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Alain Bosetti : "En France, il faut compter 2.200 euros par mois pour une maison de retraite"

Alain Bosetti, président du Solulo, le premier salon des solutions d'hébergement et de logement pour les seniors qui ouvre ses portes aujourd'hui, explique qu'arrivé à un certain âge, il est indispensable de se projeter et de "penser à cotiser afin d'avoir des revenus en cas de dépendance". A ce stade, plusieurs choix s'offrent aux personnes concernées, une résidence-service classique ou médicalisée. Seul hic : le financement de ce type d'hébergement, souvent très onéreux...

Une pensionnaire d'une maison de retraite
Une pensionnaire d'une maison de retraite Crédit : AFP / Archives
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La rédaction numérique de RTL

"Où aller lorsqu'on arrive à la retraite ?" Les Français se posent cette question de plus en plus tôt. L'âge moyen est de 45 ans et même près d'une personne sur deux âgée entre 25 et 44 ans se préoccupe de sa retraite et de l'épargne. Faut-il désormais tout anticiper ?

"Anticiper, c'est toujours beaucoup mieux, déjà au niveau du financement. C'est-à-dire qu'à partir de 45-50 ans, il faut commencer à penser à cotiser avec une assurance ou une mutuelle afin d'avoir des revenus en cas de dépendance. Tout le monde y pense, se projette."

Comment choisir entre une résidence seniors classique et une maison de retraite médicalisée ?

"Tout dépend de celui qui choisit. Si c'est le senior, lui-même, il va choisir d'entrer dans une résidence-service parce qu'il a 65-70-75 ans et qu'il va se dire "je ne souhaite plus vivre seul" ou "avec mon conjoint nous souhaitons être dans un résidence-service", soit c'est quelqu'un qui choisit pour le senior. Dans ce cas, le choix se fait selon deux critères : est-ce qu'il y a urgence ou est-ce qu'on peut anticiper ? S'il y a urgence parce qu'il y a eu un accident vasculaire, une chute ou le décès du conjoint, dans ce cas-là on est confrontés à un mur et il faut très vite comparer des solutions. L'idéal c'est de pouvoir visiter deux ou trois établissements, d'aller sur place et surtout ne pas se contenter de voir la chambre témoin."

Est-ce qu'on a vraiment le choix ? Parce qu'on dit souvent qu'on fait des demandes et qu'il n'y a pas de place.

"Tout dépend où vous habitez. A Paris intramuros, il y a souvent une liste d'attente pour les maisons de retraite. Dès qu'on s'éloigne, même en banlieue, ça commence à être beaucoup mieux et en province il peut y avoir de la place. Le choix, c'est de se dire "est-ce que pour moi ou pour mes parents ou mes grands-parents, j'ai quand même intérêt à avoir une maison de retraite qui soit proche d'un endroit où je peux aller facilement, d'un lieu où il y a des amis de la famille. ça, c'est un critère important.
Concernant la maison médicalisée, tout va dépendre de l'état de santé de la personne. L'entrée en dépendance, en France, c'est autour de 85 ans. A partir du moment où les personnes sont autonomes, sont en bonne santé, on peut aller d'abord dans une résidence-service puis une maison médicalisée."

Mieux vaut aller voir sur place et vérifier à quoi ressemble la maison ? Même si c'est très loin ?

"C'est indispensable parce que c'est très déstabilisant de changer un senior de maison de retraite. Donc il faut aller sur place impérativement, demander à rencontrer le directeur ainsi que le représentant des familles. Y aller un jour où il y a un peu d'activité, au moment des repas, puis lorsque c'est un peu plus calme.

C'est un véritable travail d'enquêteur ?


"Quand il s'agit de sa propre vie ou de celle de ses parents ou de ses grands-parents, ça vaut le coup de prendre des jours de RTT pour s'investir. C'est un travail d'enquêteur et je pense que les jours consacrés à ce choix sont extrêmement prenants. C'est très culpabilisant psychologiquement lorsqu'on est enfant ou petit-enfant de se dire "je vais accompagner mes grands-parents ou mes parents dans un tel établissement."

ça coute cher, trop cher selon les familles, comment peut-on faire pour diminuer la facture ?

"La retraite, en moyenne, en France, c'est 1.200 euros et le prix moyen, c'est 2.200 euros par mois pour un établissement privé. ça commence à 1.500 euros en région et ça peut monter jusqu'à 5.000 euros. Vous avez différents types de ressources : des ressources personnelles ou celles de votre famille. Si vous êtes propriétaire de votre logement, vous pouvez éventuellement le mettre en viager. Si vous avez souscrit une assurance dépendance... Vous pourrez obtenir des aides soit de l’État, de la commune ou du Conseil général."

En Allemagne, il y a de plus en plus de maisons de retraite "délocalisées" en Slovaquie. On peut imaginer ça en Espagne ou au Maroc pour les Français ?

"Tout est toujours imaginable. Mais lorsqu'une personne âgée va dans une maison de retraite, ce qui est important, c'est le lien qu'elle garde avec ses proches. Donc si vous voulez, on peut toujours imaginer mettre une maison de retraite en Andalousie ou au Maroc mais ce n'est pas pratique au niveau des visites."

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