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Après l'affaire du concombre, Bruno Lemaire va à Bruxelles demander une aide pour les agriculteurs français

Les producteurs de légumes victimes de l'épidémie de Hambourg veulent être indemnisés de leur préjudice. Or, Bruno Le Maire, leur ministre, sera tout à l'heure à Bruxelles. Cela veut dire qu'il va défendre leur cause. La chronique de Christian Menanteau.

Christian Menanteau
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Christian Menanteau Journaliste RTL

Sans nul doute ! Un ministre de l'Agriculture qui prend le train pour Bruxelles, c'est toujours pour demander un concours financier ou une petite dérogation. Alors, Bruno Lemaire va, en effet, tenter sa chance. Il dispose, depuis ce week end, des premières estimations chiffrées du préjudice subi par les maraîchers français. Il serait d'environ 5 millions d'euros pour les premiers jours de la crise. Alors, c'est un chiffre assez modeste, qui n'a rien à voir avec les pertes de l'agriculture espagnole : 200 millions d'euros par semaine, mais, comme son fonds de garantie des calamités ne dispose, au total, que de 90 millions d'euros, et que les besoins dus aux premières conséquences de la sécheresse sont déjà estimés à plusieurs centaines de millions d'euros, un coup de main européen serait le bienvenu. Un geste de Bruxelles éviterait, en effet, d'envisager plus sérieusement un nouvel impôt sécheresse, difficile, bien sûr, en période électorale.

Ce ne serait pas plutôt à l'Allemagne de payer les pots cassés ?

Détrompez-vous, l'Allemagne ne versera pas un euro de dédommagement aux producteurs espagnols, néerlandais et, accessoirement, français qui ont été, financièrement, secoués par l'épidémie de Hambourg. C'est en tout cas, à ce jour, la position officielle de Berlin. C'est une position qui n'est pas sans fondement. C'est l'Allemagne qui, actuellement, affronte une crise sanitaire très sérieuse, avec plus de 2.000 personnes contaminées, un grand nombre de décès. Des drames qui doivent relativiser les dérèglements d'une petite partie du marché des légumes frais.

Et puis, par ailleurs, les juristes allemands considèrent que l'on peut parler, ici, de responsabilité sans faute puisqu'ils ont mis en application ce fameux "principe de précaution", en prévenant toute l'Europe d'éventuels dangers avec les fruits et légumes. Et la position d'Angela Merkel, par ailleurs, illustre aussi une différence d'approche des dossiers agricoles entre les pays du Sud et les capitales nordiques. A Berlin ou à La Haye, on parle d'industrie, de business agricole, tandis que chez nous, au Sud, on parle d'exploitations et de paysans. On n'a donc pas les mêmes références économiques.

On a d'ailleurs le sentiment que cela illustre les divergences franco-allemandes.

Absolument. L'Allemagne anticipe ce qu'elle craint le plus : qu'on lui demande, de nouveau, de passer à la caisse. A Berlin, on sait compter et on sait aussi que la sécheresse, qui frappe l'ensemble du continent, va mettre à mal le budget de la Politique Agricole Commune. Les Allemands, qui sont de gros contributeurs, ne veulent pas qu'il explose. En gros : ils ne veulent pas payer. Maintenant, si on élargit ce point de vue et que l'on dépasse cette affaire, on découvre que l'Allemagne joue de plus en plus en solo. Elle joue en solo dans l'énergie, dans la lutte contre la pollution, dans la gestion de l'euro, dans la résolution de la crise financière européenne et, désormais, dans les crises agricoles. Nous sommes donc dans une phase où les deux rives du Rhin s'éloignent.

*** Le Bloc-Notes

Le prix du foin atteint des sommets, en France. Le prix de "l'hommé", la quantité de foin que pouvait faucher un homme dans la journée, dont la mise à prix moyenne était de 16 euros, l'an dernier, vient de partir à 50 euros, aux enchères, en Ile-et-Vilaine.

Et puis, une bonne nouvelle : le moral des cadres s'améliore : selon le sondage Via Voice, il aurait enregistré, au premier trimestre, sa plus forte hausse depuis 2006.

*** La Note du Jour

12 sur 20 au réseau Cap Emploi, spécialisé dans l'insertion professionnelle des handicapés : ce réseau aura contribué à l'embauche de 62.000 personnes, l'an dernier. Une hausse de 19%.




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Les producteurs de légumes victimes de l'épidémie de Hambourg veulent être indemnisés de leur préjudice. Or, Bruno Le Maire, leur ministre, sera tout à l'heure à Bruxelles. Cela veut dire qu'il va défendre leur cause. La chronique de Christian Menanteau.
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2011-06-06 07:20:00
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