prévu.

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