
Jean-Marie Le Pen / RTL
RTL info
05 sept. 2008
Màj 12h14
05 sept. 2008
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Marie Le Pen.
Jean-Marie Le Pen : Bonjour.
"Paris Match" consacre un reportage aux talibans. Ce reportage vous a-t-il choqué, Jean-Marie Le Pen ?
Oui, parce que la prétention d'objectivité d'un journal français s'agissant de la mort de soldats français, c'est une gageure que n'a pas réussie à tenir le journal "Paris Match". Cela étant, je crois que le vrai responsable de ces dérapages en quelque sorte, c'est directement le Président de la République, M. Sarkozy. C'est la surexposition qui a été donnée à cet événement militaire, attristant certes, dramatique mais dont la médiatisation a été excessive en grande partie de la faute du Président de la république.
Vous parlez des dix morts et de l'hommage national qui leur a été rendu aux Invalides ?
Oui c'est ça. Pas l'hommage national, c'est la visite du Président en Afghanistan, la réception des corps, l'hommage national, la visite à Castres, etc. Tout cela, le Président a tiré de cette affaire tout ce qui pouvait se tirer sur le plan médiatique.
C'était une façon peut-être de manifester une solidarité nationale avec ces soldats...
Oui, d'accord. Je voudrais dire une chose, c'est que notre présence militaire en Afghanistan est évidemment purement symbolique. D'ailleurs, celle des Alliés l'est aussi. 90.000 combattants dans un pays qui est grand une fois et demi comme la France, et composé essentiellement de montagnes, c'est un petit peu un gag. Mais la présence de 3.000 soldats français est là pour montrer, pas pour vaincre les talibans, hélas, je crois que ça n'est pas dans les objectifs possibles, mais pour montrer la solidarité de la France avec les Etats-Unis d'Amérique. Ils sont là, en quelque sorte, pour l'action diplomatique de M. Sarkozy et de M. Kouchner. Alors dans ces cas-là, il faut donner à nos soldats tous les moyens et y compris les mêmes moyens que les Américains pour se battre et essayer de se battre avec le moins de pertes possibles. Malheureusement, ça n'est pas le cas.
Si on suit votre raisonnement, il faudrait renforcer le contingent militaire en Afghanistan ?
Non pas du tout. Je crois que nous n'avons rien à faire en Afghanistan. Ce n'est pas notre affaire, ce n'est pas notre guerre. Qui peut croire que l'offensive générale du terrorisme dans le monde est basée et centrée dans les cavernes de l'Afghanistan ? Qui peut croire ça ? C'est beaucoup plus probablement dans une banlieue américaine que dans les cavernes d'Afghanistan que se cachent les gens qui manipulent le terrorisme mondial. Et je me demande d'ailleurs, sachant comment les Américains procèdent, s'il n'y a pas une part de provocation dans tout cela.
Parfois votre pensée peut être mal comprise. Que voulez-vous dire : une part de provocation ?
Je veux dire que ce n'est pas la première fois que les Américains se donnent des raisons de combattre.
Mais ce n'est pas eux qui ont organisé les attentats du 11 septembre, tout de même ?
Je ne sais pas. Je n'en sais rien. Je pense que non mais ce n'est pas le problème, en l'occurrence. Le problème, c'est de savoir quelle est la réalité de cette menace terroriste et où se situe son centre. Et je ne suis pas sûr que ce soit dans les montagnes d'Afghanistan.
Bon !
Il vaudrait peut-être mieux patrouiller dans les rues de Chicago que...
Le cheminement de votre pensée est toujours complexe !
Non. Non. C'est assez clair, dans mon esprit en tout cas.
Dans votre esprit. Peut-être pas pour ceux qui nous écoutent.
C'est un petit peu comme les croix gammées dont toute la presse se fait un plaisir de photographier et de publier. Moi, ça me rappelle le Carpentras et un certain nombre de provocations de ce style, ne me paraît pas qu'un incident aussi médiocre, aussi misérable que ça, mérite l'écho médiatique qui lui est donné ; mais on sait que ça peut servir un certain nombre d'intérêts idéologiques.
Vous avez des envies rentrées de rédacteur en chef, ce matin !
Absolument. Absolument. Invitez-moi plus souvent.
Voilà. C'est ce que nous faisons. Que pensez-vous de l'attaque de la Géorgie par la Russie ? Vous avez souvent soutenu le courant nationaliste en Russie qu'incarnait Vladimir Jirinovsky.
Oui, mais je crois que, en l'occurrence, la responsabilité de ce conflit repose directement sur la Géorgie, en tous les cas sur Saakachvili, sur le président, puisque ce sont bien les troupes géorgiennes qui ont attaqué la capitale de l'Ossétie du Sud qui est un territoire autonome, et que les Russes qui sont solidaires de la population majoritairement russe de ces enclaves soient intervenus, n'a rien pour me choquer.
