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Abîmée par le cancer, elle recourt au suicide assisté

Le témoignage poignant d'une femme qui a choisi de mourir. Une décision mûrement réfléchie pour Maïa Simon, une actrice française atteinte d'un cancer généralisé incurable. Elle a décidé d'aller en Suisse, avec des amis, dans une clinique spécialisée dans le suicide assisté - une pratique interdite en France. Elle est décédée mercredi matin, après avoir ingurgité une dose fatale de barbituriques. Elle avait accordé une interview exclusive à Olivier Geay la semaine dernière.

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La rédaction de RTL Journalistes RTL

Elle a choisi son jour et son heure

Voilà une histoire émouvante qui relance le débat sur la fin de vie. Maïa Simon était comédienne. On l'avait vue au cinéma et dans des séries à la télévision comme les "Habits Noirs" ou "Thierry la Fronde". Au cinéma, elle avait joué notamment la maîtresse de Guy Bedos dans le film d'Yves Robert, "Nous irons tous au paradis", en 1977. Récemment encore, elle avait interprété la mère d'Emmanuelle Béart dans '"Les témoins", d'André Téchiné. Elle s'était aussi construit une carrière basée sur le théâtre. Sa dernière pièce, "Copenhague", avait reçu 2 Molières en 1999. Elle même avait été nominée en 1997 pour son rôle dans la pièce "Un coeur français". Agée de 67 ans, elle a mis fin à ses jours mercredi (19 septembre) matin à Zurich.

Maïa Simon était atteinte d'un cancer généralisé incurable. Opposée à l'acharnement thérapeutique, elle souhaitait que les malades en fin de vie puissent décider de leur mort. Elle a choisi d'utiliser la méthode du suicide assisté, une pratique interdite en France. Elle s'est donc rendu en Suisse où cette pratique est tolérée. Elle a ingurgité une dose fatale de barbiturique prescrite par un médecin de l'association "Dignitas". Elle s'est rapidement endormie. Et au bout de quelques minutes, son coeur s'est arrêté de battre. Une semaine avant son geste final, elle avait accordé une interview au reporter de RTL Olivier Geay (Ecoutez l'intégralité de l'entretien ci-contre).

Dans ce document, elle explique son choix. Elle évoque son refus de la déchéance physique et de la dépendance. Elle dénonce la toute-puissance des médecins et l'hypocrisie de la société française qui refuse qu'on choisisse sa fin. Elle interpelle Nicolas Sarkozy qui avait évoqué le sujet de la fin de vie durant sa campagne mais qui, une fois élu, se satisfait de la loi Léonetti de 2005. Elle appelle à un débat national pour faire évoluer la loi et les mentalités.

Un voyage surréaliste

De nombreux détracteurs dénoncent ce qu'ils appellent le "tourisme de la mort", d'autant qu'il faut payer : plusieurs milliers d'euros pour les frais, les médicaments, l'autopsie, la crémation... Mais pour Maïa Simon, c'est le fait de devoir quitter la France pour mourir qui est choquant. Les proches de Maïa ont tenté en vain de la dissuader de mettre fin à ses jours ; elle a eu beaucoup de mal à les convaincre de sa décision. Finalement, quatre d'entre eux ont décidé de l'accompagner. Ils sont partis avec elle en voiture en Suisse. Un voyage surréaliste, avec des rires et des chansons, un dernier resto, une ultime balade au bord du lac de Zürich.

Le corps de Maïa Simon sera incinéré vendredi. Ensuite, ses amis l'emmèneront une dernière fois en voyage pour disperser ses cendres au Kenya, comme elle le souhaitait. Et comme Maïa avait joué dans "Nous irons tous au Paradis", ils se disent pour se consoler qu'elle a juste pris un peu d'avance.

Extrait

"J'ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps, de tout ce qui se passe à l'intérieur, et pas seulement les poumons... Il y a plein de petites choses qui se déglinguent. Et je sens que j'arrive à la limite. Je pense que c'est le bon moment pour le faire.

Le problème, c'est qu'avec cette maladie, vous pouvez passer des paliers. Et puis brusquement, on vous hospitalise. Et là, vous rentrez dans le cercle infernal des soins. Même si vous refusez les chimios, je serais à l'hôpital. Je ne pourrais pas rester à la maison. Je rentrerais dans un cercle vicieux.

Donc au lieu d'attendre la mort de manière passive, puisque j'ai encore de l'énergie, j'organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis. Comme nous n'avons pas la possibilité d'accomplir cette chose en France, je suis obligée de partir à l'étranger. Quelque part, cette idée me séduit aussi, parce que ça me donne la possibilité d'une escapade. Et quand j'arriverai là bas, ce sera le grand bond. mais je ne pense pas à ma mort, je pense à cette évasion qui sera l'ultime. Cà, c'est une idée qui me plaît bien".

L.Farge avec Olivier Geay

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2007-09-20 21:00:00