
Laurence Parisot, le 23 mai 2008 sur RTL / capture rtl.fr
RTL info
08 sept. 2008
Màj 12h09
08 sept. 2008
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Ecouter aussi : "Prime transport" : 200 € par an et par salarié ?![]()
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Laurence Parisot.
Laurence Parisot : Bonjour
Invitée du "Grand Jury", hier soir, sur RTL, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, a confirmé l'intention du gouvernement de faire prendre en charge par les entreprises 50% du titre de transport de leurs salariés dans les grandes agglomérations, ceci existe déjà en région parisienne, et serait étendu à l'ensemble du territoire, et aussi de faire contribuer les entreprises sur la base du volontariat pour aider les salariés qui se rendent à leur travail avec leur voiture. Vous aviez déjà dit, Laurence Parisot, que ce projet ne vous plaisait pas ; mais visiblement, vous n'allez pas y couper ?
Cette affaire n'est pas raisonnable. Et d'ailleurs, je crois que c'est une erreur de raisonnement de la part du gouvernement. Tout d'abord, il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, les entreprises françaises ne peuvent pas supporter un centime d'euro de charges, en plus. Savez-vous qu'au cours du premier semestre de cette année, il y a eu plus de 50.000 dépôts de bilan !
C'est plus que d'habitude ? Plus que les autres années ?
C'est beaucoup plus que l'année précédente, c'est le chiffre le plus élevé depuis plus de dix ans.
Et le gouvernement n'est pas conscient de cette réalité des entreprises, selon vous, Laurence Parisot ?
Je pense qu'il y a une forme de conscience. J'ai entendu, hier, le Premier ministre, parler de la compétitivité des entreprises ; mais je crois qu'il faut aller jusqu'au bout de ce diagnostic et bien comprendre ce que cela veut dire. Deuxièmement, sur cette affaire de prime transport, il ne faut pas oublier que le prix de l'essence est composé à 65% de taxes. 65% du prix de l'essence, ce sont des taxes. Donc, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? De faire une taxe sur les taxes ? Ca, ce n'est pas raisonnable non plus.
Mais vous n'allez pas y couper. C'est ce que je disais. C'est-à-dire que le gouvernement a dit : à partir du 15 septembre, on attend les propositions des partenaires sociaux. Donc ce matin, sur RTL, vous dites : nous, on n'a pas de proposition à faire ?
Nous allons écrire au Premier ministre pour lui expliquer notre position et pour rappeler...
Il la connaît, Laurence Parisot.
... et pour rappeler également... Oui, mais je voudrais que tous les Français comprennent pourquoi nous avons cette position. Et je voudrais, par exemple, que chaque Français sache bien que tous les transports collectifs urbains sont financés principalement par les entreprises. Nous sommes le premier contributeur au développement de ces transports collectifs : entre 4 et 5 milliards d'euros, chaque année. C'est dire que nous ne partons pas de zéro, c'est dire que... Je crois que la vraie réflexion, elle doit être beaucoup plus générale, beaucoup plus globale. Oui, il y a pas mal de salariés qui souffrent de l'augmentation du prix de l'essence. La réponse à cela : c'est une politique économique qui booste la croissance et parce qu'elle aura boosté la croissance, va permettre une augmentation sérieuse du pouvoir d'achat des salariés qui, ensuite, feront leurs propres arbitrages. Certains voudront effectivement dépenser un peu plus en essence, d'autres en logements, d'autres pour la garde leurs enfants, que sais-je !
Vous dites votre opposition, ce matin, sur RTL, Laurence Parisot, à la prime-transport. Mais vous savez, je l'ai dit, je le redis, que vous n'y couperez pas.
Je ne sais pas à quoi nous n'allons pas couper. Moi, j'attends toujours les annonces officielles et je ne peux pas me contenter des rumeurs ou des scoops même s'ils sont bien fondés des journaux. Donc, j'attends la position officielle du gouvernement qui, lui-même, de toute façon, attend les réponses définitives des différents partenaires sociaux, syndicats et patronat d'ici le 15 septembre.
