"Club Liza" : les quatre vérités de Michel Platini sur RTL

Dopage, vidéo, Equipe de France, Zidane, Deschamps, l'exode des joueurs de L1, la Coupe du Monde au Brésil, le fair-play financier, le racisme, les paris truqués, la réforme de la Ligue des Champions, l'Euro 2020 dans toute l'Europe, le Mondial 2022 en hiver au Qatar, son avenir (la FIFA ?) sa reconversion réussie, le football aujourd'hui, Messi, Ronaldo, Nasri, Guardiola, l'Equipe de France espoirs. Au micro de Bixente Lizarazu et de Jérôme Millagou, Michel Platini n'esquive aucune question et répond avec sa liberté de parole légendaire.

Michel Platini, président de l'UEFA
Crédit : N.Briquet Abacapress/RTL
Michel Platini, président de l'UEFA
Bixente Lizarazu >
Ecoutez la version intégrale de l'entretien de Michel Platini au micro RTL de Bixente Lizarazu Crédit : Bixente Lizarazu & Jérôme Millagou & Cyprien Cini

LA VIE DE MICHEL PLATINI AU QUOTIDIEN

"Je suis là tous les jours au bureau du lundi au lundi. C’est aussi une vie de voyage, de représentation, de discussion. Je ne suis pas dans un monde franco-français, je suis dans un monde de 53 associations nationales avec des compétitions à organiser, qui sont certainement les plus belles du monde. Un boulot pas facile, un boulot intéressant, plein de passions. Quand on dit des choses, quand on est Président de l’UEFA et bien on a la possibilité de les faire, de changer le football en bien ou du moins comme tu le ressens toi"
 
LIBERTÉ DE PAROLE

"J’ai toujours dit ce que je pensais, j’ai toujours dit ce que je faisais.  J’ai toujours fait ce que je disais. Parce que nous sommes des footballeurs, nous voyons ses qualités, ses défauts, tous ses problèmes. Dans le football, il y a des milliards de valeur, des milliards de belles choses et il y a aussi quelques soucis, quelques problèmes"

PRESIDENT de l'UEFA, C'EST PLUS SYMPA QUE JOUEUR ?

"C’est une question d’âge, à 20 ans je ne voudrais pas être Président de l’UEFA, je voudrais être footballeur, à 30 ans toujours footballeur, à 35 sélectionneur. Je ne pense pas qu’il y a des choses meilleures que d’autres, je pense qu’il y a de grandes satisfactions. Etre élu en janvier 2007 Président de l’UEFA contre tout le monde, c’est comme si tu allais gagner un match à Nîmes dans les années 70. C était quelque chose de difficile, mais quelque chose de beau… 

"Si tu veux t’investir dans quelque chose, il faut aller au charbon. Tu vas au charbon sur le terrain quand tu as 20 ans et tu vas au charbon dans la politique quand tu as 40 ans parce que tu as envie de croire à des idées, de les respecter et de les faire avancer. Pour cela il faut être élu et aller aux élections quand tu es footballeur, c’est pas facile parce que le monde ne t’attend pas même si tu es le meilleur footballeur au monde. J’y suis allé, je suis allé me battre. J’avais envie de changer un peu le football, je l’ai changé, j’avais un programme, je l’ai respecté. Et puis après il y a beaucoup de choses qui viennent parce que le football c’est l’histoire infinie des problèmes"
 
SE SENT-IL ENCORE FOOTBALLEUR ? 

"J’ai dû mal à me souvenir du temps où j’étais footballeur. La dernière fois, j’ai regardé une cassette d’un match que j’ai joué, ça faisait 10 ou 12 ans que je n’avais pas vu un match que j’avais joué. Je pense que je ne suis plus du tout dans le football joué, je suis dans le football politique, le football pour aider le football joué, je ne suis plus dedans. Me parler de Messi qui a gagné 4 ballons d’or, j’en ai gagné 3, pour moi c’est loin. Ce n’est plus le cœur de ma vie, je ne suis plus dedans, je ne suis plus dans le football joué."
 
LES CRAMPONS, C'EST TERMINE ?

"On a pas mal d’installation sportif ici et donc de temps en temps avec les employés je vais leur montre ce que c’est un bon contrôle."
 
AUCUN REGRET  DE NE PAS AVOIR ENTRAINER plus longtemps ?

"Non, je ne voulais pas entraîner, je n’ai jamais eu l’ambition d’entraîner et puis c’était une demande très forte de la fédération, un peu des médias français pour que je me mette sélectionneur à l’époque où l’équipe de France avait fait match nul à Chypre, qui était pour moi une surprise totale." 
 
