1 min de lecture Claude Guéant

Claude Guéant : "Mohamed Merah veut mourir les armes à la main"

Le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin en direct depuis Toulouse. Claude Guéant a déclaré "espérer" que le présumé tueur au scooter Mohammed Merah était "encore vivant" dans son appartement, s'étonnant que le jeune homme n'ait eu aucune réaction après les détonations déclenchées autour de lui par le RAID. "Il a déclaré qu'il voulait mourir les armes à la main. Depuis, malgré les efforts redoublés tout au long de la nuit pour rétablir le contact par la voix et par la radio, il n'y a eu aucun contact, aucune manifestation de sa part", a ajouté le ministre.

Claude Guéant sur RTL le 5 mars 2012
Claude Guéant sur RTL le 5 mars 2012 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Guéant.

Claude Guéant : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Confirmez-vous que Mohamed Merah est toujours retranché dans son appartement ?

Mohamed Merah est toujours dans son appartement ; nous n'avons cependant eu aucun contact avec lui, cette nuit. Hier, dans le début de la soirée, il avait annoncé qu'il se rendrait à 22h45. Un nouveau contact a donc été établi à 22h45 et il est alors rentré dans une autre logique qui est une logique de rupture. Il a déclaré qu'il voulait mourir les armes à la main. Depuis, malgré les efforts redoublés tout au long de la nuit pour rétablir le contact par la voix et par la radio, il n'y a eu aucun contact, aucune manifestation de sa part.

Ceci ne peut pas durer éternellement, Claude Guéant ?

Non, il va falloir effectivement que nous en sortions, ça c'est clair.

Comment ?

Mais nous allons faire le point tout à l'heure avec le procureur de la République dès que je vous aurai quitté, Jean-Michel Aphatie ; mais il faut qu'il se rende.

Vous envisagez, vous allez envisager un assaut ?

Toutes les hypothèses sont envisageables, bien sûr ; mais nous avons une priorité, c'est qu'il puisse se rendre, c'est de le livrer à la Justice et par conséquent c'est de le prendre vivant. Nous espérons qu'il est encore vivant.

Le prendre vivant, dites-vous, c'est une possibilité qui semble se réduire étant donné le tableau que vous faites vous-même ce matin sur RTL, Claude Guéant, de la situation ?

Vous savez, le RAID est une unité qui est tout à fait exceptionnelle dans sa qualité, qui a livré beaucoup d'interpellations de ce genre et qui a rarement entraîné lors de ses interpellations, mort d'homme.

Tout le monde est conscient du formidable travail effectué par les policiers, les gendarmes que vous coordonnez sur le terrain, Claude Guéant. Ce travail doit être reconnu et salué. Mais des questions demeurent : on a du mal à comprendre, Claude Guéant, pourquoi après le meurtre de deux militaires à Montauban, jeudi soir, la DCRI n'ait pas cherché à savoir où se trouvait, ce que faisait un individu au profil aussi particulier, inquiétant que Mohamed Merah ?

Vous savez, la DCRI suit beaucoup de personnes qui sont engagées dans le radicalisme islamiste et ceci dit, exprimer des idées, manifester des opinions salafistes ne suffit pas à déferrer à la Justice.

En l’occurrence, qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a eu un premier meurtre de militaires à Toulouse, le 11 mars ; et tout de suite, la question s'est posée de savoir s'il y avait une relation entre le tueur et une petite annonce qu'avait passée sur internet la victime. Petite annonce pour vendre sa  moto.

Et par conséquent, une exploitation systématique a été faite des appels qui avaient été reçus. 576 exactement ; donc 576 adresses ip étaient disponibles, samedi dernier, le 17.  A partir de là, il faut un travail de fourmi pour savoir qui est derrière ces adresses.
   
Mais quand deux militaires sont tués à Montauban, le 15, c'est-à-dire quatre jours après le premier meurtre...

... Oui. Oui.

... Et que les services de police apprennent que c'est la même arme ; donc, il y a un lien entre les trois meurtres...
 
Oui.

Là, la DCRI ne cherche pas à savoir ce que des gens engagés dans la mouvance salafiste font de leurs journées ?
  
Mais vous savez, les gens qui sont engagés dans la mouvance salafiste sur Toulouse et que la DCRI suit de très près comme sur l'ensemble du territoire, ne  manifestent pas de propension, d'inclination au meurtre. Dans le parcours des salafistes toulousains comme dans celui de Mohamed Merah, jamais n'est apparue une tendance criminelle.

Des fautes n'ont pas été commises dans l'enquête, Claude Guéant ?

Oh certainement pas. Alors, je poursuis ma démonstration, si vous le voulez bien, mon explication plus exactement.

Donc, un travail de fourmis se fait sur les adresses pour savoir qui est derrière, si quelqu'un peut être considéré comme suspect et c'est là que le 19 après-midi, donc le lundi après-midi, un travail en coopération avec la DCRI fait apparaître quelque chose d'intéressant, à savoir que l'une des adresses ip correspond à la mère de Mohamed Merah. Et c'est à partir de là que tout s'enclenche et que l'on arrive très vite sur Mohamed Merah, quelques rassemblements de vraisemblance ; et puis dès le mardi matin, donc le 20 au matin, la constatation de la présence de Merah dans son appartement.

Il apparaît à la fenêtre après un survol d'hélicoptère et donc, immédiatement, un périmètre est installé autour de lui pour qu'il ne puisse plus sortir de chez lui.

Marine Le Pen juge que "le risque fondamentaliste a été sous-estimé en France".Que répondez-vous, Claude Guéant ?
 
Eh bien, je dirais que c'est toutes les forces de police, et notamment la DCRI, concentrent leur énergie et leurs compétences sur ce risque-là. Je dirais que depuis dix ans, ce sont près de 700 interpellations qui ont été faites dans le milieu du terrorisme islamiste. L'année dernière encore, une petite centaine d'interpellations ; trente écrous ; actuellement, il y a une soixantaine d'islamistes à tendance terroriste qui sont dans nos prisons. Donc, notre lutte est acharnée.
 
Alors, ceci dit, je dirais que la lutte est plus ou moins facile selon que l'on a à faire à des groupes ou bien des individus. Quand vous avez des groupes, eh bien les personnes qui les constituent, prennent contact, se rencontrent, se téléphonent, etc.

Quand vous avez un individu isolé, ce que les services appellent  les "loups solitaires" sont des adversaires redoutables et Merah toute la journée d'hier, il a beaucoup parlé. Il a dit qu'il était seul dans ce combat. Bon, l'enquête devra dire si effectivement, il était seul mais quelqu'un de seul est très difficile à observer.

Vous avez dit tout à l'heure au détour d'une réponse, Claude Guéant, que vous espérez que Mohamed Merah est toujours vivant. Vous avez des doutes ?

Mais c'est assez étrange qu'on n'ait rien vu du tout. Il n'y a eu aucun mouvement, cette nuit. Comme vous le savez, les volets de son appartement ont été explosés, hier soir,  par le RAID afin que l'on puisse y voir et puis tout ça aussi, pour permettre de lancer des projectiles non létaux le maintiennent en éveil, l'empêchent de dormir, le fatiguent et fassent une certaine pression sur lui dans la négociation. C'est assez étrange qu'il n'ait jamais réagi. On a entendu, à un moment, deux coups de feu ; mais on ne sait pas à quoi ça correspond.

Vous n'écartez pas l'hypothèse donc qu'il ne soit plus vivant ?

Toutes les hypothèses sont ouvertes ; mais il faut que nous le sachions.

Claude Guéant, en direct de Toulouse, était l'invité de RTL.
2012 et vous OK

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