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Affaire Cahuzac : la droite exige un remaniement, Hollande et Ayrault l'excluent

L'incendie déclenché par les aveux de Jérôme Cahuzac a poursuivi ses ravages jeudi, l'opposition exigeant toujours de l'exécutif des gestes forts, alors que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont repoussé l'hypothèse d'un remaniement.

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Hollande sous pression

En déplacement au Maroc, le président de la République a dû aussi réagir à une autre affaire menaçant de l'éclabousser par ricochet. Le Monde a révélé que Jean-Jacques Augier, trésorier de sa campagne 2012, était actionnaire de deux sociétés offshore dans les Îles Caïmans, un paradis fiscal. Sans conclure à l'illégalité de cette pratique. "Je ne connais rien de ces activités, et si elles ne sont pas conformes à la loi fiscale, je demande que l'administration" s'en empare et fasse "les rectifications si nécessaire", a déclaré M. Hollande lors d'une conférence de presse à Rabat.


M. Augier s'est scandalisé qu'on puisse vouloir "atteindre le chef de l'Etat" à travers lui. Il a assuré que ce dernier n'avait "rien à voir, ni de près, ni de loin" avec ses investissements.

A propos du remaniement, demandé à droite mais également souhaité par certains au PS, François Hollande a défendu le "fonctionnement" de l'équipe Ayrault. "Ça n'est pas le gouvernement qui est en cause, c'est un homme qui a failli", a-t-il déclaré à propos de Jérôme Cahuzac, mis en examen mardi pour blanchiment de fraude fiscale après avoir reconnu détenir un compte non déclaré à l'étranger. Interrogé par la presse à Paris, le Premier ministre a répondu : "Travaillons d'abord à ce que nous avons à faire avant de spéculer". Un peu plus tôt, Jean-Marc Ayrault avait demandé par courrier à M. Cahuzac de "renoncer à ses indemnités" d'ancien ministre, auxquelles il peut prétendre pendant six mois.

L'UMP à l'offensive

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Cette tempête politique survient au plus mauvais moment pour le duo exécutif, déjà très bas dans les sondages. Avec 27% de cote de confiance dans le baromètre mensuel TNS Sofres pour Le Figaro Magazine -réalisé avant les aveux de M. Cahuzac- M. Hollande enregistre le plus bas taux par un président au 11e mois de son mandat. Il est passé sous les 30% aussi dans un deuxième sondage publié jeudi.

"François Hollande ne mesure pas son discrédit", a dit Valérie Pécresse (UMP) en réagissant aux propos du président au Maroc, où il a affirmé avec force sa volonté de moraliser la vie publique. "Nous avons besoin d'un sursaut et ce sursaut ne viendra pas de quelques paroles lénifiantes nous appelant à limiter des conflits d'intérêt dans la société", a-t-elle ajouté. Jean-François Copé, patron de l'UMP, a accusé M. Hollande de "devenir le chef d'un clan". Il réclame depuis mercredi soir "un remaniement gouvernemental de grande ampleur, Premier ministre y compris".

De manière générale, le premier parti d'opposition a continué à concentrer ses attaques sur l'affaire Cahuzac, une "affaire d'Etat", ciblant le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, qu'il accuse d'avoir tenté de couvrir son ancien collègue du Budget. "On ne lâchera pas Moscovici", a prévenu le député Claude Goasguen. L'intéressé a dénoncé une mise en cause "assez indigne, avec des arrière-pensées évidentes" alors qu'il a agi "de façon exemplaire".
  
S'il réclame une commission d'enquête sur "l'action du gouvernement" dans cette affaire, Jean-Louis Borloo (UDI) refuse de mêler sa voix au concert de ceux qui soupçonnent M. Hollande d'avoir su depuis longtemps et juge "épouvantable le poison général". François Bayrou (MoDem) a volé à la rescousse du couple exécutif en estimant que M. Cahuzac n'avait pas bénéficié de "protection" et que si "doutes" il y avait, il n'existait "pas de preuves" avant la confession.

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