LES BLEUS D'AUJOURD'HUI

"Je pense que c’est une Equipe qui renaît un peu de ses cendres et puis qui essaye de travailler avec une nouvelle génération qui avait été un peu commencé par Laurent Blanc et puis qui est suivi par son ami Didier Deschamps. Je crois qu’on a trouvé des bons joueurs, pour savoir si ça sera des grands joueurs il faut attendre la fin de l’aventure parce qu’il faut avoir des grands résultats  pour qu’on te dise que t’es un grand joueur."

"C’est une équipe avec un Didier Deschamps, un entraîneur qui sait qu’il a toute la légitimité pour être sélectionneur de l’Equipe de France. Il y a des bons joueurs, il y a des joueurs qui font marquer des buts, qui sont complétement différent dans la façon de jouer, dans le style, notamment les attaquants quand tu as un Ménez, un Benzema ou un Giroud ou un Valbuena, t’as des qualités pour marquer des buts et puis après il faut qu’il trouve une bonne défense, une bonne assise, celle que je pense qu’il manque actuellement."

"Mais l’Equipe de France je ne la vois pas souvent parce que je vois souvent des matchs des autres pays. J’ai regardé l’Espagne/France, c’était sur le fond la 2e mi-temps était bien jouée et puis on sait que Didier il a marché dedans quand il était jeune, je l’ai toujours dit à Didier donc c’est normal que la France marque un but à la 93e minute avec Didier comme sélectionneur.  Je pense qu’un sélectionneur qui a de la réussite c’est mieux pour l’équipe nationale. Marquer à la 93e minute ou ne pas marquer à la 93e minute ça change toute la perspective de qualification de la coupe du Monde. Et dans la façon dont l’Equipe de France a surpassé cette équipe est un signe très positif."
 
DIDIER DESCHAMPS

"Il est entraîneur, il est passé sélectionneur, je pense dans quelques temps il repassera entraîneur. Je pense que c’est la vie aujourd’hui des hommes qui dédie leur vie au football. On sait très bien qu’entraîneur d’une équipe  de club ou sélectionneur c’est un métier complétement différent."

KYSNA ET SES RÉPERCUSSIONS

"Ce qui s’est passé en Afrique du Sud a été traumatisant pour le football français puis moi je le voyais de l’extérieur, ce n’était pas une très bonne image qu’on a donné. Il est important que la Fédération fasse quelque chose, ils l’ont fait. Aujourd’hui on regarde plus le comportement des joueurs que leur niveau technique, je pense aujourd’hui donc ce n’est pas très bien. Revenons à des valeurs footballistiques. Didier il sélectionnera les joueurs qui lui paraitront les meilleurs et si il y en a deux  qui sont très bon et qui ont les mêmes qualités il sélectionnera celui qui représentera une meilleure image du football français."

NASRI

"C’est pas parce que tu peux péter un boulon avec un journaliste que tu ne peux plus aller en Equipe de France…"
 
L'AFFAIRE DES ESPOIRS

"Si l’Equipe de France s’était qualifiée, qu’est-ce qu’on aurait dit ? Rien… Y’a des choses que tu ne fais pas pour ne pas te faire engueuler, si l’Equipe de France Espoirs c’était qualifiée tout le monde aurait dit ‘je vous en prie ressortez encore une fois 3 jours avant en boite parce que ça porte bonheur… "
 
LE DÉPART MASSIF DES JOUEURS DE L1

"C’est très très important le football. Pour moi c’est le seul sport mondial. Aujourd’hui quand des pays font des propositions financières les joueurs seraient bêtes de ne pas les accepter. "
 
LE CRITERE SPORTIF N'EST PLUS LE CHOIX N.1 ?


"Hoarau... Il y’a peut-être M’Villa qui doit partir a 20 ans. Ce qui est embêtant parce que aujourd’hui je pense qu’on veut tout, tout de suite. Leur entourage leur demande de partir tout de suite et de récupérer tout ce qu’ils peuvent récupérer. Donc il faut être bien conseillé, ils ont le temps de partir. Moi je suis parti à 27 ans, on a le temps de vivre plusieurs vies dans le football et ne pas partir à 20 ans gaspiller un peu ses qualités, pour connaitre de grands moments de football. Je comprends qu’il y en ait qui partent. Aujourd’hui l’attrait économique est important, on est dans un monde en crise, je comprends qu’il y en ait qui soient intéressésmais bon ils peuvent partir plus tard, c’est leur problème…"
 
ZIDANE FUTUR SÉLECTIONNEUR ?

