1 min de lecture Justice

A la barre, Isabelle Demongeot décrit les "viols monstrueux" de Régis de Camaret

Isabelle Demongeot a raconté vendredi devant les assises du Rhône comment son ex-entraîneur Régis de Camaret avait "broyé sa vie" en la violant dès l'âge de 13 ans et pendant neuf ans. Un témoignage en forme de libération pour l'ancienne N° 2 du tennis français.

Mathieu Delahousse Journaliste RTL

"Incapable de le repousser"

Agée aujourd'hui de 46 ans, elle n'est que témoin dans ce dossier, sa plainte en 2005 étant prescrite. Mais elle est à l'origine de celles d'anciennes joueuses du tennis-club des Marres de Saint-Tropez, également prescrites. Seules deux jeunes femmes, Stéphanie Carrouget et Karine Pomares, 36 ans chacune, sont parties civiles dans le procès de Régis de Camaret.
  
Posément, le visage défait, l'ancienne championne a raconté comment dans un hôtel parisien, un soir d'août 1980, durant un championnat de Roland-Garros, alors que l'accusé partageait sa chambre par "souci d'économie", il l'avait agressée sexuellement la première fois. J'étais "incapable de le repousser", dit-elle "c'est un corps d'enfant face à un corps d'adulte, il me dit de ne pas avoir peur, qu'il est là pour m'apprendre la sexualité".
  
Quelques semaines plus tard, survient "le premier viol" dans un hôtel de Carpentras (Vaucluse). "C'était répugnant, je suis terrorisée, ça fait très mal, je suis pratiquement morte", lâche-t-elle évoquant "ses yeux fous", "son odeur, sa moustache et sa puissance".
  
Une "emprise totale" durant neuf ans

De 1980 à 1989 , les viols "monstrueux" vont se succéder dans des "endroits sordides", "des cagibis", dans "la voiture sur des aires d'autoroutes". Les "sodomies" qui lui laisseront de "graves séquelles". Agrippée à la barre, elle évoque son "angoisse", "l'emprise totale" de celui qui lui faisait du "chantage" en menaçant de "ne plus l'entraîner". Et elle "incapable d'en parler pendant neuf ans" à ses parents.
  
Durant ce témoignage d'une heure et demie, entrecoupé de sanglots, Camaret l'a fixée, imperturbable. A l'avocate générale qui l'interpelle sur cette "souffrance", il répète qu'il ne l'a "pas violée" et qu'il "ne comprend pas".
  
En 1989, Isabelle Demongeot quitte le centre et entame une thérapie, mais renonce à se "lancer dans un combat judiciaire toute seule". Elle rencontre le président de la Fédération Française de tennis, Philippe Chatrier, pour le mettre en garde contre Camaret, mais sans résultat.
  
En 1997, elle "arrête sa carrière" et "essaye d'oublier", mais en 2005, les "séquelles physiques dues aux viols" la rattrapent. Mais alors qu'on lui dit que son cas est "prescrit", elle "découvre" que d'autres joueuses ont également été victimes de viols et se lance dans un "combat" à la fois pour se reconstruire et pour que Camaret "paye sa dette". C'est ce procès qui s'est ouvert jeudi.

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