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Accord beIN-Canal+ : Vincent Bolloré "a un plan" bien plus large pour le groupe Vivendi

Le projet d'accord entre Canal+ et beIN rejeté, le patron du groupe Vivendi livre son ressenti sur cet échec et dévoile sa stratégie globale pour l'avenir.

Vincent Bolloré le 3 février 2016
Vincent Bolloré le 3 février 2016 Crédit : AFP/G.Van Der Hasselt
Maxime Magnier

En s'alliant à beIN Sports pour en obtenir la diffusion exclusive, Canal+ espérait frapper un grand coup, jeudi 9 juin. Mais la chaîne cryptée a essuyé un cuisant échec, puisque l'Autorité de la concurrence a rejeté le projet d'accord. Pourtant, Vincent Bolloré comptait bien sur cette alliance pour déclencher "une nouvelle dynamique", tel qu'il l'a confié au journal Le Monde et refaire le plein d'abonnés après en avoir perdu environ 500.000 en l'espace de 5 ans.

Mais sur l'échec en lui-même, le patron de Vivendi rappelle que "tout le monde connaissait les chiffres des pertes" et que ceux-ci "n’étaient pas donnés pour préserver l’image de Canal". Et d'affirmer que "le bruit de fond selon lequel nous aurions noirci le tableau à dessein est faux". Pourtant, malgré la déconvenue, il se défend de vouloir céder son groupe et le redit : "Cette entreprise est redressable".

Car le vrai problème, selon Vincent Bolloré, "ce sont les chaînes payantes éditées par [eux]-mêmes". D'après lui, "tout le reste est rentable" et le "clair" "ne représente que 60 millions d’euros de recettes publicitaires par an sur 1,5 milliard de revenus générés par les abonnements". L'industriel est donc "optimiste" quand à l'avenir de Canal+.

Une stratégie globale

Mais il rappelle tout de même qu'un futur prospère passera par une réduction des coûts et que "Canal+ est à la diète depuis neuf mois", une situation à laquelle "tout le monde [se] fait. Par exemple, et si le cinéma en lui-même ne sera pas lésé, le budget alloué au Festival de Cannes a été réduit pour économiser 5 millions d'euros en 2016 et 21 des 25 dirigeants du groupe ont plié bagage, même si le chef d'entreprise, qui emploie 7000 salariés, se défend d'avoir mené un plan social.

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Toujours dans une optique économe, le groupe a racheté les studios de Boulogne pour internaliser la production de ses émissions "maison", le Canal Football Club, Le Tube et Le Grand Journal. Et la chaîne cryptée devrait aussi faire passer "le clair" a "une à deux heures par jour maximum", contre "six ou sept" actuellement.

Mais si réduire la voilure des dépenses constituera un levier de la future prospérité de Canal+ - qui devrait perdre 400 millions d'euros en 2016 en France -, Vincent Bolloré pense aussi qu'il lui faudra proposer un abonnement à la chaîne "plus segmentant en termes d'offres, avec des options". En ce sens, une nouvelle grille tarifaire sera dévoilée dans les prochains mois. Et le groupe va s'investir davantage dans la télévision gratuite, comme sur D8, D17 ou iTélé, qui seront respectivement renommées C8, Cstar et CNews grâce l'accord du conseil supérieur de l'audiovisuel obtenu jeudi 9 juin.

Doubler les bons chiffres

Pour D8, Vincent Bolloré veut doubler les bon chiffres déjà obtenus pour atteindre environ 8% d'audience, et ambitionne de développer "Watch", son système de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) destinés à être lancé "en fin d'année" sur les marchés allemand, italien, espagnol et en Amérique du Sud. Pour ce faire, le groupe tentera de conclure des alliances avec plusieurs opérateurs de télécommunications, et particulièrement avec ceux dont il est déjà actionnaire, comme Telecom Italia et Telefonica.

Enfin, pour se développer, Vivendi compte bien accentuer la synergie entre différents services, comme la musique, les films et séries, les jeux vidéo et émissions de flux, comme ce fut déjà le cas lorsque Canal+ avait "remporté les appels d’offres sur le Festival de Cannes et le Top 14 grâce à l’ensemble des métiers de Vivendi : la diffusion sur Dailymotion pour Cannes, les talents d’Universal pour le Top 14" explique Maxime Saada, le directeur général de la chaîne.

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