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Christian Estrosi : "Mediapart est un site d'opinions, pas un site d'investigation !"

Le ministre de l'Industrie répondait aux questions de Vincent Parizot vendredi matin. Revenant sur l'affaire Bettencourt-Woerth, Christian Estrosi s'en est violemment pris au site Mediapart et à son fondateur Edwy Plenel. "Le 17 juin 2003 exactement, monsieur Jean-Paul Besset, sous les ordres de monsieur Edwy Plenel qui était son directeur au 'Monde', faisait une tribune disant nous avons des éléments matériels (contre Dominique Baudis). Monsieur Plenel a dû s'en excuser quelques jours plus tard", a-t-il accusé. "On est exactement dans le même type de manipulation aujourd'hui et ce sont les mêmes que l'on retrouve en train d'essayer de monter ces mêmes manipulations", a-t-il ajouté.

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Vincent Parizot : Bonjour, Christian Estrosi.

Christian Estrosi : Bonjour.

Vous êtes aussi un proche de Nicolas Sarkozy. C'est important de le préciser ce matin, d'autant que l'on sait donc depuis hier que l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt a nuancé, devant les enquêteurs, les propos que lui avait attribués le site Internet Mediapart, affirmant notamment ne jamais avoir dit que des enveloppes avaient été remises directement à Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous êtes soulagé ?

De toute évidence, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Nous avons connu pendant dix jours un tombereau de calomnies, de haines, d'attaques inacceptables de la part d'un média sur le net, de Mediapart pour ne pas le citer, relayé par un certain nombre de personnalités du Parti socialiste. Et tout d'un coup, la vérité tombe. Il n'y avait pas la moindre preuve. Et pourtant, pendant dix jours, on s'est acharné. Et hier la vérité tombe.

De quoi s'agit-il, en réalité ? Il s'agit tout simplement d'un média dont l'objectif avoué - et après tout pourquoi pas ! -, avait décidé de combattre, voire d'abattre le Président de la République ; et tout d'un coup, ce média lui-même avoue : "Nous n'avions pas de preuves !" C'est monsieur Fabrice Lhomme, je crois, qui le dit : "Mais comme ça nous paraissait plausible, nous avons continué à persister dans notre voie". Eh bien, nous voyons maintenant que la vérité est rétablie et qu'elle a commencé à se frayer un chemin.

Oui, mais là, on ne parle que d'un tout petit aspect des révélations de cette affaire...

... Ah, ce n'est pas un des moindres aspects s'attaquer à la personnalité du Président de la République. C'est Olivier Duhamel qui a rappelé les différents épisodes de la vie publique où on s'en est pris à lui. C'en est un de plus...

... Alain Duhamel...

Alain Duhamel. C'en est un de plus, en tout cas où il y a eu cette tentative et de la part de quelqu'un qui est un habitué.

Puisque vous faites référence à Alain Duhamel, il disait aussi qu'Eric Woerth ne pourra pas rester Trésorier de l'UMP, ne pourra pas rester ministre du Travail et porter la réforme des retraites parce que si le Président effectivement, aujourd'hui, ne semble plus directement mis en cause par l'ex-trésorière de Liliane Bettencourt, lui - Eric Woerth - l'est toujours.
 
Eric Woerth est un homme d'une totale intégrité et après que l'on s'en soit pris à la personne du Président de la république, que ce matin tout le monde commence à dire : ah bien oui, d'ailleurs, j'attends un certain nombre d'excuses. Je voudrais qu'un certain nombre de vos confrères qui ont relayé ces propos aujourd'hui, disent : c'est vrai, on s'est trompé ! Nous avons repris les propos d'un site qui est un site d'opinions. Il faut le dire. Vous êtes allé sur Médiapart comme moi ?

Oui, bien sûr, régulièrement.

Et vous voyez bien que c'est un site d'opinions.

Un témoignage est un témoignage...

Ca n'est pas un site d'investigations. Je suis désolé, je veux le dire. Ca n'est pas un site d'investigations. Je veux qu'on fasse la différence entre un site qui développe des fantasmes, des mensonges, de la romance, à côté d'un grand média qui mène de l'investigation, qui mène des enquêtes, qui étaie ses preuves, qui les apporte. Aujourd'hui, la réalité c'est que lorsqu'on regarde la UNE de ce média, on ne voit que des attaques contre la Majorité. Quand même, c'est drôle. Hier, il y a une députée socialiste dans les Bouches-du-Rhône qui a été mise en examen pour complicité d'escroquerie, pour complicité de détournement de fonds destinés aux quartiers pauvres de Marseille...

Ca a été dit tout à l'heure sur RTL.

Et pourquoi ce site ne le reprend ce matin ?! On voit bien que les choses sont parfaitement...

On n'est pas là pour le procès d'un site Internet. On est là pour essayer d'y voir un peu plus clair et aussi de ce climat...

Pour en revenir à Eric Woerth, il tiendra et il tiendra tout simplement parce qu'il est intègre et que chacun doit attendre sereinement avec le sang-froid nécessaire, le terme d'une inspection, une justice qui est saisie ; enfin, c'est à la Justice de dire les choses. C'est à la police qui mène les enquêtes de dire les choses. Ce n'est pas àMonsieur Plénell qui est juge ou qui est policier et qui doit s'ériger en juge ou en policier à la place de ceux qui doivent le dire dans une république et dans une démocratie.

Est-ce que c'est la Justice qui va dire la vérité dans l'affaire Woerth-Bettencourt avec le rôle précisément d'Eric Woerth dans le dossier fiscal de madame Bettencourt, est-ce que c'est la Justice ou est-ce que c'est l'Inspection Générale des Finances, l'IGF, avec son rapport qui est maintenant attendu lundi, rapport dont certains déjà doutent de l'impartialité puisque, vous le savez bien, il est réalisé par des fonctionnaires qui sont notamment des inspecteurs des finances qui sont directement liés à François Baroin ?

