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Avortement : l'Espagne "revient 30 ans en arrière"

Les féministes et la gauche espagnols déplorent un "retour 30 ans en arrière". Le gouvernement a adopté un projet de loi limitant fortement les possibilités de recours à l'avortement.

Une manifestation anti-avortement à Madrid, le 17 novembre 2013.
Une manifestation anti-avortement à Madrid, le 17 novembre 2013. Crédit : PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
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Les femmes espagnoles ne pourront plus avorter qu'en cas de danger grave pour la mère ou si la grossesse résulte d'un délit. C'est un retour, dans les grandes lignes, à la loi de 1985. Le gouvernement conservateur espagnol a adopté vendredi un projet de loi limitant fortement l'avortement en dépit de l'opposition des féministes et de la gauche qui dénoncent un "retour en arrière de 30 ans". Cette future loi, qui devrait être approuvée au Parlement où le Parti populaire détient la majorité absolue, annule une loi de l'ex-gouvernement socialiste de 2010 qui autorisait l'avortement jusqu'à 14 semaines et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus.

Elle fixe "deux conditions pour autoriser l'avortement: la première, que celui-ci soit nécessaire en raison d'un grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, et la deuxième, que la grossesse soit une conséquence d'un délit contre la liberté ou l'intégrité sexuelle de la femme", a expliqué le ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, à l'issue du Conseil des ministres. En dehors de ces conditions, il ne sera pas possible d'avorter, selon ce texte qui impose aussi une autorisation parentale pour les mineures. Le gouvernement de droite revient donc, dans les grandes lignes, à la loi de 1985, même s'il ne fait plus de l'avortement un crime passible de prison.

Plus de 118.000 IVG en Espagne en 2011

Promesse de campagne en 2011 du chef conservateur espagnol Mariano Rajoy mais retardé depuis, ce projet de loi a d'ores et déjà été dénoncé par les féministes et la gauche qui dénoncent un "retour en arrière de 30 ans". Plusieurs députées de gauche ont ainsi signé mardi un "pacte pour le droit à l'interruption volontaire de grossesse" émanant d'un collectif de 200 associations de femmes, appelant les députées du PP à les rejoindre. Le président de la Fédération du planning familial, Luis Enrique Sanchez, a lui affirmé que la future loi pourrait signifier "un retour en arrière à la situation des années 1980, avec des femmes espagnoles qui vont en France ou en Angleterre" pour avorter lorsqu'elles en ont les moyens.
Un total de 118.359 IVG ont été enregistrées en Espagne en 2011, après 113.031 en 2010. La quasi-totalité des pays d'Europe autorisent l'avortement. Selon une étude de l'institut Metroscopia publiée en mai dans le journal El Pais (gauche), 46% des Espagnols sont favorables au maintien de la loi de 2010 contre 41% en faveur de la limitation de l'avortement.

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