1 min de lecture Gilles Carrez

Bruno Le Roux : "Nous espérons bien sortir le pays de la crise"

VIDEO - Bruno Le Roux, député PS de Seine Saint Denis, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, répondait aux questions de Philippe Corbé lundi matin.

Bruno Le Roux
Bruno Le Roux Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
et Philippe Corbé

Philippe Corbé : Bonjour, Bruno Le Roux.

Bruno Le Roux :
Bonjour, Philippe Corbé.

On en parlait avec Jérôme Chapuis. Pourquoi est-ce que c'est important pour François Hollande de s'afficher, d'afficher une telle proximité avec Jacques Chirac ?

Par respect d'abord, par respect pour celui qui a occupé une fonction et celui qui a, aujourd'hui encore, j'allais dire l'oreille des Français, en tout cas, celui que les Français veulent suivre, celui qui a laissé une trace, celui qui a laissé une marque.

Jacques Chirac n'avait jamais reçu Nicolas Sarkozy à Bitty, chez lui, par exemple.


Ecoutez, la Corrèze peut être le motif à cela. Quand on se retrouve sur un même territoire, et puis quand on a en commun cet amour de la Corrèze, mais en même temps cet amour du peuple, du contact, de la façon dont on... dans les moments difficiles, cela compte. Et chacun a pu montrer que, dans ces moments là, le contact avec le peuple, Jacques Chirac en a souvent fait l'expérience, est bon conseiller quand il y a des difficultés.

Ce qui reste du chiraquisme, c'est aussi une période où le Président décidait peu, était en retrait, avec l'idée que, finalement, on ne pouvait pas vraiment réformer la France, qu'il fallait être extrêmement précautionneux. Est-ce que c'est cette précaution qui ne menace pas aussi peut-être François Hollande ?

Non, je crois qu'il n'y a pas cette précaution aujourd'hui. Il y a, à bras le corps, prise en compte des problèmes que nous connaissons. D'ailleurs, des problèmes qui ont été souvent retardés, qui ont été quelquefois même, le mot a été employé, dissimulés. Et donc, il n'y a pas du tout... François Hollande, c'est Jérôme Chapuis qui le disait tout à l'heure, il n'imite personne. Il a, je crois, en commun avec Jacques Chirac, outre cette terre commune, il y a en commun ce respect des Français, la façon dont il entend être proche d'eux. Et pour le reste, les problèmes de notre pays, François Hollande les prend à bras le corps.

Bruno Le Roux, vous y faisiez allusion : PSA. Vous êtes député de Seine-Saint-Denis, le département où se trouve l'usine d'Aulnay. Le pdg Philippe Varin est convoqué aujourd'hui à Matignon. Thierry Peugeot rencontrera Arnaud Montebourg jeudi. Le gouvernement présente le plan mercredi. Est-ce que vous espérez encore que PSA renonce à la fermeture d'Aulnay, renonce à une partie des suppressions de postes ou est-ce que, finalement, ça va se jouer à la marge sur les aides au reclassement par exemple ?

Je l'espère. J'espère que ce plan...

Vous espérez encore que...


J'espère que ce plan, bien entendu... Moi, j'ai deux impératifs : d'abord la sauvegarde de l'emploi industriel. PSA est une grande entreprise. Les emplois qu'elle va arrêter aujourd'hui pourront lui manquer demain.

Mais la fermeture de l'usine, ce n'est plus négociable.

La fermeture, moi je l'espère toujours.

Toujours ?

J'espère tant qu'il n'y aura pas et tant qu'il n'y a pas eu une discussion qui soit une discussion mobilisante. Tous les soutiens, toutes les aides en essayant de regarder, en essayant de faire des pas. Moi, je suis prêt aujourd'hui à regarder tout ce qui peut être fait par les pouvoirs publics.

Y compris le maintien d'Aulnay ?


Mais c'est important le maintien d'Aulnay. Mais c'est important le maintien d'Aulnay. C'est une usine qui est une usine qui a une histoire dans notre département, qui a une histoire pour le groupe PSA et donc, ma priorité, est la sauvegarde de l'emploi industriel, et ensuite, il doit y avoir des coupes dans ces emplois industriels. La sauvegarde des salariés, la façon dont on prend en compte les difficultés auxquelles ils vont être confrontés. Je crois que c'est cela qui va être au menu de la semaine.

Et puis, on va voir aussi cette semaine si derrière le redressement productif, il n'y a que des mots ou s'il y a une vraie réalité d'une vraie politique.

Ecoutez, d'abord, il y a, en dehors des mots, il y a une volonté et cette volonté, elle a fait cruellement défaut à plusieurs périodes...

Nicolas Sarkozy affichait ce volontarisme et convoquait les patrons aussi à l'Elysée.

Oui, mais écoutez, il ne suffit pas de convoquer. Il faut avoir un Ministre qui soit en charge de ça. Je remarque que les précédents Ministres de l'Industrie ont laissé peu de traces des actions qui ont été les leurs. Et donc là, il y a aujourd'hui un Ministre qui essaye d'abord de faire l'état, et un état qui, en période de crise, est un état qui est dramatique pour un certain nombre de pans de notre industrie, et qui ensuite va chercher à mobiliser les aides. D'abord à avoir la discussion avec les partenaires sociaux sur la façon dont nous pouvons demain mobiliser des textes et, de ce point de vue là, moi je souhaite qu'il puisse y avoir des textes qui arrivent à l'Assemblée Nationale sans qu'on passe trop de temps à discuter dessus. Nous avions déposé une loi au mois de février dernier avec François Hollande, avec Laurent Fabius, avec Arnaud Montebourg sur la reprise des sites industriels. Les groupes qui veulent se séparer d'un site industriel qui, pourtant, est rentable, les obligeant à regarder les propositions de reprise. Je souhaite que ce texte puisse venir le plus vite possible...

