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"Autolib', un gâchis pour tout le monde", décrypte Christian Menanteau

ÉDITO - C'est fini pour les petites voitures électriques grises d'Autolib', plombé par un lourd déficit : Paris et sa banlieue, réunies en comité syndical, ont mis un terme au contrat avec le groupe Bolloré.

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"Autolib', un gâchis pour tout le monde", décrypte Christian Menanteau Crédit Image : AFP / Archives, Éric Piermont | Crédit Média : Christian Menanteau | Durée : | Date : La page de l'émission
Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

Après le naufrage des Velib', c'est au tour d'Autolib', l'une des vitrines de Paris, de baisser le capot. L'avis de décès a été publié jeudi 21 juin. L'offre d’autopartage électrique, qui fut l'un des symboles de l'entrée de la capitale dans le XXIe siècle, est déjà de l'histoire ancienne.

Nul ne peut nier son succès d'usage : les 4.000 petits véhicules plutôt moches ont quand même séduit 150.000 abonnés, parcourus 250 millions de kilomètres et conquis Singapour, Los Angeles ou Londres.

Mais nul n'ignore aussi le fiasco financier de ce service : plus de 250 millions d'euros de pertes en 2023. Insoutenable pour Bolloré, le concessionnaire, et explosif pour les 98 communes aux commandes de ce projet. Sept ans seulement après son lancement, le crash de ce service de mobilité est un immense gâchis

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Des options existaient pour redresser la barre. Selon nos informations, Anne Hidalgo et Vincent Bolloré menaient jeudi encore des négociations secrètes pour réduire les pertes et faire vivre cette innovation urbaine en matière de transport.

Des pistes ont été identifiées dès 2015 par les experts : fermer 200 des 1.200 stations sans clients ; lever l’interdiction d'accès aux aéroports ; bannir les voitures particulières qui squattent les bornes, autoriser l'usage des couloirs de bus ; et surtout donner un feu vert à la pub sur les voitures. Des possibilités que les élus du syndicat Autolib' où Paris est majoritaire n'ont pas validé.

La faute originelle

Cette absence de décision ramène à la faute originelle : Autolib' est une délégation de service public. Ce sont les élus qui décident de sa stratégie. Faute de consensus ou de savoir-faire, ils n'ont jamais tranché entre un service public qui assume ses pertes et un service commercial qui est responsable de ses comptes.

À leur décharge, Bolloré avait un plan d'affaires qui promettait la rentabilité. Mais face aux dérives financières, nos élus n'ont absolument pas réagi.

Bolloré veut s'effacer dès septembre. En revanche, la mairie de Paris espère une prolongation jusqu'en janvier prochain. Quel que soit le tempo, ce qui est sûr c'est que les voitures vont disparaître. Les 6.200 bornes (un tiers des bornes du pays) seront rachetées par le syndicat et les abonnés devraient être indemnisés.

Ce qui est incertain, c'est le sort des 500 salariés attachés au service d'autopartage. Ce qui est explosif (et qui nous concerne tous), c'est la facture financière finale. Le contribuable devra en supporter l’essentiel.


Ce qui est purement politique dans ce dossier, c'est que cette affaire va aller devant les tribunaux, et donc passer sous le tapis jusqu'après les prochaines élections municipales.

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- Deutsche Telecom va supprimer 10.000 emplois dans sa filiale informatique.

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ÉDITO - C'est fini pour les petites voitures électriques grises d'Autolib', plombé par un lourd déficit : Paris et sa banlieue, réunies en comité syndical, ont mis un terme au contrat avec le groupe Bolloré.
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2018-06-22 09:07:00
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