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Alain Duhamel : "François Hollande a réussi son entrée sur la scène internationale"

VIDEO - Moins d'une semaine après la passation de pouvoir, François Hollande a donc enchaîné les rencontres, les rendez-vous diplomatiques depuis sa prise de fonctions. L'Allemagne tout d'abord avec Angela Merkel, puis les Etats-Unis avec Barack Obama, le G8, le sommet de l'OTAN. Est-ce qu'il a réussi son entrée sur la scène internationale ? La chronique de Alain Duhamel.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
La Semaine Politique - Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

Oui, on peut dire qu'il a réussi son entrée parce qu'il n'a commis aucun faux pas. Il s'est montré détendu, jovial, sûr de lui, peut-être d'ailleurs un peu trop sûr de lui. Son entourage fait un véritable concours de louanges et explique que c'est une prouesse. Non, ce n'est pas du tout une prouesse.

En réalité, quand il y a un nouveau venu qui arrive parmi les principaux dirigeants de la planète, ceux qui l'accueillent n'ont qu'une idée, c'est de l'intégrer. Et lui n'a qu'une idée, c'est de démontrer qu'il est à sa place dans la cour des grands. C'est ce qui s'est passé.

D'ailleurs, il a affiché sa bonne entente avec Barack Obama.

Oui, mais là, ils y avaient vraiment tout à fait intérêt l'un et l'autre. Barack Obama, qui est en campagne présidentielle donc il voulait absolument réussir sa rencontre avec François Hollande, le G8, l'OTAN, etc. Il y a tout intérêt. Et puis, de son côté, comme Barack Obama, notoirement, s'entendait bien et fonctionnait bien avec Nicolas Sarkozy, François Hollande avait intérêt lui aussi à démontrer qu'ils pouvaient s'entendre.

Par-dessus le marché, ils avaient un point commun qui était qu'ils sont tous les deux favorables à ce qu'il y ait une relance de la croissance en Europe. Donc, ça s'est bien passé avec Obama.

Et il y a un point d'achoppement, c'est le retrait d'Afghanistan. Et sur cette question, on peut quand même noter que François Hollande a arrondi les angles. Il a modulé sa promesse électorale.

Oui. Il a d'ailleurs dû reconnaître que Obama n'était pas de son avis et Angela Merkel ne s'est pas gênée pour dire "On est tous arrivé ensemble, il faudrait qu'on parte tous ensemble". Il a effectivement, François Hollande, réaffirmé son principe, qui est : retrait des troupes françaises avant la fin de l'année, mais il a dû amender la mise en œuvre, c'est-à-dire que les troupes combattantes, théoriquement, auront effectivement quitté l'Afghanistan ; mais que, comme il restera un matériel considérable, il faudra bien des troupes pour les surveiller ; et puis pour les réacheminer, ce qui sera extrêmement difficile.

Donc, on peut dire que, théoriquement, les troupes combattantes françaises auront quitté l'Afghanistan avant la fin de l'année mais que l'année prochaine, il y aura encore des soldats français en Afghanistan.

Parlons de l'axe Paris-Berlin. On l'a vu, l'accueil d'Angela Merkel a été très cordial. Cela dit, sur le fond, sur la croissance notamment, le désaccord est important.

De toute façon, pour Angela Merkel, la priorité c'est que le pacte de stabilité soit adopté. Et puis, en ce qui concerne le croissance, on sait très bien que les méthodes françaises et les méthodes allemandes ne sont pas les mêmes là dessus et donc qu'il y a des différences. Cela étant, la question de l'euro et celle de la Grèce, accessoirement des banques espagnoles, sont telles que, de toute façon, il va bien falloir qu'ils répondent d'une seule voix dans l'immédiat. La croissance, ce sera après.

Justement, la nomination possible dont on parle de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, à la tête de l'Eurogroupe en juillet, ce serait un mauvais coup pour la France. Ca pourrait gêner François Hollande ?

Un mauvais coup, il ne faut pas exagérer mais ce serait un symbole. Ce serait un symbole à la fois de la prééminence allemande en Europe et au sein de la Zone Euro en particulier. Et puis, Schäuble est un ultra orthodoxe. Il l'a montré à de très nombreuses reprises.

Quant à François Hollande, s'il n'a pas envie que ce soit Schäuble, il faudrait qu'il y ait une autre solution avec des alliés pour la pousser. Apparemment, ce n'est pas le cas et il vaut mieux ne pas s'opposer à ce qu'on ne peut pas empêcher.
2012 et vous OK

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