Celui-ci ?


Oui celui-ci parce qu'il est un signe fort. Il était un signe fort pendant la campagne électorale...

Enfin, vous saviez que ça ne pouvait pas aller au bout.

... Il doit être un signe...

Sous la précédente législature, vous saviez très bien que c'était un coup d'épée dans l'eau.


Oui, mais en même temps, ça a marqué une volonté pendant la campagne électorale et ça marquait pas simplement une volonté électorale. Nous, nous sommes là pour prendre, je le redis, ces problèmes les uns après les autres et essayer d'y trouver les solutions que nous pouvons apporter.

En 2009, le précédent gouvernement, malgré vos doutes sur leur volontarisme, avait dépensé en tout plus de 7 milliards d'euros pour un plan d'aide à l'automobile. Là, mercredi, on va encore dépenser de l'argent qu'on n'a pas pour inciter les gens à acheter des voitures propres sans aucune garantie sur l'emploi en France puisque ça va aussi favoriser Toyota, Ford et Volkswagen.

Il y a des règles de compétition internationale qui s'appliquent à tout le monde mais il se trouve que nous avons en France, me semble-t-il, un certain nombre d'atouts, un certain nombre d'avantages dans la conception de voitures qui soient des voitures propres, de voitures hybrides, et donc, peut-être, les avantages peuvent être calés qui, là dedans, mettent en avant les spécificités technologiques qui sont celles de nos constructeurs.

Mais ça va défavoriser nos grosses berlines PSA et Renault qu'on a du mal à vendre.


Ecoutez, les grosses berlines, ce n'est pas non plus...

... celles qui rapportent...


... celles qui se vendent le plus aujourd'hui et je crois qu'il faut aller vers de nouvelles filières. En tout cas, là encore, chez Arnaud Montebourg, tout le monde est mobilisé depuis maintenant plusieurs jours pour faire en sorte qu'il y ait un plan où la dépense publique soit une dépense efficace. S'il y a demain de l'argent public, ça ne peut pas être la prime à la casse et ça ne peut pas être des primes ou des dispositifs qui n'ont pas rempli leur devoir d'efficacité.

Bruno Le Roux, le gouvernement veut aussi sauvegarder des emplois dans les télécoms. Le gouvernement veut notamment rapatrier les centres d'appels et donc les hotlines seraient payantes. Ce matin, Luc Chatel, dans Le Parisien, dit que "le gouvernement prend les clients en otages", finalement en jouant les emplois, et donc les opérateurs contre les consommateurs.

Ecoutez, ça c'est un discours qui est le discours de la démission, ce discours là. C'est le discours de ceux qui, parce qu'ils n'ont rien fait, voudraient que le gouvernement ne fasse rien aujourd'hui.

Ils avaient fait une loi qui favorisait les consommateurs.


Ecoutez, le consommateur doit aussi... Il y a un coût, il y a une façon dont on doit payer aujourd'hui des services pour faire en sorte que ceux-ci voient leurs emplois préservés. Et donc, quand on recherche toujours le coût le plus bas et quand on recherche toujours la mise en difficulté la plus forte des salariés, à ce moment là, on fait ailleurs que dans notre pays.

Donc, ça c'est une mauvaise nouvelle pour les consommateurs qui nous écoutent. C'est aussi finalement la même question qui se pose sur l'automobile. Apprêtez-vous à payer plus cher votre voiture et vos factures téléphoniques pour préserver l'emploi.

Non, je crois que ce n'est pas payer plus cher, c'est payer un prix qui permette en même temps d'être le juste prix et qui permette de maintenir nos activités, et des activités ici. Et d'ailleurs, ce n'est pas simplement maintenir. Le gouvernement a une volonté de relocalisation d'activités dans notre pays et donc, de ce point de vue là, c'est tout le contraire de la démission. Vous savez, plus d'emplois c'est plus de richesses. Et donc, dans notre pays, quand on regardera globalement l'activité qu'aura pu générer cette volonté aujourd'hui, qui est celle du Président de la République et du gouvernement, je crois que nous nous en porterons mieux et nous romprons avec le discours de démission qui a été bien trop souvent tenu.

Bruno Le Roux, en un mot, vous êtes un proche de François Hollande. Ca l'inquiète la baisse dans les sondages : moins 3 points hier dans l'Ifop ?

Ecoutez, il a un niveau dont se satisferaient beaucoup de Présidents...

56%, mais bon, la tendance n'est pas très bonne.


... de la République. Nous sommes dans une période de crise. Les Français attendent aujourd'hui des actes. Ces actes sont mis en oeuvre les uns après les autres par le Président de la République et donc il faut avoir toujours en ligne d'horizon l'opinion des Français et pour autant, il faut savoir prendre des décisions et des décisions qui préparent la suite, qui préparent un quinquennat où nous espérons bien sortir notre pays de la crise.

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Gilles Carrez Politique Exclu RTL
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2012-07-23 07:45:00
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