1 min de lecture Cécile Duflot

Cécile Duflot prône la dépénalisation du cannabis, levée de boucliers

La ministre du Logement, Cécile Duflot, s'est déclarée favorable à la dépénalisation du cannabis mardi alors que le premier tour des élections législatives se tient le 10 juin. La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a dû faire face à de nombreuses déclarations allant à l'encontre de sa proposition, à gauche comme à droite.

Cécile Duflot, ministre du Logement, sort de l'Elysée le 23 mai 2012
Cécile Duflot, ministre du Logement, sort de l'Elysée le 23 mai 2012 Crédit : AFP/Archives, Fred Dufour
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La rédaction numérique de RTL
et Marie-Bénédicte Allaire

Duflot "parlait en tant que secrétaire nationale d'EELV"

La ministre écologiste Cécile Duflot a rappelé la "position" de son parti depuis "très longtemps", à savoir la dépénalisation de cette drogue douce, plus consommée en France que dans la plupart des autres pays européens.

L'objectif de la dépénalisation serait "double", selon la candidate EELV aux législatives à Paris: "faire baisser le trafic" tout en ayant une "politique de santé publique".

"Il faut considérer que le cannabis, c'est comme l'alcool et le tabac, même régime: une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes"', a résumé Mme Duflot, qui "sait que ce n'est pas la position du gouvernement".

Daniel Cohn-Bendit a pris mercredi sa défense, estimant "normal" qu'une ministre "donne son opinion tout en disant que ce n'est pas la position du gouvernement".

Claude Bartolone, député et président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis, y voit lui une "erreur de jeunesse gouvernementale".

Détachement au sein du gouvernement

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a pris ses distances mardi avec sa ministre. "Le gouvernement n'a rien dit sur ce sujet", a lâché le chef du gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est lui aussi un opposant résolu à toute forme de légalisation ou dépénalisation, "au nom même des valeurs de gauche".

En juin 2011, le nouvel homme fort de la place Beauvau avait ainsi critiqué la proposition d'un groupe de travail socialiste présidé par Daniel Vaillant, préconisant la "légalisation contrôlée du cannabis" et la mise en place d'une véritable "filière nationale". 

François Rebsamen estime que ce n'est pas le moment

Le sénateur-maire PS de Dijon, qui avait proposé que la consommation de cannabis ne soit passible que d'une contravention en avril dernier, et plus considérée comme un délit, aimerait qu'un débat soit organisé sur le sujet.

"La vérité c'est qu'il y a de plus en plus de jeunes qui consomment de la drogue", a-t-il lancé. Une affirmation mise en lumière par une récente étude européenne à ce sujet. Les ados français arrivaient premiers en ce qui concerne le cannabis.

"Dans ce pays, on préfère faire semblant, on se voile les yeux et aujourd'hui des jeunes qui fument du cannabis dans la rue sont fichés au fichier des empreintes génétiques comme des grands bandits alors qu'en réalité, c'est de soins thérapeutiques et de prévention qu'on a besoin", a-t-il argumenté.

Il maintient sa proposition d'une contravention: "il y a 150.000 procédures lancées chaque année. Ca aboutit à une trentaine de milliers de condamnations et 120.000 n'ont rien. Donc on peut dans ce pays, en faisant semblant d'être répressif, avoir 120.000 fumeurs qui ne sont condamnés à rien".

L'UMP condamne

Sans attendre la mise au point du chef du gouvernement, l'UMP a trouvé l'occasion d'attaquer la gauche à l'aube d'élections législatives qui s'annoncent difficiles pour la majorité sortante.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a jugé "irresponsable" que Mme Duflot, ait pu rouvrir le débat sans être "vraiment démentie" par le gouvernement.

Le député UMP et spécialiste de la sécurité Eric Ciotti a dénoncé "le double langage" de la gauche. "Aujourd'hui, l'angélisme qui explique que le cannabis est une substance sympathique qui ne comporte aucun danger est de retour au gouvernement", a mis en garde le député des Alpes-Maritimes.

L'ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, s'est dite "profondément choquée" par les "déclarations irresponsables" de la ministre du Logement, Cécile Duflot, soutenant la dépénalisation du cannabis.

"Une ministre de la République n'a pas à faire l'apologie d'une drogue. Le cannabis n'est pas un produit anodin. Les enjeux de santé et de sécurité liés à sa consommation et à son trafic sont trop graves", a déclaré le maire UMP du VIIe arrondissement de Paris dans un communiqué.

Débat sur la dépénalisation du cannabis

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