Absolument pas, ils ne sont pas liés. Ils sont indépendants ; et je ne peux pas accepter que des fonctionnaires qui serviraient autant un gouvernement de Gauche que de Droite...

... Alors, qui dépendent directement de François Baroin.

Il ne dépend pas de François Baroin. François Baroin est seulement là pour participer à l'action politique du gouvernement, pour donner les grandes orientations des grandes politiques publiques, concentrées d'ailleurs aujourd'hui - et ça serait bien qu'on reparle un peu dans notre pays de l'action politique et des réformes sur les économies que nous avons à faire pour rétablir l'équilibre des comptes publics.

Et puis, à côté de ça, il y a une administration qui est indépendante ; et croyez-moi si à un seul moment, un ministre s'amusait à peser sur le cours des choses, sur son administration, ça se saurait immédiatement. Ce serait dénoncé. Qui croyez-vous de quelque membre du gouvernement qu'il s'agisse ? Et j'en sais quelque chose en tant que ministre de l'industrie qui s'amuserait à cela, ne prendrait pas le risque de voir sa carrière politique ruinée. Monsieur Baroin ne s'y risquera pas d'abord parce que lui-même est un homme d'une rectitude la plus absolue, de même qu'Eric Woerth ne s'est jamais amusé à ce petit jeu.

Alors, on peut remettre en cause une inspection, des inspecteurs. Vous savez ce qu'ils pensent, s'ils sont proches de tel ou tel courant de pensée, l'Administration par essence est indépendante. Et puis, à côté de ça, il y a la Justice. Je suis désolé mais le seul fait que l'ex-comptable se soit retrouvé auditionnée avec monsieur Maistre, hier, ça démontre bien qu'il y a une enquête judiciaire qui est en cours et qui dira aussi la vérité en son temps : Inspection et Justice.

Il y aura d'ailleurs peut-être une autre enquête ? Une autre enquête...

Mais moi je voudrais revenir à ce qui décribilise ; mais il faut le dire. Monsieur Plénel quand même et toute son équipe qui est autour de lui...
   
Avant-hier, vous avez dit en parlant de ce site Internet - Médiapart - que vous n'aviez d'ailleurs pas cité. "Ca me rappelle une certaine presse des années 30". Qu'est-ce que vous avez voulu dire exactement ?

Mais moi je pense aux affaires Clemenceau, je pense aux affaires Salangro, je pense à tant d'autres affaires qui ont sali gratuitement et qui ont été utilisées à des périodes régulières de notre Histoire pour abîmer notre démocratie. Et nous sommes exactement dans ce même modèle.

Vous savez, tout le monde a dans sa mémoire collective cette douloureuse affaire de mon ami Dominique Baudis. C'était le 17 juin 2003 exactement que monsieur Jean-Paul Besset sous les ordres de monsieur Edwy Plenel qui était son directeur au "Monde", faisait une tribune, en disant : "Nous avons des éléments matériels ; des services d'investigation sont rentrés dans la maison de Noë à Toulouse pour découvrir que c'était un lieu sado-masochiste avec des traces de sang, avec des anneaux". Monsieur Plénel a dû s'en excuser quelques jours plus tard, un certain nombre de vos confrères se sont rendus sur place et ont vu qu'il n'en était rien.

On est exactement dans le même type de manipulation aujourd'hui ; et ce sont les mêmes que l'on retrouve aujourd'hui en train de monter ces mêmes manipulations et d'essayer de troubler l'opinion publique. Eh bien, nous ne céderons pas parce que lorsque nous voyons qu'il y a une stratégie qui est mise en place avec certains membres du Parti Socialiste, monsieur Hamon lui-même proche de madame Aubry qui disait : c'est une stratégie, nous voulons rendre monsieur Woerth illégitime pour conduire la réforme des retraites.

Mais il y a aussi une stratégie pour la contre-attaque visiblement, la contre-attaque qui est menée depuis hier, d'ailleurs assez violente, on l'entend dans vos propos. Je lisais, ce matin, que vous étiez avec d'autres ministres, notamment d'ailleurs avec Eric Woerth dans le bureau de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée pour organiser cette riposte d'ailleurs que vous menez ce matin sur RTL.

... On n'a rien réorganisé.

Qu'est-ce que vous vous êtes dit, hier ?

La première des choses, c'est qu'aujourd'hui nous voulons gouverner, nous voulons tenir nos réformes. Nous avons à passer la réforme des retraites au conseil des ministres du 13 juillet, engager le débat parlementaire à la rentrée du 7 septembre, rétablir les comptes publics. Moi-même, hier, je présentais l'observatoire du "made in France" pour l'industrie française qui a pris dix points de croissance et de commandes industrielles au premier semestre.

Et c'est vrai qu'on parle peu de politique, que de climat. Elle est très pesante.

On voit bien que la démarche aujourd'hui, et c'est normal que des membres du gouvernement se réunissent à l'Elysée pour voir comment on poursuit l'action gouvernementale pendant qu'on veut nous empêcher de la conduire et donc qu'il ne s'agissait que de cela en réalité. Je viens dire la vérité, rien que la vérité, ce matin sur le seul fait qu'il y ait eu des journalistes qui pourtant sont des journalistes de qualité qui n'ont pas su faire la différence entre le fantasme et la véritable investigation.

C'était votre procès, celui que vous avez mené, en tout cas, aujourd'hui contre ce site Internet. Merci d'être venu sur RTL. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie.

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2010-07-09 10:16:00