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Aéroports de Lyon et Nice : la privatisation dans la dernière ligne droite

ÉDITO - Les candidats à la reprise des deux plateformes sont connus. Un prétendant turc fait polémique.

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Les privatisations des aéroports de Nice et de Lyon sont désormais dans leurs dernières lignes droites Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Christian Menanteau et Loïc Farge

L’État, qui possède 60% des aéroports de Lyon et de Nice (les deux plus importantes après ceux de Paris) veut se désengager au plus vite. Pas pour des raisons stratégiques ou industrielles. Il vend nos bijoux de famille pour recapitaliser la filière nucléaire, qui est au bord de la rupture financière. On va déshabiller un Paul en bonne santé pour recouvrir d’un bout de tissu un Pierre subclaquant. Comme le gâteau semble appétissant et surtout que l’argent coule à flot et ne coûte rien, les taux d’emprunt sont proches de zéro. Pas moins de onze candidats sont sur les rangs. De quoi théoriquement faire monter les enchères purement financières.

Parmi les candidats, il y a un groupe Turc qui fait polémique. Pourquoi une telle agitation autour de ce prétendant ? D'abord parce qu’il a un appétit gargantuesque. Le groupe de BTP Limak veut rafler les deux aéroports. Pour réussir son coup, il fait fuiter qu’il est le mieux disant. Cette entreprise n’est pas inconnue. Elle gère déjà le deuxième aéroport d’Istanbul et vient de remporter pour 22 milliards la construction et l’exploitation de la prochaine plateforme sur le Bosphore. Le problème c’est qu’un rapport de KPMG Turquie ferait mention de ses liens suspects avec le président de la Turquie et d’odeur de corruption dans des marchés publics. Suffisamment troublant pour que les Suisses, initialement associés à cette équipe, reprennent leur liberté.

On va déshabiller un Paul en bonne santé pour recouvrir d’un bout de tissu un Pierre subclaquant

Christian Menanteau
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Le deuxième frein est le précédent de Toulouse. Attribué pour quelques millions de plus à un fonds chinois, l’aéroport de Blagnac a vu son nouveau PDG mystérieusement disparaître durant plusieurs mois. Il a fêté son retour en affichant un seul objectif : siphonner sans délais les réserves financières de l’aéroport. Dernier frottement : l’opposition farouche de Christian Estrosi à Nice et Laurent Wauquiez à Lyon. Les deux présidents de région refusent d’abandonner le sort de leurs aéroports à un opérateur étranger.

Les onze prétendants ont la main. Ils savent que le gouvernement français court après quelques milliards d'euros. Ils vont donc jouer les hypothèses basses. Comme Bercy ne peut vendre que 60% de ces deux lots, le Trésor public ne devrait pas récupérer beaucoup plus de 1,5 milliard. Pas lourd pour une opération à un coup et sans réelle garantie sur les investissements d’avenir.

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