3 min de lecture Changement climatique

Conférence climat de Varsovie : un accord adopté in extremis

Un consensus a été obtenu samedi sur les fondations de l'accord attendu en 2015 à Paris, l'un des points les plus disputés de la conférence climat de Varsovie, mais le texte devait encore être formellement adopté.

Un participant à la conférence de Varsovie sur le climat
Un participant à la conférence de Varsovie sur le climat Crédit : AFP
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et AFP

La conférence climat de Varsovie est parvenue samedi 23 novembre in extremis à un accord qui pose les premiers jalons sur le chemin jusqu'au grand rendez-vous de Paris en 2015, mais offre un avant-goût de la difficulté des négociations à venir avec les grands émergents, la Chine en tête. Ce texte est venu couronner plus de trente heures de négociations non-stop dans le grand stade de Varsovie, où se tenait cette conférence rassemblant plus de 190 pays et qui devait s'achever officiellement vendredi. "Juste à temps, les négociateurs à Varsovie ont fait juste ce qu'il fallait faire pour que ce processus continue d'avancer", a commenté Jennifer Morgan, directrice du Centre de recherches World Resources Institute (WRI).

"Les représentants des différents pays doivent désormais rentrer chez eux et faire des progrès significatifs sur leurs offres (en matière de lutte contre le changement climatique, ndlr) qui doivent devenir la colonne vertébrale du nouvel accord sur le climat", a-t-elle ajouté.
L'ambition de la conférence de Varsovie était de poser les fondations de l'ambitieux accord attendu en 2015 à Paris sur les réductions de gaz à effet de serre.

Position intransigeante de la Chine et de l'Inde


Pour la première fois, l'accord doit concerner tous les pays, être légalement contraignant et suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement du globe à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, contre la trajectoire actuelle de 4°C. Mais les négociations ont buté toute la journée sur la position intransigeante de la Chine et de l'Inde qui se sont opposées à l'Union européenne et les États-Unis sur la formulation du texte. Les deux pays n'ont cessé d'insister pour continuer à être considérés comme des "pays en développement", et à ce titre, ne pas devoir en faire autant que les pays industrialisés contre le réchauffement. Le négociateur chinois Su Wei s'était notamment dit "très préoccupé" par le fait que le texte propose que toutes les parties prennent des "engagements" en matière de lutte contre le changement climatique.

Le ton est monté au point que la perspective d'achever la conférence de Varsovie sans accord était évoquée ouvertement, ce qui aurait été un faux-départ très préjudiciable pour l'accord de 2015. Les négociateurs des principaux pays, Chine, Inde, Etats-Unis, entre autres, se sont alors rassemblés dans un coin de la grande salle de conférence et durant plus d'une une heure, ont négocié une formulation acceptable par tous.

"Tout ce qu'on a, ce sont des cacahuètes"

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Résultat : au lieu d'"engagements", le texte adopté parle de "contributions" - formule bien moins forte - que les pays devront présenter et précise qu'elles ne "préjugent pas de leur nature légale". Il est aussi demandé aux différents États de communiquer leurs contributions "bien en avance" avant la conférence de Paris afin de les évaluer, "au premier trimestre de 2015 pour les parties qui sont prêtes", une formule que la France aurait voulu plus contraignante. Un texte sur l'aide financière aux pays du Sud a également été adopté à Varsovie, sans répondre aux exigences de ces derniers qui voulaient plus de visibilité sur la mobilisation des 100 milliards de dollars promis d'ici 2020 pour les aider à faire face au changement climatique.

L'accord ne pose pas de montants intermédiaires sur la table et, seule concession des pays riches, il "presse" les pays développés à "continuer à mobiliser de l'argent public, à des niveaux supérieurs" à ceux de l'aide d'urgence décidée pour 2010-2012, soit 10 milliards de dollars par an. "Cette conférence devait être la conférence des finances", a déclaré à l'AFP le négociateur du Bangladesh, Qamrul Chowdhury. "Et tout ce qu'on a, ce sont des cacahuètes."

Un dernier accord a été adopté sur un mécanisme portant sur les "pertes et dommages" subis par les pays du Sud à cause du réchauffement, que les actions engagées ne pourront empêcher. Ces derniers voulaient un nouvel organe mais les pays riches, qui craignent de rentrer dans une logique de "réparations", voulaient qu'il soit associé aux mécanismes déjà existants sur "l'adaptation" au changement climatique. Un compromis a été trouvé, et le "mécanisme de Varsovie" sera associé à ceux consacrés à l'adaptation jusqu'à une "révision" en 2016.

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Conférence climat de Varsovie : un accord adopté in extremis
Un consensus a été obtenu samedi sur les fondations de l'accord attendu en 2015 à Paris, l'un des points les plus disputés de la conférence climat de Varsovie, mais le texte devait encore être formellement adopté.
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