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Gossip : les dangers de l’application

L’application de potins, lancée il y a deux semaines, est désormais hors-service. Condamnée par le ministère de l’Éducation nationale et par les syndicats lycéens, elle pourrait pourtant être à nouveau accessible et mettre en danger ses utilisateurs.

"Gossip Girl"
"Gossip Girl"
Crédit : CW
Arièle Bonte
Arièle Bonte

Gossip Girl, c’était bien parce que c’était de la fiction. Gossipl’application qui s’inspire de la série américaine et souhaite "démocratiser les ragots de façon totalement anonyme", peut avoir des conséquences bien réelles, loin d’être amusantes. La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, s’est personnellement prononcée sur les dangers de Gossip, et appelle à "une extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne". 

Banaliser le cyber-harcèlement

Gossip permet d'écrire une rumeur en 140 caractères, de taguer les personnes concernées, de poster une photo ou une vidéo en guise de preuve. Et de le faire sans le consentement des victimes, pour le partager anonymement à son cercle d’amis. Les règles d’utilisation de Gossip encouragent au cyber-harcèlement car elles remplissent toutes les conditions définies par le ministère de l’Éducation nationale dans le cadre de sa campagne "Agir contre le harcèlement à l’école".

Le cyber-harcèlement est défini comme un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule

Le site du ministère

Le cyber-harcèlement se décline sous plusieurs formes. On retrouve "la propagation de rumeurs", "la création d’un sujet de discussion, d’un groupe ou d’une page sur un réseau social à l’encontre d’un camarade de classe" ou encore "la publication d’une photo ou d’une vidéo de la victime en mauvaise posture". Zoïa Guschlbauer, présidente du syndicat lycéen de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), a confié à Girls ne pas avoir encore reçu de témoignage de harcèlement par le biais de l'application. Mais pour le syndicat, "il est certain que l'application l'encourage. Il faut donc agir vite avant qu'elle ne fasse ses premières victimes", a expliqué Zoïa Guschlbauer. 

Des conséquences qui peuvent être désastreuses

Marion, 13 ans, a mis fin à ses jours en février 2013 après avoir été victime de harcèlement scolaire. Amanda Todd, Canadienne de 15 ans, s'est pendue chez elle en octobre 2012, après des harcèlements à répétition. Le harcèlement, en ligne ou à l’école, tue à travers le monde. "L’objectif de cette plateforme n’est pas de jouer mais bien de nuire aux autres", s’indigne la FIDL. Car les conséquences d’attaques anonymes et visibles de tous peuvent avoir des conséquences désastreuses sur les victimes et mener à un isolement, à la baisse des notes, à des troubles psychologiques, à un état dépressif pouvant aller jusqu’à la tentative de suicide.

Une application sécurisée ?

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Gossip garantit l’anonymat de ses utilisateurs. L’application s’inspire également de Snapchat, en laissant les rumeurs visibles pendant 10 secondes. Vraiment ? 

Lorsque l'on épluche les conditions d’utilisation, il est précisé que l’utilisateur de l’application a "la possibilité de consulter l’ensemble des Rumeurs qu’il a lui-même mises en ligne" et voir ainsi "le nombre de personnes ayant consulté chaque Rumeur, et ce, sans limitation de temps". Les rumeurs ne semblent alors pas être détruites et ne disparaissent donc pas de manière définitive. 

De même, l’utilisateur de l'application s’engage à céder à Gossip la totalité de ses contenus en ligne pendant toute la durée de son inscription. Attention donc aux photos et vidéos que vous publiez si vous décidez de vous créer un compte sur Gossip. Une copie sera probablement effectuée et susceptible d'être diffusée à n'importe quel moment. 

Un danger à prendre avec sérieux

Enfin, Najat Vallaud-Belkacem s'est emparée du phénomène et a manifesté son inquiétude. Elle a demandé aux chefs d'établissement des lycées et collèges de faire remonter "tous propos injurieux ou diffamatoires proférés à l'encontre d'élèves ou de personnels." Le syndicat général des lycéens (SGL) a déclaré avoir accompagné trois élèves du lycée Jacques-Prévert à Boulogne-Billancourt "qui souhaitaient porter plainte à la police et avaient des preuves", selon son président, Eliott Nouaille, contacté par Girls. "Les preuves sont en général des photos, souvent à caractère sexuel (avec des personnes dénudées) et des screens de rumeurs."

Pour rappel, le harcèlement scolaire commis par internet et par un mineur de plus de 13 ans peut être puni d'un an de prison et de 7.500 euros d'amande.

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