"Moi je pense que, en le connaissant très peu, il a envie de trouver sa voie, de faire quelque chose. Je pense qu’il en a un peu marre des pubs. Il a envie de s’investir, de rendre au football tout ce qu’il a pris. C’est à lui de savoir où il veut aller, je ne sais pas quelle est son ambition, mais il a envie de faire quelque chose. Je pense que c’est bien de ne plus vivre avec qu’une image d’icône et de se lancer, de se remettre en question, je pense que c’est formidable"

"Pour qu’il passe directement à l’Equipe de France il faut que le président de la FFF lui demande, alors il faut demander à Mr Le Graët ce qu’il en pense. Je ne sais pas du tout, ce n’est pas facile, ce n’est peut-être pas un service de rendre à Zinédine que de le mettre tout de suite en Equipe de France. Ce n’est pas un service qu’ils m’ont rendu à moi, sélectionneur c’est plus un aboutissement qu’un commencement, je pense  »
 
LA FRANCE PEUT-ELLE RATER LE MONDIAL 2014?


"Non mais on ne l’imagine pas être favorite du Groupe non  plus. On peut la voir devant l’Espagne. Si tu fini 2ème derrière l’Espagne, il n’y a pas à rougir puisque nous ne sommes pas la meilleure équipe du monde. Mais après le bon résultat en Espagne tout va se jouer, mais il va falloir marquer des buts. Et je pense que l’Espagne marque plus de buts que nous"
 
LA VIDÉO

"La vidéo c’est bien, mais à un moment ou à un autre, il faut la payer. On est tous pour une certaine justice. Les arbitres font des erreurs et aujourd’hui la télévision montre toutes les erreurs des arbitres. Il faut essayer de faire quelque chose entre mettre de la technologie dans le football, à quel niveau, jusqu’où, comment, combien. J'ai mis 2 arbitres supplémentaires. Je  rappelle que toutes les dernières grandes décisions de l’arbitrage dans le football c’est moi qui les ai faites. A un certain moment entre la vidéo qui coute une fortune et de mettre 5 arbitres qui peuvent aussi voir les fautes. Il n’y a pas de choix, les Espagnols, je crois, pensent les mettre, les Italiens, les Belges les ont mis. Je pense que quatre yeux supplémentaires aident davantage l’arbitre à prendre des décisions. "

"La vidéo que l’on veut nous coute 35 caméras pour faire ça. Tu crois que les télévisions ce sont des philanthropes, tu crois qu’ils ne vont pas te le faire payer tôt ou tard, ils vont te le faire payer. Il y a des pays en Afrique où les internationaux, quand ils sortent du terrain, échangent leurs chaussures avec ceux qui rentrent  parce qu’ils n’ont pas de chaussures  et on va mettre 35 caméras pour retransmettre les matchs, c’est loin'

"50 millions sur 5 ans : je préfère les investir dans des terrains de football dans des pays qui en ont besoin. Philosophiquement déjà je suis contre, et puis, ça coute une fortune. On a le plus beau sport du monde qui a été bâti sur 150 ans d’une certaine façon je ne vois pas ce que la vidéo peut apporter de plus. Je veux dire quelque chose aux auditeurs : je ne suis pas un mec qui vote à l’International Board, je dis ce que je pense mais je ne les vote pas"
 
THIERRY ROLAND

"Je pense que les relations avec les journalistes il y a une vingtaine d’années étaient différentes. Thierry je l’ai connu en 76, on a fait la route ensemble. Il a fait pour le football français autant que toi, que moi, que Zidane, que Kopa. Il fallait lui rendre hommage, c’est pour ça qu’on a fait une minute de silence. Ça ne m’a pas valu que des amis dans le monde entier, mais j’ai souhaité le faire parce qu’il représentait énormément pour le football français"
 
LE FAIR-PLAY FINANCIER

"J’ai trouvé un football européen malade alors que les clubs n’ont jamais reçu autant d’argent de leur vie et nous avons actuellement une perte annuelle d’ 1 milliard 700 millions d’euros Il y aura une instance de contrôle de finances des clubs. Aujourd’hui nous avons suspendu un club, le club de Malaga, on commence on va voir comment ça va se passer. Il y a des règles, il y a une différence entre l’exécutif et le disciplinaire, il faut laisser le temps au temps

"Il y a des clubs qui ont des pertes, les dettes c’est autre chose. On va voir qui va respecter les règles. Je n’ai pas envie de tuer les clubs, je ne veux pas qu’ils fassent faillite, c’est pour ça qu’on les protège. On ne peut pas continuer comme ça, les grands mécènes viennent me voir, ils me disent Michel faites quelque chose, on ne peut plus payer. Les 200 millions de perte du PSG : il va falloir regarder s’ils rentrent bien dans un système bien précis pour voir s’ils pourront participer à nos compétitions. Laissons les commissions travailler. Ceux qui seront les plus compétitifs sont ceux qui auront les stades"

FINANCES: faut-il faire une limite aux prix des transferts ?

