2 min de lecture Risque sanitaire

Crèmes solaires et anti-âge : un ingrédient à risque bientôt banni des produits ?

Présent dans la composition de nombreux cosmétiques comme les crèmes solaires ou les soins anti-âge, l'octocrylène se dégraderait, avec le temps, en un composé cancérigène pour l'Homme.

L'octocrylène, fréquemment présent dans les crèmes solaires et anti-âge, est un composant soupçonné d'être cancérogène, selon des chercheurs
L'octocrylène, fréquemment présent dans les crèmes solaires et anti-âge, est un composant soupçonné d'être cancérogène, selon des chercheurs
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

C'est un constat qui pourrait bien alarmer de nombreux consommateurs. Un filtre de protection solaire fréquemment présent dans les crèmes solaires et anti-âge se dégrade en un composé "perturbateur" hormonal et soupçonné d'être cancérogène, selon des chercheurs qui appellent à le bannir des produits de soins personnels. 

L'ingrédient en question, l'octocrylène, que l'on retrouve dans de nombreux cosmétiques comme les crèmes hydratantes, les autobronzants ou encore les shampooings, se transforme en benzophénone, qui s'accumule rapidement avec le vieillissement du produit, montre une équipe franco-américaine, qui publie ces travaux ce lundi 8 mars, dans une revue spécialisée de la Société américaine de chimie, Chemical Research in Toxicology.

Cette équipe de chercheurs, qui a analysé une quinzaine de crèmes solaires et anti-âge achetées en France et aux États-Unis rappelle que l'octocrylène est accusé d'être néfaste pour la vie marine et en particulier pour les coraux. "Certains fabricants l'ont retiré de leurs crèmes solaires pour des raisons environnementales", constate Philippe Lebaron, coauteur de l'étude. 

Des territoires possédant des récifs coralliens, comme les îles Vierges américaines ou la République des îles Marshall, ont par ailleurs interdit l'octocrylène dans les produits de protection solaire, relèvent les chercheurs.

Une menace pour la santé et l'environnement

À lire aussi
santé
Paris : un rassemblement pour dénoncer des suicides d'internes en médecine

La benzophénone est classée comme "peut-être cancérogène pour l'homme (Groupe 2B)", par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/Iarc) de l'OMS et selon cette agence sanitaire, il existe des preuves suffisantes chez les animaux de laboratoire du risque de cancers dus à la benzophénone. 

Chez l'animal, l'exposition à la benzophénone induit des cancers du foie et des lymphomes, notent les chercheurs qui pointent également des problèmes dermatologiques. Dans cette étude, les produits achetés ont subi un procédé de vieillissement accéléré validé aux États-Unis, et équivalent à un an passé à température ambiante avant d'être analysés à l'aide d'un spectromètre de masse de haute performance, indique le Pr Lebaron. 

"Au départ, il y a très peu de benzophénone dans les produits. Mais, progressivement, avec le vieillissement du produit, il y a de plus en plus de benzophénone", dit-il à l'AFP. "Des augmentations de benzophénone dépassant les 100 % et même atteignant les 200 % ont ainsi été observées", ajoute le biologiste qui précise que "c'est la première fois que l'on montre cette dégradation de l'octocrylène en benzophénone".

Selon lui, c'est un argument supplémentaire pour l'interdire dans les produits de soins personnels. Soulignant que cette substance est facilement absorbée par la peau, les chercheurs estiment que les produits à base d'octocrylène, et donc contaminés par de la benzophénone, peuvent constituer une menace pour la santé ainsi que pour l'environnement.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Risque sanitaire Été Soin
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants