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Air France : vers un scénario catastrophe ?

REPLAY - ÉDITO - C'est le remake de "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" qui se prépare chez Air France : "Y a-t-il des avions qui peuvent voler sans pilote parce que les pilotes font la sieste ?"

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Air France : vers un scénario catastrophe ? Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Jeudi 1er octobre, le conseil d'administration d'Air France a approuvé un plan d'économie drastique. Tout cela parce que les négociations sociales n'ont pas abouti. Ces négociations ont mis aux prises la direction et les pilotes de ligne, à qui l'on demande, comme aux autres catégories de personnel, des efforts pour remettre à flots, une fois encore, la compagnie aérienne. Pour les pilotes, il s'agit de voler cent heures de plus par an, c'est-à-dire un peu plus de 10% du temps en plus. Sans augmentation de salaire, mais avec un intéressement aux résultats, à terme.

Pendant plusieurs mois, les représentants des pilotes ne sont même pas venus aux rendez-vous de négociation. La direction a pris acte de de refus. Elle engage, du coup, un plan de réduction de capacité violent : des lignes réduites sur la Russie, le Japon, le Brésil, des lignes fermées en Inde, des commandes d'avions annulées et 3.000 emplois supprimés potentiellement. Tout cela doit être annoncé lors du comité d'entreprise du 5 octobre.

Les autres personnels ont accepté les sacrifices

10 à 15% de travail en plus, ce n'était pas rien quand même. Mais il ne s'agissait jamais que de se rapprocher des standards, même pas mondiaux, mais européens. La survie d'Air France en première division est à ce prix. Elle est aujourd'hui prise en tenaille entre les low cost comme Ryan Air, qui ont désormais presque la moitié du marché européen et qui grignotent chaque année, et les compagnies du Golfe (Emirates et les autres), qui la concurrencent sur les longs courriers avec des coûts cassés, parce qu'elles sont lourdement subventionnées par leur gouvernement.

Les autres personnels ont accepté les sacrifices. Au sol, les adaptations sont en cours. Pour ce qu'on appelle les PNC (le personnel navigant), les discussions vont démarrer, à l'échéance d'un accord avec eux qui est toujours en vigueur. Chez KLM, la compagnie soeur d'Air France, le plan a également été accepté. Il n'y a que les pilotes français qui bloquent.

Quelques centaines d'individus peuvent mettre par terre une entreprise.

François Lenglet
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Cette obstination intervient un an après une grève monumentale des pilotes, qui refusaient à l'époque le développement de la filiale low cost d'Air France, Transavia. La grève avait coûté plusieurs centaines de millions d'euros à la compagnie. Elle a creusé un fossé entre cette aristocratie, très bien payés et aux conditions de travail princières, et le reste du personnel.

Le seul syndicat des pilotes peut bloquer une entreprise comme Air France. En principe, un syndicat doit disposer de 10% des voix pour être représentatif (c'est ce que prévoit la loi sur le dialogue social introduite par Nicolas Sarkozy il y a quelques années). Mais la loi prévoit une exception, justement au bénéfice des pilotes, qui ont une dérogation, comme tous les syndicats dits catégoriels. Quelques centaines d'individus peuvent donc mettre par terre une entreprise.

Le gouvernement tiendra-t-il ?

Pour l'instant, tout le monde soutient la direction, y compris les deux administrateurs salariés qui ont voté pour le plan, et y compris l'État, dont les représentants ont également suivi le patron Alexandre de Juniac. Le bras de fer commence. Mais on ne peut pas exclure qu'une voie médiane soit trouvée après une phase de confrontation, c'est-à-dire que les négociations reprennent.

La question clé est : le gouvernement tiendra-t-il ? On ne se souvient que lors du conflit de l'année dernière, le ministre des transports, Alain Vidalies, avait molli très tôt? Ce qui avait probablement contribué à faire durer la grève davantage.

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