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Bernard Accoyer : "Je ne regrette pas le terme de guerre"

Le président UMP de l'Assemblée nationale répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Bernard Accoyer a assuré qu'il ne regrettait pas ses propos sur la "guerre" qui ont fait scandale la veille, et il a accusé la gauche de les avoir déformés. "La gauche a pris ces propos exclusivement pour elle. La réalité, c'est que si on ne fait pas les réformes et qu'on ne maîtrise pas les dépenses publiques, la situation serait d'une extrême gravité", a-t-il dit. "Si on ne peut plus parler du fond, ça pose un problème", selon lui.

Bernard Accoyer sur RTL le 12 janvier 2012
Bernard Accoyer sur RTL le 12 janvier 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Bernard Accoyer.

Bernard Accoyer : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Lors de vos vœux, hier, vous avez expliqué que le choix de l'élection présidentielle, sera - je vous cite précisément Bernard Accoyer - "de poursuivre une politique courageuse de modernisation et de restauration de notre compétitivité ou bien d'exhumer un programme archaïque et utopique" ; et vous avez poursuivi : "Ne nous y trompons pas. Si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre". Regrettez-vous vos propos,  Bernard Accoyer ?

Non. On ne peut pas regretter des propos qui sont interprétés d'une façon partisane et déformée.

Quelle est la bonne interprétation ?

La Gauche a  pris ces propos exclusivement pour elle ; la réalité est que si on ne fait pas des réformes et qu'on ne maîtrise pas la dépense publique, la situation serait d'une extrême gravité. D'ailleurs, j'avais dit un peu la même chose, et même exactement la même chose, avec les mêmes mots, début décembre, parce que le problème de la France, c'est la dépense publique et que celle-ci exige des réformes qui sont des réformes que j'ai évoquées hier.

Un candidat porte ces réformes, représente ces réformes ?

Ca, ce sera aux Français de le décider.

Est-ce que le candidat de la Gauche met en péril le redressement de la France tel que vous l'entendez, si jamais il gagne ?

Connaissez-vous le programme du candidat de la Gauche aujourd'hui ?

Vous le connaissez comme nous, on l'entend.

Moi personnellement, j'ai lu ce qu'a dit le Parti socialiste ; et j'observe depuis, que le candidat de la Gauche ne donne pas précisément une direction qui serait et qui doit être celle de la maîtrise de la Dépense publique et qui ne peut pas être celle, on en parlait à l'instant avec Alain Duhamel, de l'augmentation des prélèvements. D'ailleurs, peut-être allez-vous m'interroger sur le Quotient Familial, mais il l'illustre ça.

Peut-être. Je vais vous poser d'abord une question différemment. Si François Hollande gagne l'élection présidentielle, les effets de la Politique qu'il appliquera, seront-ils comparables à ceux d'une guerre ?

Je n'ai pas dit cela. J'ai dit...

... Est-ce que vous le pensez maintenant, là ?

J'ai dit que s'il ne fait pas les réformes qui consistent à diminuer le nombre d'agents publics qui ont explosé sous la Gauche, s'il ne fait pas et s'il ne poursuit pas la réforme des retraites qui, je le rappelle, a été rendu nécessaire par l'abaissement de l'âge de la retraite de 65 à 60 ans en 83 ; s'il remet en cause des politiques qui marchent tel que le nucléaire qui était évoqué à l'instant, eh bien quel que soit le candidat qui ferait ça ou bien si c'est un candidat, ce qui ne peut pas être imaginé mais qui est quand même avancé dans le débat, qui propose de sortir de l'euro, eh bien oui les conséquences économiques et sociales, c'est-à-dire la baisse du niveau de vie de 10%, 20%, 30%, 40 % est ou serait, hélas, inéluctable. C'est ça que j'ai dit.

Et si on ne peut plus parler du fond... Jean-Michel Aphatie, si on ne peut plus parler du fond, ça pose un problème.

Parler du fond, bien sûr. Tout le monde le peut. Mais est-ce que ce n'est pas mieux d'éviter dans le débat de mettre des mots comme "guerre" parce que ça trouble un peu la perception de ce que vous voulez dire. Vous dites vous-même : finalement, j'ai été mal compris. Bon.

Eh bien oui, j'ai été mal compris parce qu'interprété.

Si on parle de ce que vous dites. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux éviter d'employer ce genre de mot ? Est-ce que vous ne regrettez pas ou ne retirez pas ce mot-là ?

Non, je ne le retire pas, parce que je considère que si la France continue à dépenser au point qu'elle emprunte chaque année encore, 180 milliards d'euros supplémentaires, un milliard d'euros de plus par jour ouvré. C'est ça la réalité. Et ça n'est pas en prétendant qu'on augmentera les impôts, qu'on règlera le problème.

Ca sonne comme une auto-critique parce que...

... C'est vous même qui commencez à interpréter de façon beaucoup plus objective mes propos, monsieur Aphatie.

... Vous soutenez depuis dix ans, une politique qui nous endette ?

Non. Je pense que le gouvernement a fait un certain nombre de réformes, que celles-ci ne vont pas encore assez loin, même si vous l'aurez observé, cette année, le déficit et la maîtrise des déficits sera respecté en tout cas pour 2011 et même les résultats seront un petit peu meilleurs. Mais encore une fois, pourquoi faut-il  qu'on ne puisse plus parler du fond !

91 milliards de déficit, l'année dernière !

