1 min de lecture Nicolas Sarkozy

"Voler la Sécu, c'est trahir la confiance des Français"

Nicolas Sarkozy en guerre contre les fraudes sociales. A l'occasion d'un déplacement à Bordeaux, le chef de l'Etat est passé à l'offensive mardi sur ce thème, notamment les abus sur les arrêts maladie, un domaine où le gouvernement a intensifié les efforts depuis 2007 et un thème de campagne prévisible pour la Présidentielle de 2012. Il a déclaré que "voler la Sécurité sociale, c'est trahir la confiance de tous les Français". Le Président de la République a annoncé la création d'un Haut Conseil du financement de la protection sociale chargé de réfléchir avec "sérénité, sérieux et objectivité" aux moyens de préserver le modèle social de la France tout en réduisant le poids de la fiscalité du travail. Sa visite avait été boycottée par les parlementaires socialistes de Gironde, qui entendent dénoncer "l'évident problème des priorités données par le chef de l'Etat et le gouvernement, ciblant la fraude sociale alors qu'ils demeurent inactifs devant l'évasion fiscale".

Nicolas Sarkozy  le 15 novembre 2011 à Bordeaux
Nicolas Sarkozy le 15 novembre 2011 à Bordeaux Crédit : AFP /
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La rédaction de RTL et Marie-Bénédicte Allaire

Haut Conseil du financement de la protection sociale

A Bordeaux, Nicolas Sarkozy a d'abord visité différents services de la Caisse d'allocations familiales de la Gironde avant de rencontrer les responsables du comité départemental de lutte contre la fraude. Il a ensuite prononcé à la mi-journée un discours sur la "préservation du modèle social" français et "l'importance de la lutte contre la fraude dans ce domaine".

"La fraude, c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de 1945. C'est la fraude qui mine les fondements même de (la) République sociale" voulue au sortir de la Résistance en 1945, a déclaré le chef de l'Etat. "Frauder, que dis-je, voler voler la Sécurité sociale, c'est trahir la confiance de tous les Français et c'est porter un coup terrible à la belle idée nécessaire de solidarité nationale", a-t-il ajouté.

Selon le chef de l'Etat, "trop longtemps, il fut de bon ton dans certains milieux de nier la fraude". "Ceux qui dénonçaient la fraude étaient même condamnés par des beaux esprits qui voyaient là une sorte de redistribution militante". Il en a appelé à la responsabilité: "Voulons-nous d'un système qui ne serait qu'un guichet auquel chacun pourrait se servir comme bon lui semble ?", a-t-il lancé.

"Le mot 'devoir' n'est pas un gros mot, (il) est la contrepartie des droits", a-t-il dit. Le président de la République a récusé l'assistanat. "On n'a pas de dignité quand on tend la main", a-t-il assuré.

A propos du Haut Conseil du financement de la protection sociale, dont il a annoncé la création, Nicolas Sarkozy a dit souhaiter que cet organisme, "qui associera naturellement les partenaires sociaux", commence à travailler "avant la fin de l'année". "Je lui demanderai de faire des propositions qui soient à la hauteur de l'ambition que je porte pour notre modèle social", a-t-il indiqué.

Pour Nicolas Sarkozy, il s'agit de s'interroger sur les questions suivantes :
- "Quelles dispositions pouvons-nous prendre pour réduire le poids de la taxation du travail ?
- "Le financement de la protection sociale doit-il reposer autant sur les salaires, alors que nos partenaires européens et mondiaux font un choix différent et que nos salariés sont de plus en plus en concurrence ?
- "Dans quelle proportion faut-il mettre à contribution différents types d'impôts pour réaliser cet élargissement ?
- "Comment également (...) mieux intégrer les couvertures offertes par les organismes complémentaires à la protection des différents risques sociaux ?" 

"Lutter contre la fraude, c'est populaire à une condition"

Le chef de l'Etat est accompagné en terre girondine notamment du député UMP des Bouches-du-Rhône Dominique Thian, auteur cette année d'un rapport chiffrant à plus de 20 milliards d'euros par an la fraude aux prestations et cotisations sociales. Sur ce total, les services de l'administration n'en ont détecté que 458 millions d'euros en 2010.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand avait déclaré ce week-end que la mise en place d'ici la fin de l'année d'un fichier central permettant de croiser les différentes données permettrait de s'assurer d'une "bonne utilisation de l'argent public, de l'argent de la solidarité". "Lutter contre la fraude, c'est populaire à une condition : c'est qu'on attaque les fraudeurs quel que soit leur statut", a-t-il dit en annonçant en outre un durcissement de la lutte contre les arrêts maladie.

L'idée du fichier central a été défendue cet été par le ministre des Transports Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire, à partir d'une des propositions du rapport de Dominique Thian - membre du même mouvement -, suscitant de vives critiques à gauche où l'on y voit une stigmatisation des plus démunis.

Les députés UMP ont fait depuis voter plusieurs nouvelles dispositions anti-fraude lors de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2012

Offensive contre la "fraude sociale" : les chiffres disponibles

Thème récurrent dans les discours du chef de l'Etat depuis sa candidature à la présidentielle de 2007, cette politique est revenue sur le devant de la scène sous l'impulsion de la Droite populaire, l'aile dure de l'UMP, sur fond d'aggravation de la crise économique.

Le Parti socialiste y voit une "lutte contre les pauvres" et reproche au gouvernement son échec à lutter contre une fraude fiscale encore plus coûteuse pour les finances publiques.

Le Front national a dénoncé pour sa part lundi par la voix de sa présidente, Marine Le Pen, une "explosion de la fraude sociale liée à une explosion de l'immigration".

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