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Cannabis : retour sur un "couac" qui a bien failli coûter sa place à Vincent Peillon

Le gouvernement semble abonné aux "couacs" en matière de communication. Et la sortie du jour sur la dépénalisation du cannabis est signée par un récidiviste, Vincent Peillon. A peine installé au ministère de l'Education nationale en juin dernier, ce dernier avait déjà évoqué une refonte des rythmes scolaires alors que ni Jean-Marc Ayrault ni François Hollande ne s'étaient encore exprimés sur le sujet. De l'aveu même de l'entourage des deux chefs de l'exécutif, il a pris cette fois-ci un énorme risque en sortant de son domaine de compétence, et a bien failli être débarqué manu militari du gouvernement.

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, avait déjà annoncé la création de 10.000 postes, le 18 juin
Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, avait déjà annoncé la création de 10.000 postes, le 18 juin Crédit : AFP
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La rédaction numérique de RTL
et Yaël Goosz

"Ce n'est pas passé loin"

"Un problème de maturité", analysait à la mi-journée le député Jean-Marie Le Guen (PS) sur RTL. "Certains de mes amis ne font pas bien la différence entre le fonctionnement du Parti socialiste et celui de la politique devant la société". Un proche du Premier ministre a expliqué de son côté à RTL que le sort du ministre a bien failli basculer. "Ce n'est pas passé loin".

La sortie du ministre, lundi matin, qui jugeait positive l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabis pour lutter contre les trafics dans les cités, a en effet fait grand bruit. Au point que Vincent Peillon a été recadré très officiellement par le Premier Jean-Marc Ayrault, et a reçu un coup de téléphone de l'Elysée, lui sommant de rentrer dans le rang. Certains de ses collègues, à commencer par celui de l'Intérieur, n'ont pas non plus apprécié sa sortie. "Je n'ai pas envie d'entrer dans un débat qui a déjà été tranché par le président de la République", a en effet déclaré Manuel Valls en marge de la cérémonie du quarantième anniversaire de la création du GIPN, une unité de police d'élite.

Le recadrage de Jean-Marc Ayrault


Réponse de Vincent Peillon au cours de la journée, par l'intermédiaire d'un communiqué expliquant que ses propos constituaient une "réflexion personnelle" qui ne contrevenait pas à sa "solidarité totale et entière" à la position gouvernementale.

Mais le mal était fait, car cet épisode allonge la liste des remarques intempestives et autres positions personnelles, sur le mariage de personnes de même sexe et l'objectif des 3% de déficit par exemple, exprimées par des membres du gouvernement ou des responsables socialistes, obligeant l'exécutif, et particulièrement Jean-Marc Ayrault, à de nombreuses mises au point. D'autant qu'un débat sur la dépénalisation du cannabis avait déjà divisé le gouvernement socialiste début juin, après la position favorable exprimée par la ministre du Logement Cécile Duflot, alors secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Copé appelle à la démission du ministre

Un contexte propice aux critiques les plus acerbes de l'opposition, qui n'a pas manqué de saisir l'occasion au vol. "Une fois de plus la cacophonie gouvernementale est à l’œuvre, dans un secteur où tous les parents d'élèves de France attendent du sérieux, de l'autorité", a réagi dans un communiqué l'ancien Premier ministre, François Fillon
  
"Du jamais vu ! Un ministre de l'Education nationale irresponsable prêche la dépénalisation du cannabis. Quel impact sur l'échec scolaire ? ", s'est interrogée de son côté sur Twitter Valérie Pécresse, ancienne ministre du Budget et soutien de François Fillon dans la course à la tête de l'UMP.
   
Pour le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui avait sommé François Hollande de trancher la question avant la mise au point du Premier ministre, cet épisode pose la question du maintien de Vincent Peillon au gouvernement. "Il y a des sujets sur lesquels ça suffit de faire n'importe quoi", a-t-il déclaré, mettant en avant les "ravages" du cannabis sur la santé, notamment des jeunes.

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