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Caricatures de Mahomet : les manifestations ont fait "pschitt"

Beaucoup de bruit pour rien, ou presque. Il y avait finalement plus de policiers que de manifestants samedi dans les rues de Paris et en province, alors que les autorités craignaient des rassemblements suite à la publication de caricatures de Mahomet. Le gouvernement avait prévenu : aucune manifestation n'était autorisée. Dissuasion, ou tout simplement essoufflement ? La journée a en tout cas été très calme, malgré quelques brèves interpellations.

Beaucoup de policiers, très peu de manifestants

A Paris, 50 personnes "qui ne respectaient pas les interdictions"ont été interpellées et rapidement relâchées après vérification de leur identité, a précisé la préfecture de police.

A Lille, une tentative de rassemblement a rapidement avorté lorsqu'une vingtaine de personnes a voulu dénoncer à la fois des "provocations à l'égard de l'islam" et l'interdiction de manifester. Un homme, qui semblait donner des ordres aux manifestantes, a été emmené au poste pour vérification d'identité et quatre femmes ont été verbalisées pour le port du niqab.

A Marseille, une soixantaine de CRS, appuyés par un hélicoptère de la gendarmerie, étaient mobilisés, comme une trentaine de journalistes... pour un seul manifestant.

Manuel Valls : "Une interdiction totalement justifiée"

Dans la capitale, les forces de l'ordre, réparties sur plusieurs zones jugées à risque, ont dissuadé toute velléité de manifestation illégale, alors que deux demandes de rassemblement, au Trocadéro et devant la Grande Mosquée, avaient été refusées par la préfecture de police.

Des appels à manifester avaient pourtant été relayés, malgré ces interdictions, sur les réseaux sociaux et par SMS.

L'interdiction de manifester "était totalement justifiée pour des raisons d'ordre public", a estimé le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, dans un entretien au JDD.
  
"Qui peut tolérer des manifestations où l'on prône la haine avec des slogans racistes et antisémites, avec des individus dangereux et des femmes totalement voilées?", s'est-il interrogé, tout en saluant "la sagesse et la maturité (...) de nos concitoyens de confession musulmane et des représentants du culte musulman qui ont appelé au calme".

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'était lui aussi félicité dans la journée de la "maturité" dont a fait preuve la communauté musulmane en ne répondant pas aux "provocations".

Le dispositif policier était aussi massif aux abords de l'ambassade américaine, tandis que deux stations de métro ont été fermées "pour raisons de sécurité".

Prison ferme pour un manifestant devant l'ambassade américaine


C'est devant cette ambassade que s'était déroulée samedi 15 septembre une manifestation spontanée contre le film islamophobe, qui avait donné lieu à 150 interpellations. Un cheminot de 24 ans a été condamné samedi à trois mois de prison ferme pour sa participation à ce rassemblement et pour port d'arme.

Par ailleurs, dans la matinée, un homme d'une quarantaine d'années a été arrêté à La Rochelle pour avoir appelé à décapiter le directeur de Charlie Hebdo après la publication de caricatures de Mahomet. Ce suspect, placé en garde à vue, aurait écrit sur un site jihadiste: "Qui m'apporte cette tête, c'est le vase qui déborde", selon une source judiciaire.
  
"Je n'ai pas un sentiment de peur, mais ça ne m'empêche pas d'être prudent", a déclaré Charb, le directeur de l'hebdomadaire. "Les gens qui menacent sont ultra minoritaires et ceux qui passent à l'action sont encore plus minoritaires", a-t-il relativisé.

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