1 min de lecture Jean-Marc Ayrault

Face à la fronde des sénateurs PCF, Ayrault cherche la conciliation

Après les coups de semonce des sénateurs PCF qui ont rejeté deux textes législatifs importants, Jean-Marc Ayrault cherche une conciliation pour éviter que ne se creuse, au sein de la gauche, une fissure qui enchante à droite. C'est pourquoi il devait recevoir jeudi les parlementaires communistes.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault Crédit : AFP / Fred Dufour
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La rédaction numérique de RTL

"Nous y allons dans une démarche constructive", a déclaré à l'AFP la patronne des sénateurs communistes, Eliane Assassi.

Toujours dans la majorité ou déjà dans l'opposition ? Les communistes nient avec vigueur se trouver dans le deuxième camp, malgré leurs votes négatifs au Sénat contre une proposition de loi socialiste sur l'énergie et la programmation budgétaire 2012-2017. Surtout, ils s'apprêtent à voter en séance contre le projet de budget de la Sécurité sociale.
  
Malaise

"Profond malaise", a commenté Jean-François Copé (UMP) alors que l'approbation ou non des textes budgétaires est considérée comme la ligne de partage entre majorité et opposition.
Mme Assassi dit aller à Matignon "avec une boussole : que la gauche réussisse et que le premier budget d'un gouvernement de gauche porte l'empreinte de choix de gauche. Cela ne nous semble pas être le cas pour l'heure. Les signaux du gouvernement ne sont pas les bons. On est inquiets...

"Mettons-nous autour d'une table, discutons, nous sommes des partenaires, nous devons être reconnus comme tels", avait-elle demandé le 31 octobre.

Sur ce point, elle pourrait être exaucée : les élus communistes "souhaitent être associés le plus en amont possible à la préparation des textes gouvernementaux. J'ai transmis leur demande au Premier ministre", a indiqué à l'AFP François Rebsamen, chef de file des sénateurs socialistes.
Il se veut rassurant après les deux votes négatifs des communistes : "Ce n'est pas une péripétie, mais pas non plus une rupture de la majorité sénatoriale de gauche" (six voix d'avance), a-t-il affirmé.
  
Impavide, le socialiste et historien Alain Bergounioux voit dans ces votes "des avertissements sans frais". "Ils donnent à l'électorat l'image d'un parti combatif, mais n'entravent pas l'action gouvernementale", puisque les projets repartent à l'Assemblée, qui a le dernier mot et où la majorité de gauche est large, a expliqué M. Bergounioux. Il y a en outre la perspective des élections municipales de 2014, où le maintien des positions communistes dépendra beaucoup du PS.

Une "Alternative à gauche" ?

"Il est un peu tôt pour dégainer l'arme, mais elle est dans le fourreau", a glissé un proche de François Hollande.

Il faut que "le gouvernement change de braquet", a insisté Mme Assassi. Ex-numéro un du PCF, la députée Marie-George Buffet est encore plus incisive : "Le gouvernement multiplie les textes qui vont à l'inverse des aspirations populaires."
  
La CGT hausse aussi le ton, parlant d'"erreur politique" à propos du pacte de compétitivité présenté mardi.
  
Pour le politologue et chercheur Eddy Fougier, "il y a eu trois couleuvres très difficiles à avaler par le PCF : traité européen, compétitivité, débat sur le budget 2013". "Du point de vue du PCF, on est passé en quelques mois de 1981 à 1983", de la victoire de la gauche unie au tournant de la rigueur avec le départ des ministres communistes, a-t-il souligné.
  
Le paysage politique diffère cependant : contrairement à 1981 ou 1997, il n'y pas eu d'accord de gouvernement. Pas de ministres communistes donc, ce qui laisse le champ libre à la critique.
  
Ex-candidat du Front de Gauche (PCF et Parti de Gauche), Jean-luc Mélenchon ne s'en prive pas, cognant de plus en plus fort, appelant à "une alternative à gauche". Ce qui suppose, selon le politologue Stéphane Rozès, "de miser sur un échec du gouvernement".
  
Les relations entre la majorité gouvernementale et le FG devraient continuer à "se compliquer", prévoit M. Fougier. Un député socialiste soupire : "On n'y arrivera pas. C'est comme ces vieux couples qui ne s'aiment plus, mais ne veulent pas divorcer."

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