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Christian Estrosi : "Bien sûr qu'il y a un problème d'insécurité en France" (vidéo)

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Il est le rapporteur de la proposition de loi contre les violences commises en bandes.

Jean-Michel Aphatie

Bonjour Christian Estrosi
Bonjour Jean Michel  Aphatie

Avez-vous un commentaire sur les excuses de Ségolène Royal que vient d'évoquer Alain Duhamel ?

Sur le fond, elle s'excuse d'un commentaire que le Président n'a pas tenu. Bon, on peut toujours entendre des voix ! Mais faire des communiqués officiels, c'est un peu plus compliqué. Et puis quant à écrire une lettre au nom de la France, franchement quand on sait que Mme Royal a perdu les élections de Premier Secrétaire du Parti Socialiste, et se prend pour le Président de la république, quelle légitimité a-t-elle ! C'est une vraie question de fond démocratique. Allez, un peu de bonne humeur ; on attendra le jour où elle va monter en haut des Pyramides et où elle nous dira : D'ici, 40 siècles vous contemplent !

D'autres l'ont dit avant elle.

Le Président de la République sera demain à Nice, la ville dont vous êtes le maire, Christian Estrosi. La sécurité sera au centre de ses déplacements présidentiels. Y a-t-il un problème avec l'insécurité en France, aujourd'hui, Christian Estrosi ?

Mais bien sûr qu'il y a un problème d'insécurité en France et dans toutes les grandes démocraties et dans tous les grands pays de l'Union Européenne, si ce n'est qu'avant 2002, sous les Socialistes et M. Jospin qui avait reconnu avoir été très naïf sur la question, l'insécurité était montée de 17%. Depuis, elle a baissé de près de 10%. Les taux d'élucidation sont montés de 35% mais l'insécurité est un sujet en mouvance permanente. La délinquance elle-même s'adapte aux nouvelles législations ; et il nous faut systématiquement évoluer. C'est comme si vous me disiez en matière sociale, on n'évolue jamais, il faut rester figer à ce qui s'est fait il y a 30 ans. En matière de sécurité, c'est pareil.

Vous savez combien de lois le Parlement a votées sur la sécurité depuis 2002 ?
Oui, nous avons voté 6 ou 7 lois.

17.

17, bon ...

17. Extension de la comparution immédiate, sanction contre les regroupements dans les immeubles, allongement de la garde à vue pour les 16-18 ans, loi sur la récidive, renforcement du pouvoir des maires ... 17 lois !
J'ai été présent sur tous ces textes ...

Et il faut en voter encore ?
Et il faut en voter. Il faudra encore en voter parce que vous savez, le XXIème siècle avec l'arrivée des nouvelles technologies, avec Internet, avec la vidéo protection, avec tout ce qui fait que la délinquance s'adapte en permanence aux nouvelles législations. Vous savez, les délinquants dans les cités, ils lisent eux aussi le code pénal et le code de procédure pénale ...

C'est pas vrai ! Ah, vous croyez !
Quand on a mis en place ...

Vous croyez que le Code de procédure pénale est un best-seller dans les cités ?
Les premiers qui ont été sanctionnés par les peines-plancher, c'était au mois de septembre 2007, et qui d'un coup s'en sont pris pour un ou deux ans ferme alors que depuis 22 interpellations, ils s'en sortaient avec une stricte impunité ; d'un coup se sont demandé ce qui avait changé dans notre code pénal. Et ils s'adaptent parfaitement à tout cela. Voilà pourquoi il faut faire évoluer nos législations.

Le Parlement a-t-il évalué ces 17 lois sur la sécurité votée depuis 2002, Christian Estrosi ?
Non seulement, elles sont évaluées, non seulement elles portent des résultats dans un certain nombre de domaines. Puis, il y a un phénomène qui ne cesse de croître parce que c'est tellement facile en bandes toujours de veiller à ce qu'on ne soit pas identifié au milieu de la bande comme étant celui qui a commis l'acte, voilà pourquoi dans ce phénomène qui ne cesse d'évoluer parce que la délinquance s'est adaptée aussi à ce mode de procédure pour porter atteinte à l'intégrité physique des personnes et aux biens, il nous faut aujourd'hui légiférer pour neutraliser les près de 200 bandes qui sont identifiées par le ministère de l'Intérieur.

Et c'est vous qui êtes chargé d'écrire cette loi sur les bandes qui sera donc une proposition de loi présentée en juin, nous dit-on, au Parlement. C'est ça, Christian Estrosi ?
A la fois, le groupe UMP  m'a demandé de rédiger avec un certain nombre de députés UMP une proposition de loi et la commission des lois m'a désigné comme rapporteur. Avant le 8 mai, ce texte sera déposé sur le bureau de l'Assemblée Nationale.