Faut-il avoir peur des Russes ? Faut-il avoir peur du réveil russe, Jean-Marie Le Pen ?
Non pas du tout. Au contraire. Je pense que la France, l'Europe, l'Occident ont intérêt à une Russie forte, démocratique mais qui reconquiert l'importance qui doit être la sienne. Ca doit être un des pôles de l'activité diplomatique du monde et de la puissance dans le monde. Je crois que l'Occident n'a rien à craindre de la Russie qui est une grande puissance occidentale, qu'on le veuille ou non.
Pas très démocratique.
Ah vous savez... Oh là, là la démocratie, il y aurait beaucoup à dire. Il ne faut pas que trop de régimes prétendument démocratiques donnent des leçons de démocratie. Moi je suis le représentant de millions de Français qui ne sont pas représentés à l'assemblée nationale, c'est aussi une forme de démocratie discutable.
L'Assemblée nationale, justement, va discuter à la fin du mois du Revenu de Solidarité Active. Ce projet fait l'unanimité, en tout cas dans les buts qu'il recherche, le soutenez-vous Jean-Marie Le Pen ?
C'est bien ce qui m'inquiète car quand un projet fait l'unanimité...
En général, vous êtes contre.
... C'est qu'il est probablement douteux.
Ah !
C'est vrai qu'on peut distribuer de l'argent et l'idée d'aider ceux qui veulent travailler à travailler de façon à réduire la différence qu'il y a entre ceux qui sont assistés et ceux qui travaillent, me paraît louable en soi ; mais le financer comme l'a fait le gouvernement par un impôt supplémentaire, me parait au contraire très condamnable ; et on aurait pu espérer d'un président de la République qui nous avait fait des promesses dans ce domaine, qu'il y ait des réductions du train de vie de l'Etat. Malheureusement, on s'aperçoit que tout ceci, ce ne sont que des paroles verbales.
La taxe, c'est justement - qui financera le RSA - sera intégrée au calcul du bouclier fiscal. Et je me demandais, Jean-Marie Le Pen, vous qui êtes assujetti à l'impôt sur la fortune, si vous avez bénéficié...
Oh je n'ai pas bénéficié du bouclier fiscal.
C'était ma question. Non ?
Je suis assujetti comme quelques centaines de milliers de Français à l'impôt sur la fortune. Il n'y a pas besoin d'être riche pour être, en effet, poursuivi par ce genre de persécutions fiscales.
Et donc pas de bouclier fiscal pour vous ?
Je suis tout à fait, tout à fait en bas de l'échelle.
D'accord. Combien avez-vous vendu votre siège à Saint-Cloud à l'université de Shanghaï qui vous l'a acheté ?
Je vous dirais ça quand il sera vendu.
16 millions d'euros, dit-on.
Comment ?
16 millions d'euros, dit-on.
Ah oui, c'est quelque chose dans ces eaux-là ; mais c'est en tous les cas, ce que ça vaut.
Ca règle vos problèmes financiers ?
Comment ?
Ca règle vos problèmes financiers, Jean-Marie Le Pen ?
Ah très largement même parce que notre actif est très supérieur à notre passif ; mais n'empêche que c'est un coup dur, que les conséquences de cette élection législative perdue... Et là, nous avons quelques millions d'euros à débourser, et cela c'est toujours un coup dur.
Donc, vous pourrez poursuivre votre activité politique et mener une campagne européenne dans de bonnes conditions, selon vous ?
Ah bien sûr. Nous l'avons fait quand nous n'avions pas de sous du tout. Alors maintenant qu'on en a qu'un peu, on peut quand même faire quelque chose.
Connaissez-vous la future liste du Front National dans la région Ile-de-France, Jean-Marie Le Pen ?
Ah pas encore, non. Mais la commission d'investiture sera chargée de déterminer quels sont les meilleurs candidats du Front dans les différentes circonscriptions.
Voilà. Et vous m'avez demandé avant d'entrer dans ce studio, de dire que votre université d'été aurait lieu 13 et 14 septembre à Vichy, c'est ça ?
Non, non pas à Vichy. A Evian.
Pas à Vichy. A Evian ! Ah oui voilà.
Vous vous trompez de ville d'eau. Non.
Donc, Evian ?
Absolument.
Voilà. Jean-Marie Le Pen, qui va aller dans la bonne ville d'eau, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.
Auteur : Jean-Michel Aphatie

Jean-Marie Le Pen / RTL
25/02/2009 - 07h50
06/08/2008 - 09h39

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