L'Assemblée nationale étudiera à la fin du mois de septembre le projet de RSA, porté par Martin Hirsch. Tout le monde est d'accord sur la finalité du RSA : aider ceux qui sont le plus en difficulté à retrouver un emploi. Mais là aussi pour financer, c'est une taxe qui va être créée sur les revenus du capital. Si vous étiez députée, Laurence Parisot, vous voteriez ce RSA ?
D'abord, ce n'est pas une taxe qui concerne directement les entreprises. Donc, ce qui me trouble dans cette affaire, c'est plutôt la méthode. Comme vous l'avez souligné, je crois que le RSA est une bonne approche ; et sachez que le Medef a participé à toutes les expérimentations. Mais je regrette - première remarque sur la méthode - que le gouvernement et le Haut commissaire, Martin Hirsch, n'ait pas tout d'abord rendu compte de l'expérimentation et n'ait pas présenté une évaluation de ces expérimentations.
Et deuxièmement, sur le mode de financement. On nous dit : cela représente un besoin de 1,5 milliard d'euros. 1,5 milliard d'euros, si je ne me trompe pas, c'est un peu moins de 0,5% du Budget de l'Etat. Est-ce qu'il ne valait pas mieux, couper un certain nombre de dépenses, redistribuer ou optimiser un certain nombre de programmes déjà existants pour ainsi affecter 1,5 milliard d'euros plutôt que de créer une taxe et une recette supplémentaires.
Vous avez toujours été plutôt sympathique avec le gouvernement (je le disais au début). Toutes ces taxes qui sont créées, ces projets du gouvernement vous amènent à réviser votre position vis-à-vis de lui ou pas ?
Je crois que la question n'est pas tellement une question de sympathie ou d'antipathie. Il me semble que le Président de la République donne une vraie modernité à notre pays et met en chantier beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui étaient jusqu'alors laissées dans les tiroirs ou les placards. Et aujourd'hui, c'est le temps du débat. Et ce débat est d'autant plus crucial (oui, c'est le temps du débat)... Ce dont on est en train de parler...
La prime transport : il n'y a plus de débats, par exemple. Et RSA, non plus il n'y a plus beaucoup de débats.
Et ce sont des choses qui doivent être votées par l'assemblée nationale et le sénat. Ce sont des choses qui vont être intégrées soit dans le projet de loi de finances, soit dans le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Il va donc y avoir encore pendant les deux mois qui viennent débats. Donc, je crois que c'est pour ça qu'il est important... Il ne faut pas faire de l'économie un débat de politique partisane. Les Français sont en train de gagner une nouvelle maturité économique. Alors, donnons-leur le temps de comprendre et faisons la pédagogie pour qu'ils aient tous le sentiment de participer aux décisions.
Jugement de Michel Rocard, hier, dans le "Journal du Dimanche" : "Nicolas Sarkozy partage avec François Mitterrand une méconnaissance et un mépris tragique pour l'Economie".
Je crois que Michel Rocard n'a pas du tout la même approche de l'Economie que le Président de la République. Et croyez-moi, le Président de la République est peut-être un des hommes politiques qui comprend le mieux l'entreprise et les enjeux de l'entreprise. Michel Rocard a un talent, en revanche, sur la conception macro-économique des choses.
Vous serez, Laurence Parisot, dans le fichier Edwige avec tous les responsables syndicaux, politiques. Ca vous choque ? Un ministre a dit, hier, que ça le choquait. Ca vous choque, vous Laurence Parisot ?
C'est quelque chose qui me gêne beaucoup. Je suis assez troublée par ce que nous sommes en train de découvrir. Je note que nous n'avons pas été consultés alors que nous sommes concernés en tant que militants de l'entreprise. Et je souhaiterais que la ministre de l'Intérieur donne des explications. Je ne crois pas du tout que Michèle Alliot-Marie puisse être liberticide ; donc, je crois qu'il faut que nous en sachions plus sur ce dossier qui est effectivement très, très important.
Je vous donnerai le numéro de téléphone de Michèle Alliot-Marie, puisqu'elle se plaint qu'on ne l'appelle pas assez pour savoir ce qu'il y a dans le fichier Edwige. Laurence Parisot, invitée de RTL ce matin. Bonne journée.
Auteurs :
Jean-Michel Aphatie & La rédaction de RTL

Laurence Parisot, le 23 mai 2008 sur RTL / capture rtl.fr

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