Si on ne peut plus parler en France, si on ne peut plus expliquer que la France est dans un rythme de dépenses publiques qui est mortifère, eh bien écoutez ce n'est plus la peine de faire de la politique.

Convenez que le mot de "guerre" en tout cas, a brouillé le message que vous vouliez faire passer. Convenez-en !

En tout cas, si vous m'avez invité c'est parce que ce mot a été prononcé. Ca montre un petit peu à quel point...

... Non, non, non.

... On est dans un système qui mérite qu'on se calme et qu'on parle simplement du fait qu'emprunter 180 milliards d'euros supplémentaires par an, ne peut pas être inversé simplement en augmentant les impôts et qu'il faut faire des réformes courageuses qui, aujourd'hui, n'ont pas été annoncées par tous les candidats.

Bon ! Ceux qui attendent des excuses de votre part, ils peuvent attendre, on est d'accord ?

Je ne vais pas de m'excuser de dire ce que je pense, et que je disais déjà, il y a plus d'un mois. C'est aujourd'hui, l'interprétation qui a été faite parce que c'est une période de polémique fait que nous en sommes à discuter de cela. Mais je suis content, ça me permet de parler du fond.

François Hollande est-il un homme dangereux... ?
 
... Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit...

... Quand il veut remettre en cause le quotient familial ?

Alors, ça c'est encore une fois un amalgame. Vous venez d'illustrer l'amalgame qui a été fait avec mes propos. L'amalgame que fait le Parti socialiste ou son candidat entre politique de redistribution, c'est-à-dire politique fiscale et politique familiale, c'est-à-dire le quotient familial, d'ailleurs qui en 1983 a été plafonné par Laurent Fabius : 3.000 et quelques euros... C'était déjà un coup porté à cette politique familiale qui est exemplaire et que tous les pays du monde...

... Il ne faut pas y toucher au quotient familial ? Il ne faut pas y toucher, pour faire court ? Pour faire court.

Je dis que si la Gauche veut donner plus aux familles à faibles revenus avec des enfants, alors elle sollicite tous les Français en annonçant qu'elle va augmenter les impôts et les prélèvements mais elle ne peut pas stigmatiser et taxer et prendre cet argent aux familles françaises qui ont des revenus qui sont plus élevés et qui parce qu'ils ont des enfants, devraient payer... Je rappelle que le quotient familial a été inventé en 1945, que c'était un dispositif qui était destiné à ce que les familles avec enfant ou sans enfant, soient dans une situation qui soit plus favorable...

... Est-ce que cet homme est dangereux... ?

... Que le fait d'avoir des enfants ne pénalise pas le contribuable, c'est ça la vérité.

Est-ce que c'est un homme dangereux ? C'est Nadine Morano qui l'a dit parce qu'il veut toucher au quotient familial ? Est-ce que c'est dangereux ?

Ecoutez, je ne considère pas que l'homme soit dangereux...

Vous dites qu'il faut parler du fond.

Je dis que ce programme si c'est cela qui était mis en œuvre, par tel ou tel futur Président ou Présidente de la République, évidemment ce serait catastrophique. Voilà ce que je dis.

Donc, on ne qualifie pas d'homme dangereux quelqu'un qui propose quelque chose. On dit : "Je ne suis pas d'accord avec lui", mais on le qualifie pas d'homme dangereux.

On peut dire que le programme est dangereux.

Vous n'exagérez pas tous, des fois ? A l'UMP, vous n'avez pas un peu trop d'agressivité parfois ?

Ecoutez, est-ce que vous ne croyez pas que cette stigmatisation de mes propos qui sont sur-interprétés et que la Gauche considère exclusivement pour elle, alors qu'elle n'a pas encore précisément. Son candidat n'a pas encore précisément - et c'est d'ailleurs un problème -, et que nous avons besoin de précisions, il faut sortir du flou et qu'il faut qu'on sache ce que proposent des candidats, que la Gauche stigmatise ces propos me paraît illustrer effectivement ces excès.

Il nous reste quinze secondes ; alors, je ne sais pas si je m'embarque avec ma question.Mais la TVA sociale, ça ne va pas pour faire perdre des voix, Bernard Accoyer ?

Ecoutez, je pense que ces quinze secondes, je préfèrerais les consacrer au Savoyard, un de vos confrères qui hélas, a trouvé la mort, hier en Syrie, et je veux parce que c'est un Savoyard, parce que c'est un journaliste, parce que la liberté de la  presse est importante, j'ai connu ses débuts à TV8 Mont-Blanc qui est une télévision locale de Haute-Savoie, dire notre émotion à sa famille, à sa compagne et à tous ses confrères.

Je voulais terminer l'interview en disant qu'informer ne mérite pas de mourir, et que Christian Jacquier a trouvé la mort en faisant son travail courageusement, hier, en Syrie. Et donc, pour la TVA sociale, on fera ça une autre fois. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, était l'invité de RTL ce matin ; et il ne s'est pas excusé. Vous l'avez entendu.
   
2012 et vous OK

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Le président UMP de l'Assemblée nationale répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Bernard Accoyer a assuré qu'il ne regrettait pas ses propos sur la "guerre" qui ont fait scandale la veille, et il a accusé la gauche de les avoir déformés. "La gauche a pris ces propos exclusivement pour elle. La réalité, c'est que si on ne fait pas les réformes et qu'on ne maîtrise pas les dépenses publiques, la situation serait d'une extrême gravité", a-t-il dit. "Si on ne peut plus parler du fond, ça pose un problème", selon lui.
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