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Christine Boutin : "L'élection législative à Rambouillet a été un séisme" (vidéo)

L'ancienne ministre du Logement, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. "L'électorat de droite ne sait plus où il en est" et la Majorité présidentielle doit rapidement redresser la barre si elle ne veut pas être sanctionnée dans les urnes, a déclaré Christine Boutin. "Je pense franchement que c'est un séisme qui s'est passé dans cette élection. Il faut absolument que la majorité présidentielle se redresse", a-t-elle ajouté.

Jean-Michel Aphatie

Ecouter aussi :L'UMP remporte la Législative partielle de Rambouillet avec seulement cinq voix d'avance


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Christine Boutin.

Christine Boutin : Bonjour.

Vous avez été élue ou réélue députée - à six reprises, entre 1986 et 2007 - dans la 10ème circonscription des Yvelines. D'où l'idée que cette circonscription était solidement ancrée à Droite. Et dimanche pourtant, lors du second tour d'une élection législative partielle, votre successeur, qui était aussi votre suppléant, Jean-Frédéric Poisson, a triomphé de la candidate écologiste de seulement cinq voix. Y voyez-vous, Christine Boutin, un avertissement pour le gouvernement ?

Oui, ça c'est certain. Mais je voudrais quand même vous dire que cette circonscription, parce que je l'ai portée pendant vingt-deux ans, on la considérait comme étant à Droite, c'est une circonscription qui est difficile, je n'ai jamais été élue au premier tour. Et je pense que ma spécificité particulière, inclassable avec des convictions sans langue de bois, a permis que je puisse tenir cette circonscription pendant vingt deux ans.

Vous êtes irremplaçable, Christine Boutin !...

Si, si, si, sinon tout le monde est irremplaçable ! La preuve. Mais je vais dire, ce n'est pas une circonscription de Droite, ancrée à Droite. Je l'ai prise à la Gauche et elle est restée Centre, Centre-Droit.

Dimanche, c'est un avertissement pour le gouvernement ?
 
Dimanche, c'est un avertissement. Je pense qu'il y a eu plusieurs facteurs. Facteurs conjoncturels, locaux et nationaux. Sur le plan national, vous savez l'accumulation : taxe-carbone, taxe sur les indemnités des accidents du travail, Clearstream... Alors, Clearstream, je peux vous dire, ça les Français, les gens de Droite...

Ca fait des ravages ?

Ah oui, oui. Ils ne supportent plus et je les comprends du reste parce que c'est insupportable.

Et ils peuvent s'abstenir de voter pour un candidat de la Majorité à cause de Clearstream, d'après vous ?

C'est tout un tas de facteurs, si vous voulez. Actuellement, les électeurs de Droite ne se sont pas déplacés, dimanche, au deuxième tour.

26% de participation.

Oui, ils ne se sont pas déplacés alors qu'il y a eu une mobilisation, effectivement de la Gauche, d'où le succès de madame Poursinoff, on ne peut pas dire le contraire.

Trop de taxes ? Vous parliez d'indemnités journalières, taxe-carbone, forfait hospitalier ?

Oui, et puis des messages... Forfait hospitalier, bien sûr.  Et puis, des signaux, si vous voulez. L'Environnement, l'UMP s'en est emparé et s'en empare bien. Mais enfin, il faut quand même faire attention. Quand vous avez, Jean-Louis Borloo qui claque la bise à Dany son copain, si vous voulez, les électeurs finissent par se dire : ah, il vaut mieux aller plutôt vers le vrai produit que le produit light. Enfin, je veux dire : c'est ça, on va vers les Verts et je pense franchement que c'est un séisme qui s'est passé dans cette élection et qu'il faut absolument que la Majorité présidentielle se redresse.

Jean-Frédéric Poisson a été également sanctionné, on le voit très bien dans la non-participation sur le fait qu'il a voté le dimanche alors qu'il avait été un acteur très actif contre le travail le dimanche.

Oui, à propos du travail le dimanche...

Et ça, c'est très clair, on le voit très fortement. Donc, sur les sujets de société...

Zéro pointé pour la politique gouvernementale, alors. Là, vous êtes en train de remettre en cause tout ce qui fait l'action de ces derniers mois !

Justement, mais on voit bien... Cette élection est arrivée à un moment où effectivement, l'Environnement en ce qui concerne la Majorité présidentielle, si on considère toujours que son électorat est un électorat de Droite et du Centre-Droit, eh bien ne sait plus où il en est.

Le gouvernement trahit son électorat ?

Je ne sais pas. Je ne vous dirais pas ça. Ce qui est certain c'est qu'actuellement, l'électorat de Droite ne s'est plus où il en est.

Vous êtes toujours membre de la Majorité, Christine Boutin ?

Absolument.

Vous appartenez au comité de pilotage de l'UMP, je crois ? 

Enfin, bon ça, voilà ! D'accord. Oui, oui, bien sûr.

Vous ne devez pas vous y sentir très bien, là ces jours-ci ?

De toute façon, vous savez, après la période d'indignation que j'ai fait connaître après mon éviction du gouvernement, je suis passée, maintenant, dans une phase de pacification et dans une phase de liberté.

Là, la pacification, ce matin, si vous voulez, si François Fillon vous écoute, il ne va pas vous trouver très pacifique à son égard ?

Ecoutez, j'ai rien dit sur François Fillon. C'est vous qui en parlez.

Ah, sur la politique du gouvernement.Vous savez, c'est le chef du gouvernement, François Fillon ! Vous savez ça ?

J'ai trente ans de vie politique, j'ai vingt deux ans de vie parlementaire. Quatorze ans de vice-présidente du conseil général. La Formule 1 ? Vous croyez que la Formule 1 dans le département des Yvelines c'est vraiment opportun ? Le Conseil général qui persiste et signe à faire un circuit de Formule 1. C'est catastrophique. J'ai deux ans de ministère. Donc, ce capital politique, Jean-Michel Aphatie, je vais le développer.

