2 min de lecture Internet

Avortement : comment certains sites invitent à éviter l'IVG

DÉCRYPTAGE - Dans son rapport remis vendredi à Najat Vallaud-Belkacem, le Haut conseil à l'égalité dénonce les méthodes "fallacieuses" de certains sites internet à propos de l'avortement.

Certains sites internet présentent l'IVG comme "médicalement et psychologiquement" dangereux
Certains sites internet présentent l'IVG comme "médicalement et psychologiquement" dangereux Crédit : Capture d'écran / SOS IVG (DR)
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
Journaliste RTL

Le Haut conseil à l'égalité a remis un rapport à Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, vendredi, dans lequel il recommande la création d'une plateforme institutionnelle en ligne qui soit "claire et volontariste en faveur du droit à l'avortement". Le but de ce site : lutter contre certaines pratiques sur la toile, orchestrées par des opposants à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG).

La rédaction vous recommande

Ils arrivent en haut de page des moteurs de recherche lorsque l'on tape "IVG" et se nomment "SOS IVG" ou encore "Ecoute IVG". Derrière leurs allures de sites institutionnels, ils présentent l'avortement comme un événement "médicalement et psychologiquement" dangereux.

Les photos sur la page d'accueil montrent des jeunes femmes soucieuses et préoccupées par leur grossesse. Dans une de ses enquêtes, l'Agence France Presse a remarqué que "nulle part on ne déconseille explicitement d'avorter", mais qu'il est en revanche "difficile d'y trouver des informations factuelles, en particulier sur les lieux accessibles aux femmes pour avorter".

Une communication à renfort de témoignages forts

À lire aussi
L'URL d'un site pornographique écologie
Porno, Netlix, emails : ces activités qui plombent votre empreinte carbone numérique

Le 8 mars, RTL avait tenté l'expérience et appelé l'une des ces plateformes d'écoute pseudo-gouvernementales. 30 minutes de conversation au cours de laquelle une journaliste s'est mise dans la peau d'une jeune chômeuse de 23 ans qui ne voudrait pas garder l'enfant qu'elle porte.

Ce n'est pas dans la nature de la femme de supprimer la vie

Une écoutante
Partager la citation

Après quelques minutes d'empathie, l'écoutante commence à la culpabiliser. "Vous voulez vous en débarrasser. Bon... Si c'est comme ça que vous voyez la vie... Faut pas croire que c'est un acte anodin et que ça passera comme une petite opération de l’appendicite. Ce n'est pas dans la nature de la femme de supprimer la vie. La loi permet aujourd'hui les IVG mais ce n'est pas pour ça que c'est bien pour la femme et pour l'homme", déclare l'écoutante. 

>
"On n'est pas dupes" de la nouvelle stratégie des anti-IVG Crédit Média : Sina Mir | Durée : | Date :


En février, lefigaro.fr avait consulté des mails échangés entre ces sites et des femmes "à la recherche d'assistance", peut-on lire. Dans certaines conversations, l'incitation à ne pas avoir recours à l'IVG est plus flagrante. Voici des exemples : "Peut être ne devriez-vous en parler à personne. Ce trésor n'appartient qu'à vous." "Tant de femmes s'engagent dans une IVG sans bien avoir mesuré ce qui allait se passer et souvent le regrettent." 

Des jeunes femmes racontent leur expérience. "Oui, j'ai pleurée de douleur, de  rage, de culpabilité, de souffrance intérieure et extérieure, de haine", raconte sur ivg.net Élodie, après un avortement. "J'ai arraché mon bébé, je l'ai fait disparaître, en gros j'ai tué mon bébé !" témoigne la jeune femme de 23 ans.

Dans une vidéo intitulée La vie est en nous, Amélie déclare qu'elle n'a été "avertie de rien du tout" avant d'avorter. "J'étais encore en train de réfléchir pour savoir si je devais vraiment le faire", se souvient-elle, affirmant que l'infirmière l'aurait incité à prendre rapidement les cachets pour son IVG par voie médicamenteuse.

Une exception nage pour le moment au milieu des sites "pro-vie". Il s'agit d'un blog créé par celles qui se surnomment "les filles des 343" (en référence au manifeste de 1971, ndlr). Leur message est simple : "Nous avons avorté, et nous allons bien : nous avons décidé de le dire".

Le blog "IVG, je vais bien merci" s'inspire de Manifeste des 343 de 1971 en faveur de l'avortement
Le blog "IVG, je vais bien merci" s'inspire de Manifeste des 343 de 1971 en faveur de l'avortement Crédit : Capture d'écran / jevaisbienmerci.net (DR)
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Internet Najat Vallaud-Belkacem Info
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7764521611
Avortement : comment certains sites invitent à éviter l'IVG
Avortement : comment certains sites invitent à éviter l'IVG
DÉCRYPTAGE - Dans son rapport remis vendredi à Najat Vallaud-Belkacem, le Haut conseil à l'égalité dénonce les méthodes "fallacieuses" de certains sites internet à propos de l'avortement.
https://www.rtl.fr/actu/avortement-comment-certains-sites-invitent-a-eviter-l-ivg-7764521611
2013-09-13 16:50:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/2TS7v2OsHQv9b6gW6bjCsA/330v220-2/online/image/2013/0913/7764521515_certains-sites-internet-presentent-l-ivg-comme-medicalement-et-psychologiquement-dangereux.JPG