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Clément Méric : le militant d'extrême droite Esteban soupçonné d'avoir frappé pour tuer

Le procureur de Paris estime que la mort de Clément Méric procédait bien d'une "intention d'homicide". Esteban, suspecté d'avoir porté les coups, est visé par une information judiciaire pour "homicide volontaire"

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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Une information judiciaire pour "homicide volontaire" a été ouverte samedi visant le principal suspect, Esteban, dans l'enquête sur la mort du jeune militant d'extrême gauche Clément Méric, provoquée par les coups reçus lors d'une rixe avec des skinheads à Paris.

L'ouverture de cette instruction par le procureur de la République de Paris François Molins a été suivie par l'annonce par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de la décision "d'engager immédiatement" une procédure de dissolution du groupuscule d'extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR).

Les cinq personnes qui sont présentées samedi à un juge d'instruction ont toutes "reconnu être sympathisantes du mouvement ultranationaliste Troisième Voie", a assuré le procureur de la République de Paris. Seule Katia a "reconnu être adhérente" du mouvement, Esteban, le principal suspect, affirmant lui "n'avoir été encarté que 6 mois".

A l'issue de deux jours d'enquête, le procureur de Paris estime que la mort de Clément Méric procédait bien d'une "intention d'homicide". Le jeune homme est mort des coups reçus au visage et non en raison de sa chute comme l'a révélé l'autopsie, a confirmé samedi le procureur.

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A priori, seul Esteban aurait donc porté les coups mortels. Le parquet a requis son placement en détention provisoire, ainsi que pour trois autres personnes visées par une information judiciaire pour "violences volontaires en réunion". Le parquet a requis le placement sous contrôle judiciaire de Katia, la petite amie d'Esteban, visée par une information judiciaire pour "complicité de violences volontaires en réunion".

Les "premières conclusions" de l'autopsie ont démontré, selon le procureur de la République, "qu'il y a eu une "multiplicité" de coups et que "le décès n'est pas dû à un hématome qui aurait été causé par la chute par terre mais aux traumatismes crâno-faciaux occasionnés par les coups de poing portés à la victime".

Suspicions d'usage d'un poing américain


"La force et la violence des coups de poing portés au visage de Clément Méric c'est-à-dire sur une partie du corps particulièrement exposée alors que la victime était physiquement beaucoup moins baraquée, les suspicions d'usage d'un poing américain et enfin la cause de la mort due à plusieurs coups portés et non pas à la chute consécutive" ont convaincu le parquet d'ouvrir une information pour "homicide volontaire", a dit le procureur.

Ni l'enquête jusqu'ici, ni l'autopsie, n'ont permis de confirmer l'utilisation d'un poing américain par Estaban qui soutient "avoir frappé à mains nues" et donné "deux coups", a cependant précisé M. Molins. Toutefois, un témoin, ami de Clément Méric, assure qu'il en portait bien un, et deux poings américains ont été retrouvés chez lui lors de la perquisition à son domicile.

L'enquête réalisée par les enquêteurs du 1er district de police judiciaire a également écarté la thèse du guet-apens. La présence des deux groupes impliqués dans ce drame à une "vente privée de vêtements de marque anglaise" dans le quartier Saint-Lazare, à Paris, mercredi, "semble totalement fortuite", a expliqué le procureur.

Selon M. Molins, un ami de Clément Méric, militant d'extrême gauche lui aussi présent dans cette salle des ventes, a reconnu et chambré un membre du groupe d'extrême droite, Troisième Voie, venu avec deux autres amis, un garçon et une fille, Katia. Selon le procureur, Esteban les a rejoints quelques temps après. Selon le procureur, c'est bien le groupe de la victime qui a provoqué en premier. En revanche, sur l'origine exacte de la rixe, à savoir qui a porté les coups en premier, le flou persiste.

Les suspects "prétendent avoir répliqué" aux coups
qu'ils disent avoir reçus dans un premier temps, a expliqué le procureur. Il a décrit une "rixe", une "scène de violence avec échange de coups" en s'appuyant sur l'audition de "témoins objectifs", comme deux vigiles de la salle de vente, et des personnes impliquées.

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2013-06-08 14:34:56