Marine Le Pen déclarait ceci, vendredi : je pense qu'il y a un lien entre les hommes d'immigration massive et les hommes où l'insécurité est la plus forte. Marine Le Pen a-t-elle raison ou tort, Christian Estrosi ?
Marine Le Pen a tort, c'est bien pour cela que nous avons à veiller à ce que nous soyons dans un pays d'équité et de justice. A partir du moment où comme le veut le Président de la république, nous allons veiller et nous veillons depuis plus d'un an déjà à ce que tout le monde soit sur un pied d'égalité au départ de la vie avec les mêmes chances en matière d'éducation avec des écoles de la 2ème chance, avec une politique de la ville, comme l'a conduit Fadela Amara, tout doucement nous veillerons à ce que chacun puisse considérer quelque soit sa condition sociale, son origine culturelle ou sa confession qu'il est un Français issu de la République de la même manière que les autres. Ca, c'est la prévention. Ca, c'est la citoyenneté. Et d'un autre côté, il faut juguler des phénomènes de bandes.

Il n'y a pas de lien entre immigration et insécurité, pour vous, Christian Estrosi ?
Je m'y refuse.

On parle de vous, Christian Estrosi, pour occuper le Secrétariat d'Etat aux relations avec le Parlement. L'actuel titulaire, Roger Karoutchi étant un peu affaibli par l'épisode de la loi rejetée, il y a quelques jours. Alors, qu'est-ce que vous en dites, Christian Estrosi ? Vous vous préparer à rentrer au gouvernement ?
Mais Monsieur Aphatie, vous n'êtes pas lassé de poser toujours les mêmes questions aux mêmes personnes ...

Ah non, sinon je ferais un autre métier ! Je ferais un autre métier sinon !
... aux mêmes personnes que vous recevez qui vous répondent toujours la même chose, de toute façon. Vous savez très bien que je ne répondrai pas à cette question. J'admire votre constance. Peut-être qu'un jour ça marchera !

Savez vous qui donne votre nom à la Presse ? Est-ce que vous cherchez à savoir QUI a donné votre nom pour dire : tiens, Christian Estrosi pourrait rentrer au gouvernement !
Mais ça n'est pas venu jusqu'à moi et je ne suis pas prétendant. Je ne suis pas candidat. Ca fait tout simplement 25 ans que je suis Nicolas Sarkozy parce que je suis convaincu que c'est le meilleur moyen de servir la France et en même temps, je ne suis candidat à rien. Mais je vais vous dire  : je n'ai pas d'état d'âme, je n'ai que des états de Service.

Mais si jamais on vous le demandait, si jamais le Président vous demandait cette mission, vous l'accepterez ?
Vous savez, le gouvernement ce n'est pas un vaste supermarché où chacun veut prendre son produit avec le produit en promo ou les têtes de gondole ; et je dis cela avec beaucoup de respect et d'estime pour ceux qui se battent tous les jours avec beaucoup de courage et de détermination et auxquels on a prêté des ambitions, quelquefois peut-être injustes.

Le 10 mars 2008, il y a un peu plus d'un an, entre les deux tours des élections municipales, vous étiez vous-même candidat à Nice, Christian Estrosi, vous avez déclaré ceci : Je veux aujourd'hui annoncer solennellement que Nice sera demain ma seule priorité. Dans cet esprit, je quitterais dès mon élection mes fonctions ministérielles (vous étiez Secrétaire d'Etat à l'Outre Mer) pour me consacrer uniquement et totalement à la gestion de notre ville. Donc, si vous effectuiez un retour au gouvernement, vous abandonneriez la ville de Nice, Christian Estrosi ?
Monsieur Aphatie, j'admire d'ailleurs tous les jours le parcours qui est le vôtre ...

Vous admirez beaucoup de choses !
... Lorsque je vous vois le matin à RTL, le soir sur Canal et je me dis que quand on est capable de faire deux choses à la fois ...

On parle du suffrage universel, Christian Estrosi.
... c'est que quelque part on est assez ...

Oui, on parle de suffrage universel et celui-ci ne m'a ...
On ne parle pas des activités des journalistes !

Et celui-ci ne m'a jamais fait défaut. Voyez-vous, je resterai le dernier ministre de la République à avoir quitté ses fonctions volontairement et être retourné devant le suffrage universel, deux mois après mon élection municipale, pour être élu député.Si vous revenez au gouvernement, vous quitterez la mairie de Nice ou vous ferez les deux ?
Mais je n'ai pas répondu à votre question selon laquelle je serai candidat ou pas à retourner au gouvernement. Donc, ne mélangeons pas les choses. La seule chose que je sais c'est que pour être efficace pour son pays et pour sa ville, il faut être présent à la fois dans sa ville et à Paris ; et lorsque l'on n'est pas présent à la fois sur son territoire et lorsque l'on  n'est pas à la fois présent au plan national, on n'est pas capable de pouvoir identifier les vrais problèmes de société auxquels il faut répondre.

Christian Estrosi qui était à Paris ce matin -qui était même l'invité d'RTL-. Voilà, bonne journée.

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