7 min de lecture Jean-Marc Ayrault

Ayrault recadre Gattaz et ses "oukazes" sur le pacte de responsabilité

Devant les députés socialistes, Jean-Marc Ayrault a réagi aux propos du président du Medef sur le pacte de responsabilité. Pour lui, le "dialogue social ne peut pas reposer sur des oukases".

Le président du Medef, Pierre Gattaz à Matignon, le 29 janvier 2014 à Paris (Archives).
Le président du Medef, Pierre Gattaz à Matignon, le 29 janvier 2014 à Paris (Archives). Crédit : AFP / KENZO TRIBOUILLARD
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Elizabeth Martichoux et La rédaction numérique de RTL

C'est la porte-parole du Parti socialiste (PS), Annick Lepetit, qui a rapporté les propos du Premier ministre : "Le dialogue social ne peut pas reposer sur des oukases", a expliqué Jean-Marc Ayrault devant les députés de sa majorité en réaction aux propos du président du Medef, Pierre Gattaz, sur le pacte de responsabilité.

Depuis Washington, où il accompagne François Hollande, le patron des patrons avait expliqué ne pas vouloir entendre parler de "contreparties" dans le cadre du pacte de responsabilité, en demandant qu'on arrête en France "de gérer par la contrainte".

Cette déclaration a dynamité le pacte de responsabilité qui devait permettre de relancer l'économie et endiguer le dérapage budgétaire. Selon Pierre Gattaz, il faudrait non pas 30 mais 60 milliards d'euros d'allègement de cotisations.

Nous rappelons à Pierre Gattaz qu'il s'agit d'un pacte de responsabilité et non d'irresponsabilité

Annick Lepetit, porte-parole du Parti socialiste
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Du côté de l’Élysée et de Matrignon, on minimise l'incident. S'exprimant devant des caméras de télévision, Jean-Marc Ayrault a déclaré souhaiter que "Pierre Gattaz quand il sera revenu en France, rencontre le plus vite possible les organisations syndicales comme c'était prévu, pour engager le dialogue social (...)". "Je pense que le décalage horaire parfois peut causer des problèmes...", a-t-il ajouté.

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"La tradition républicaine veut qu'on ne critique pas à l'étranger la politique de son pays, a fortiori quand on est invité du président de la République", a lancé pour sa part Annick Lepetit. "Sur le fond, nous rappelons à Pierre Gattaz qu'il s'agit d'un pacte de responsabilité et non d'irresponsabilité", a-t-elle ajouté.

Des négociations bien engagées

Interrogée sur les motivations du patron des patrons, Annick Lepetit a lâché : "Il faudra lui demander à son retour si le président de la République ne l'oublie pas là bas". "Nous rappelons aussi à Pierre Gattaz que c'est lui qui arbore à sa boutonnière depuis plusieurs mois un pin's promettant un million d'emploi. Tenir sa parole ne concerne pas que les hommes politiques, cela engage aussi le patronat. Il serait mieux que le président du Medef apprenne la constance et arrête la danse de Saint Guy", a-t-elle poursuivi.

À Matignon comme à l’Élysée, on souligne qu'il y a une dynamique autour du pacte de responsabilité et que les discussions se passent bien. On sous-entend ainsi qu'il y a d'autres interlocuteurs au Medef, prêts à jouer le jeu. La négociation est bien engagée et il y aura de de toute façon, une heure de vérité fin février ou début mars. C'est à cette date que le patronat proposera par écrit les contreparties au pacte.

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Pierre Gattaz ne donnera pas de contreparties au gouvernement pour le pacte de responsabilité Crédit Image : RTL | Crédit Média : Elizabeth Martichou | Durée : | Date :
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