Mais vous êtes encore dans la Majorité ?

Je suis associée à la Majorité, je suis fidèle, loyale, mais je dirai...

Et pourtant, vous en contestez tous les projets, là ! Là, ce matin, au micro RTL ...

Mais c'est pas moi, c'est les électeurs...

Oui, mais vous aussi !

Ah écoutez, je constate ! Je constate.

Vous suivez vos électeurs ? Ou vous faites une opinion personnelle sur cette question-là ?

Ecoutez, je n'ai pas la réputation de suivre le vent.

Donc, vous contestez les principaux projets du gouvernement aujourd'hui, Christine Boutin ?

Ecoutez, je dis qu'aujourd'hui la question est véritablement posée d'un certain nombre d'orientations, ça c'est certain.

Et il faut en changer ?

Bien sûr. Il faut se rappeler qu'elle est la base de l'électorat, de notre électorat. Le Front national ne s'est absolument pas reporté, n'a pas bougé non plus. Donc il n'y a pas de réserve de voix, il faut quand même le savoir.

Et à votre avis, il faudrait quoi ? Abandonner les projets : indemnités, la taxation des indemnités journalières, par exemple ?

Naturellement. Ecoutez, ça tombe sous le sens. Pour moi, c'est absolument scandaleux.

Jean-Frédéric Poisson qui est votre suppléant maintenant, il est député...

Qui était un excellent... Qui sera un excellent député.

Il ne va pas voter ça, alors ?

Je ne sais pas ce qu'il va faire. Il est libre.

Si c'est logique !

Il fera ce qu'il veut. Il est député, il a été élu.

Ah, il fera ce qu'il veut ! C'est trop facile, çà...

Moi je n'ai pas de pouvoir sur lui directement. Je pense que ce qu'il a vécu là, va le faire réfléchir un petit peu sur un certain nombre de choses.

On lui posera la question

Oui, bien sûr.

Vous avez eu l'occasion d'en parler avec Nicolas Sarkozy ?

Non, je n'ai pas eu Nicolas Sarkozy.

Et François Fillon ?

Ah François ! Je n'ai toujours pas son téléphone ! Alors, bon !

Ah, vous n'avez pas son téléphone !

Il n'a toujours pas téléphoné, non !

Bon, bon. Certains vont dire que : les propos que vous tenez ce matin parce que vous êtes toujours un peu amère d'avoir été "jetée" du gouvernement pour reprendre le mot que vous avez employé à l'époque ?

... Même "vidée" si vous voulez, dans des conditions inhumaines ! Dans des conditions inhumaines. Et si au sommet de l'Etat, on traite les gens de cette façon (je ne parle pas de moi) mais je parle de mes collaborateurs, si on traite les gens de cette façon-là, comment voulez-vous que dans les entreprises ça ne redescende pas ! Comment voulez-vous comme vous voyez ce qui se passe à France Télécom, par exemple, avec cette vague de suicides, eh bien là aussi, il y a une question fondamentale qui est de savoir quelle est la place de l'homme ? Et c'est la raison pour laquelle je vais lancer une fondation qui va rassembler des hommes de Droite, de Gauche, qui croient en Dieu, qui n'y croient pas, mais qui ont tous cette volonté et cette sincérité de mettre l'homme au cœur de toutes les décisions.

Comment avez-vous réagi Christine Boutin, en entendant la semaine dernière, le Président de la République qualifier de "coupables" les prévenus de l'affaire Clearstream ?

Ecoutez, je vous ai dit : Clearstream, ça a été clair.

Mais quand le Président dit "coupables", comment vous avez réagi ?

Je pense que c'est un lapsus qui est fort dommageable. Fort dommageable parce que la présomption d'innocence est quelque chose d'important.  C'est fondamental et je pense que c'est ce qu'a voulu dire le Président de la République. Je pense que n'importe quel citoyen dirait...

Il a voulu dire, quoi ? La présomption d'innocence ?

Oui.

Ah bon  !

Mais il s'est trompé.

Ah oui, pour le moins !

Même les journalistes, parfois vous faites cette erreur...

Ah, mais les journalistes font beaucoup d'erreurs !

Mais pour vous c'est moins grave que quand c'est le Président de la République.

Ah, nous sommes bien d'accord.

Ah oui, ça, nous sommes bien d'accord : c'est moins grave.

Une pétition circule pour s'opposer à l'extradition de Roman Polanski. Vous pourriez la signer, Christine Boutin ?

Ecoutez, c'est une affaire compliquée. J'ai bien entendu ce qu'a dit Alain Duhamel, tout à l'heure. Je constate... Les Etats-Unis et la Suisse sont des pays démocratiques. Je suis un peu sur la position de Luc Besson. Moi je pense que le viol d'un enfant de 13 ans mérite d'être sanctionné.

Luc Besson qui s'exprimait sur RTL, hier soir. Christine Boutin, qui est membre de la Majorité - il faut le souligner - parce que ça s'entend pas du premier coup ! Et c'était ce matin sur RTL. Bonne journée.

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L'ancienne ministre du Logement, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. "L'électorat de droite ne sait plus où il en est" et la Majorité présidentielle doit rapidement redresser la barre si elle ne veut pas être sanctionnée dans les urnes, a déclaré Christine Boutin. "Je pense franchement que c'est un séisme qui s'est passé dans cette élection. Il faut absolument que la majorité présidentielle se redresse", a-t-elle ajouté.
https://www.rtl.fr/actu/christine-boutin-l-election-legislative-a-rambouillet-a-ete-un-seisme-video-5928661701
2009-09-29 08:05:00