"Le fair-play financier fait partie de ça. Je ne peux pas valoriser un Messi qu'un joueur de seconde division. Mais si le Barca a l'argent pour acheter un joueur ou le payer, qu'il le fasse. Mais si l'argent n'est pas là, non. Donc, le fair-play financier limitera forcément les transferts et les salaires".
 
GUARDIOLA AU BAYERN MUNICH

"Moi je pensais qu’il allait en Angleterre. En tout cas c’est un très beau coup"

LE DOPAGE INSTITUTIONNALISÉ DANS LE FOOT, CA EXISTE ?

"Non, il ne faut jamais dire jamais, mais je pense que ça se saurait, il  y a trop de joueurs qui passent d’un club à l’autre, qui partent. On le saurait. Après, que quelqu’un individuellement pour lui-même prenne quelque chose ça je ne peux pas le savoir. On a amplifié les contrôles, on a été la première maison à faire les contrôles sanguins. On doit le faire pour défendre les valeurs de notre sport"
 
QUELS DANGERS POUR LE FOOTBALL DE DEMAIN ?

"Les paris truqués, le racisme, la violence, c’est un peu indépendant de notre volonté parce que ça ne touche pas que le football, mais le public. En revanche, les paris truqués c’est nous. Pour moi, c’est la grande honte. Si demain, on va voir un match et on connait déjà le résultat, le football est mort"
 
RACISME : Kevin Boateng, le milieu du Milan AC, a récemment quitté le terrain, suivi par ses coéquipiers, après avoir été la cible de chants racistes. Une bonne décision ?

"C'est formidable, j'ai beaucoup apprécié.  C'était très bien, j'ai d'ailleurs appelé le Milan pour les féliciter.  Nous avons mis des règles en C1 et en 3 avec les arbitres. Si l'arbitre entend des cris racistes, il y a un appel au micro et une suspension du match pendant une minute. Ensuite, si ça recommence, là, il y a une suspension de deux minutes et un nouvel appel via le speaker.  La troisième fois, il peut arrêter le match. C'est l'arbitre qui est le patron du stade."
 
LIGUE DES CHAMPIONS : la C1 à 64 clubs, c'est possible ? Surtout quand les grands clubs veulent une C1 d'élite, formée ?

"Il ne faut pas croire ce que dit la presse.  Liza, tu es très mal informé. C'est une agence de presse anglaise qui a sorti que je voulais changer tout ça. Mais non. Il n'y a aucune décision de prise. Moi, je n'ai envie de rien du tout mais c'est mon rôle de président de regarder comment on peut faire mieux la prochaine fois. On va se réunir, récupérer les avis de tout le monde. Mais je pense que l'on ne changera pas grand-chose"
 
EURO 2020 : vers des matchs dans toute l'Europe ?

"Cette proposition faite au comité exécutif a été validée par une grande majorité.  C'est un anniversaire avant tout, les 60 ans de l'Euro. Et il est important de donner la possibilité à certains pays, qui ne pourront jamais recevoir l'Euro, parce qu'il faut construire des stades, la possibilité d'organiser certains matchs de l'Euro. Surtout avec cette période économique compliquée.  J'ai un slogan : "Plutôt que d'amener les supporters vers l'Euro, on amène l'Euro vers les supporters". 
 
EURO 2020 : la compétition va-t-elle perdre son identité ?

"Non. Ce ne sont pas les 40 supporters français présents en Ukraine (lors de l'Euro 2012) qui peuvent dire que c'est une fête (Rires). Mais on le fait pour une fois seulement. Ca va permettre à certaines associations nationales d'avoir un beau stade dans une capitale.  Il y a eu un appel d'offres. La seule certitude, c'est que l'on fera la poule finale (demi-finale et finale) dans la même ville."
 
MONDIAL 2022 : le Mondial en hiver au Qatar, une vraie volonté de votre part ?

