2 min de lecture Commémoration

Centenaire 14-18 : un 11-Novembre pour "rendre un hommage mérité à nos ancêtres", dit un historien

INVITÉ RTL - Jean-Noël Jeanneney, historien, explique l'utilité des cérémonies de commémoration, en ce lundi 11 novembre.

Des croquis de la Grande Guerre, dessinés par le prêtre Jean-Marie Conseil, engagé en 14-18.
Des croquis de la Grande Guerre, dessinés par le prêtre Jean-Marie Conseil, engagé en 14-18. Crédit : Fred Tanneau - AFP
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La France commence à se souvenir de la Grande Guerre. En ce lundi 11 novembre, François Hollande lance les premiers grands rendez-vous des cérémonies destinées à commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale de 14-18.

Une commémoration riche de sens

100 ans après, une telle commémoration est toujours utile, juge Jean-Noël Jeanneney, invité de RTL. Elle a deux usages, selon le spécialiste. La première est "rendre un hommage mérité à nos ancêtres" : "C'est une fidélité indispensable envers ceux qui ont donné leur vie."

La seconde est "réfléchir à ce qu'il en reste aujourd'hui et ce qui peut éventuellement être utile pour empêcher de sinistres répétitions et servir d'autres finalités". Et l'historien de citer, en guise d'exemple, la construction européenne ou la relation entre l'armée et la Nation. "Beau programme pour une commémoration", lance-t-il.

Les valeurs de la commémoration

Avec ces cérémonies, ce sont d'abord "les valeurs de la République et de la démocratie", mais aussi du patriotisme, qui sont mises en avant. Patriotisme, "le mot n'est pas désuet, à condition de le purger de toutes les tentations affreuses du nationalisme", ajoute-t-il.

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Jean-Noël Jeanneney ne considère pas pour autant qu'il existe un "devoir de mémoire", plutôt un "devoir de connaissance de l'histoire". "Elle permet de classer, de hiérarchiser, chose indispensable en notre époque", où nous sommes tous bombardés d'informations, explique-t-il.

Les soldats, des paysans et des agriculteurs

Et l'historien de rappeler l'état d'esprit des combattants de 14-18. "Ils ne sont pas partis la fleur au fusil", précise-t-il. "Ils sont allés avec résolution avec le sentiment qu'il s’agit d'une guerre défensive et que le territoire était occupé."

Nombre des soldats étaient agriculteurs ou paysans, raconte Jean-Noël Jeanneney. "Ils avaient le sentiment qu'on venait envahir leurs champs et qu'il fallait défendre leur foyer", explique-t-il. Beaucoup pensaient "rentrer pour Noël", la guerre dura finalement quatre longues années.

Les fusillés pour l'exemple

Reste la douloureuse question des fusillés pour l'exemple, ces hommes, tués parce qu'ils avaient refusé d'aller au front lors du conflit. "La majorité des Français pense qu'ils ont été des victimes de la guerre", estime Jean-Noël Jeanneney.

S'il ne faut pas les exclure du souvenir, l’historien rappelle qu'ils n'étaient "que quelques centaines". Les commémorations ne doivent donc pas les oublier, mais pas se concentrer sur eux, juge-t-il. "L'essentiel de l'effort a finalement été chez ceux qui ont tenu."

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Jean-Noël Jeanneney : "Ces commémorations de la Grande Guerre ne doivent pas se concentrer sur les fusillés" Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date :
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