1 min de lecture Le Journal économique

Air France tire sa dernière cartouche avec les low cost à Marseille

La compagnie, qui a ouvert dimanche sa première "base de province" à Marseille, vient directement chasser sur les terres des compagnies "low-cost" comme Ryanair ou Easyjet en pratiquant des prix cassés sur 13 destinations. C'est une révolution pour le transporteur ! La chronique de Christian Menanteau.

Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau
Christian Menanteau Journaliste RTL

Oui, tout à fait ! C'est une opération low-cost, mais c'est beaucoup plus que le lancement de 13 nouvelles liaisons au départ de Marseille. Il s'agit, en fait, d'une des dernières cartouches - sinon la dernière - d'Air France pour reconquérir son marché intérieur et sa place en Europe, parce que, depuis un an, Ryan' Air transporte plus de passagers à travers l'Europe que l'avionneur français. Si on ajoute EasyJet, Vueling et quelques autres compagnies aux dents longues, vous avez un aperçu du recul des compagnies traditionnelles. Cette situation n'est pas une surprise : c'est la conséquence directe, d'abord de la banalisation du transport aérien. Il fallait 6 SMIC pour rallier New York, il y a 20 ans. Aujourd'hui, un aller-retour coûte moins de 500 euros. Ensuite, cette industrie est passée, depuis 1986, d'un cadre étatique et administré à un univers privé, hautement concurrentiel. Air France, qui est une société colbertiste, qui a longtemps refusé cette évolution, a beaucoup bataillé devant les tribunaux. Elle a gagné, effectivement, plusieurs combats mais elle a reculé sur l'essentiel : la bataille des airs et des consommateurs en Europe.

Cette révolution a-t-elle des chances de séduire le grand public ?

Oui, probablement, à condition, bien sûr, que la compagnie tienne ses promesses. Le projet prévoit plus de 54 liaisons à bas prix, au départ de Marseille, Nice et Toulouse, dans les mois qui viennent. Ce n'est pas rien ! C'est une augmentation de 30% de l'offre, à la fois en volume et en destination. Tout cela avec des tickets autour de 50 euros mais en maintenant le service traditionnel de la compagnie, c'est-à-dire : pas de taxes quand on paie par carte de crédit, le choix du siège gratuit, des journaux et des collations qui sont offertes à bord. Les conditions de réussite, toutefois, sont simples : il va falloir augmenter la compétitivité et, vous le savez, un avion qui vole, ça rapporte de l'argent mais un avion qui reste au sol, ça en perd. Il faut donc que les Airbus de la compagnie volent, en moyenne, 14 heures par jour et non pas 9 comme actuellement. Cela suppose donc une nouvelle organisation technique et sociale.

Est-ce que ça veut dire qu'Air France est en passe de devenir low-cost ?

Non, évidemment. Et c'est d'ailleurs la grande question sur ce projet. Air France a choisi, un petit peu, de couper la poire en deux pour son programme de court et moyen courrier. Or, ce qui rend efficace le modèle low-cost, c'est qu'il est sans concession et plutôt roublard. Ce grand pavillon traditionnel saura, et pourra, s'y adapter ? Ce n'est pas certain. Et puis, c'est pour Air France, c'est aussi une vision très différente de son métier qui se dessine, et ce n'est pas évident dans une société où les syndicats sont attachés à l'image haut de gamme du pavillon et aux avantages, bien sûr, qui accompagnent ce statut. Alors, ça devrait être le défi du futur directeur général de la compagnie, Alexandre de Juniac, c'est l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde.

*** Le Bloc-Notes

L'automobile américaine embauche : 14.000 emplois directs chez General Motors et Ford, d'ici Noël.

Et puis, le dossier du lait devrait de nouveau s'inviter sur la scène politique européenne, dans les semaines à venir : les éleveurs français parlent de "bradage de la ferme nationale".

***La Note du Jour

2 sur 20 à Laurent Wauquiez : le ministre de l'Enseignement Supérieur lance, en partenariat avec un opérateur, un programme d'offre de tablette tactile à 30 euros par mois durant deux ans. Matériel choisi : Apple et Samsung, un américain et un coréen. Le ministre ignore qu'en France, on dispose, avec Archos, d'un industriel qui tient la dragée haute en technologie, et qui est mieux-disant en prix. Quand le gouvernement parle de défendre l'industrie française, je trouve qu'il y a beaucoup de bla-bla et pas d'actes.

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