"J'ai voté pour la Russie et le Qatar. Quand j'ai dit à l'Emir du Qatar que j'allais voter pour eux, je lui ai dit deux choses. La première : je me battrais pour que cela soit en hiver. Et que cela soit dans plusieurs villes du Golfe parce que faire douze stades au Qatar…Il fait 50 degrés en été au Qatar. Si on ne change pas de date, il y a des pays qui ne pourront jamais recevoir la Coupe du Monde. Moi, j'ai voté pour deux parties du monde qui n'ont jamais reçu de Coupe du Monde. Les pays de l'Est et les pays musulmans et du Golfe.  J'ai voté pour le développement du football. En Afrique du Sud en 2010, à 17h, il faisait 5 degrés. C'était la fête mais je n'ai rien vu. On a fait ça en plein hiver. On doit faire la Coupe du Monde quand c'est le meilleur moment pour faire la Coupe du Monde."
 
EURO 2016 : les stades français sont-ils dans les temps ? Contrairement à 98, la France va-t-elle reéussir cet enjeu crucial ?

"Je ne sais pas, je suis Suisse ! On valide les stades vendredi.  On a complètement loupé ça en 1998. A l'époque, personne en France ne s'intéressait à la Coupe du Monde. C'était l'image d'ivrognes qui viennent pour tout casser. On n'a pas réussi au niveau des stades, c'est dommage. Maintenant, il y a une volonté de faire des stades. Les grandes villes ont compris l'importance d'avoir un grand stade. Ca dynamisera le football français. La plupart des gens voulaient avoir l'Euro pour avoir des stades."
 
SON AVENIR : peut-il succéder à Sepp Blatter à la FIFA en 2015 ?

"C'est difficile de savoir ce que je vais faire. Je me régale à l'UEFA. La FIFA, c'est un autre monde, une autre dimension, pour se confronter à des gens qui n'ont pas la même philosophie que toi. Il faut avoir les bonnes idées pour y aller. Je ne sais pas ce que je vais faire mais je vais le dire cette année. Sepp Blatter a dit qu'il ne se représentera plus…Bon, c'est de la politique… Il faut être menteur, amener sur d'autres voies"
 
SA RECONVERSION

"Je suis caméléon. J'ai côtoyé des gens intelligents et j'ai bien appris.  Depuis 1992, avec  Fernand Sastre, pour l'organisation de la Coupe du Monde 1998, je suis là. Je suis entré tôt dans le monde de la politique.  J'étais dans une commission très tôt, lorsque l'on a interdit la passe en retrait. Aujourd'hui, j'ai 57 ans et à force de fréquenter des hommes  très forts en politique, tu apprends"
 
LE FOOTBALL, TOUJOURS UN JEU ?

"Je me battrais toujours pour que le football reste un jeu.  C'est ce jeu là qui amène tout ce qu'il y na autour. Si le sport est populaire, c'est parce que ce jeu est beau. Mais la popularité à amener beaucoup d'argent et des gens qui ne s'intéressent qu'à ça.  C'est pour ça que l'on essaie de faire le fair-play financier. On doit redistribuer l'argent parce qu'il y en a beaucoup. Quand il n'y aura moins, on en donnera moins. On a connu une époque où il y avait moins d'argent et on jouait toujours au football. Ne donnons pas l'argent que nous n'avons pas"
 
LA SITUATION DE NANCY

"Nancy fait partie de ces clubs qui auront des hauts et des bas. Ils le savent. Ça fait partie de l'histoire de ces villes qui ne sont pas des grandes métropoles.  Si ils descendent, ils redescendront. Ça ne va pas traumatiser un club habituer à aller de temps en temps en deuxième division. Et Nancy remontera. Je suis très loin du résultat aujourd'hui. Mon but est de développer le football, que cela soit le plus beau jeu."
 
LES NUMEROS 10 EN VOIE DE DISPARITION ?

"Barcelone joue avec  11 numéros 10. Ce n'est pas une espèce en voie de disparition. Même m'arrière droit… La succession des matchs fait que le joueur doit devenir plus endurant. Les entraineurs ont changé le football.  A notre époque, le football appartenait aux joueurs. Si tu ne savais pas taper dans le ballon, tu ne jouais pas. Aujourd'hui, il y en a qui ne savent pas taper dans le ballon mais qui veulent faire ce beau métier. Mais les meilleurs joueurs du monde restent les plus petits.  Le football anglais aussi a changé, avec Arsenal et Man Utd qui jouent plus à l'Espagnole. En France,   ce serait bien qu'on s'adapte aussi à ce style de football"
 
MESSI/ RONALDO 

"Cet antagonisme fait du bien au football.  Tu peux être petit, vif, sympa, discret et aussi grand, costaud, et plus antipathique pour les gens, alors que je le trouve charmant…Cette façon différente de jouer, c'est la force du football. »

par Bixente Lizarazu
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