
Nadine Morano sur RTL le 9 février 2010 / RTL
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09 févr. 2010
Màj 14h17
09 févr. 2010
Ecouter aussi : Quatorze mesures pour sortir le débat sur l'identité nationale de l'enlisement (vidéo)![]()
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nadine Morano.
Nadine Morano : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Quatre mois de discussions sur l'identité nationale ont débouché, hier, à l'occasion d'un séminaire gouvernemental qui s'est tenu à Matignon, sur l'annonce de quelques mesures dont il faut bien dire, Nadine Morano, qu'elles suscitent un certain ricanement aujourd'hui : mise en place d'un carnet citoyen, le drapeau dans les écoles le 14-Juillet, tout ça pour ça ! Il n'y a pas un certain ridicule dans cette situation, Nadine Morano ?
Ricanement de la part de qui ? De tous ceux qui parlent de ce débat sans y avoir mis les pieds...
De la part de beaucoup de gens...
Comme la plupart des commentateurs qui ont parlé de ce débat ; et je me demande même si monsieur Duhamel est allé dans une seule de ces réunions écouter les Français, parler de la France, de l'instruction civique, de la transmission des valeurs, de la transmission du devoir de mémoire, de l'immigration, de l'intégration, de cette France généreuse, de cette France qui intègre. Voilà. C'est de tout cela dont on a parlé. Et les mesures qui sont resorties au cours de ce séminaire gouvernemental qui, je le rappelle, monsieur Aphatie, est un séminaire de travail et d'étape puisque nous continuerons à parler de la France...
Longtemps ?
... Même si ça dérange certains...
Longtemps ?
Nous continuerons à parler avec les Français.
Il va durer longtemps ce débat ?
Oui. Oui.
D'accord.
Je pense qu'on devrait jamais s'arrêter de parler de la France.
Eternel !
On devrait jamais s'arrêter de parler de la France, jamais.
Il est difficile de nier, Nadine Morano, me semble-t-il, que ce débat-là accouche quand même de peu de chose. Trois anciens Premiers ministres de votre camp l'ont critiqué. Si on lit attentivement "Le Figaro", ce matin, on se rend compte que le climat du débat, hier, à Matignon n'était pas serein.
Ah bon ! Mais moi j'y étais et je peux vous en parler donc.
Alors on confrontera le journaliste du "Figaro" à vos propos...
Bien sûr.
... Par exemple, un accrochage entre Bruno Le Maire et Eric Besson.
Ah non, ce n'était pas du tout un accrochage. C'était une discussion.
D'accord.
Donc moi, je ne l'ai pas du tout vécu comme un accrochage.
Mais visiblement, il y a eu quelque chose qui relevait d'un échange plutôt aigre entre les deux...
... Non, moi je ne l'ai pas trouvé aigre.
... Et que ce débat a suscité un certain malaise.
Je l'ai trouvé très constructif, au contraire.
Jusque dans votre Majorité. C'est difficile de le nier, me semble-t-il, Nadine Morano.
Non, moi ce que je trouve, je le dis ce matin, très détestable c'est de critiquer l'ensemble de ces réunions parce qu'on critique aussi les Français qui sont venus y participer.
350 réunions sur l'ensemble du territoire, 58.000 personnes qui déposent des contributions sur un site internet. Des personnes qui se déplacent comme à Charmes, où il y avait 400 personnes à une réunion publique, ce n'était pas un meeting UMP, des gens venus avec toutes convictions, donc de n'importe quel bord politique, toutes conditions sociales, toutes convictions religieuses confondues. Le maire qui était à la tribune était un maire socialiste. Il y avait des représentants des cultes et on a parlé république, laïcité, histoire, instruction civique, alors oui, monsieur Aphatie, nous allons mettre en place un livret du citoyen pour les jeunes à partir du CM2. Et c'est important de parler d'instruction civique ...
Vous n'avez pas besoin de quatre mois de débats pour en arriver là ? Vous pouviez le décider avant ?
Ecoutez... Mais monsieur Aphatie, mais il fallait venir écouter les Français.
Qui est contre le livret ? Est-ce que vous avez vu une personne en France qui a dit : ce livret, ce n'est pas bien !
Oui, mais est-ce qu'il y en a un, est-ce qu'il y en a un de livret citoyen ? Est-ce qu'il y en a un ?
Un quoi ? Eh bien, faites-le, c'est très bien.
Eh bien voilà. Mais monsieur Aphatie...
Mais pourquoi convoquer tous les préfets et plein de gens dans des réunions pour aboutir à ce qui paraît assez banal, Nadine Morano ?
Les préfets sont des organisateurs qui représentent l'Etat, qui sont garants justement de cette bonne organisation, de la tranquillité des débats. Et je crois qu'en terme de méthode, c'était extrêmement intéressant. Alors pour avoir participé à ces débats, je peux vous dire que oui, l'instruction civique est revenue à chaque fois et de manière très, très importante. Ce qui m'intéresse, vous savez, vous parlez souvent des sondages, ce qui m'intéresse dans les sondages, ce sont deux chiffres : 75% des Français pensent que ce débat sur l'identité nationale, c'est important et 65% d'entre eux pensent qu'il y a un affaiblissement de notre identité nationale. Alors oui, nous avons parlé immigration, oui nous avons parlé burqa, oui nous avons parlé de l'immigration et de l'intégration parce qu'il n'y a pas eu de mots tabous mais il y a eu simplement les valeurs de la république. C'est ça qui nous rassemble. Et ce débat, il était à cet égard extrêmement important.
Un peu d'Histoire ?
Alors tant pis pour ceux qui le critiquent.
Eh bien, ils sont nombreux, y compris dans votre camp, donc...
Mais pas les Français, monsieur Aphatie, mais pas les Français, pas nos concitoyens, pas ceux qui vivent en France.
Je ne comprends pas bien votre distinction. Ceux qui critiquent ne sont pas Français ?
Mais ceux qui critiquent, en général je vous le dis monsieur Aphatie, ce sont...
Les trois anciens Premiers ministres qui critiquent, ils sont français ou pas ?
Est-ce que vous êtes venu, vous-même, une seule fois à ces débats ?
Non !
Voilà, vous me l'avez dit vous -même.
Et ça change quoi ?
Monsieur Duhamel, êtes-vous venu une seule fois à une de ces réunions ?
Et ça change quoi ?
Etes-vous venu ?
Alain Duhamel : Et Internet, ça sert à quoi ? Vous connaissez ? C'est votre génération pourtant, ça !
Etes-vous venu ?
Brouhaha .... (Vincent Parizot : alors, Alain Duhamel qui s'en mêle ! ......)
Mais, sur Internet, il n'y avait rien ?
Ce sont des contributions.
Eh bien, on n'a pas besoin d'aller à Charmes pour regarder Internet. Ca existe, même à Paris.
Etes-vous allé participer à une réunion ? Non.
Ca, c'était la contribution...
Avez-vous regardé sur Internet ? Oui.
Et comme les socialistes, non. Voilà, comme tous les socialistes : non.
Excusez-moi ! Une précision, Nadine Morano !
Mais monsieur le maire de Charmes, il était socialiste.
Nadine Morano, une précision !
Oui, monsieur Aphatie.
Les trois anciens Premiers ministres de l'UMP sont bien français ?
Oui.
D'accord. Donc, ceux qui critiquent sont aussi français.
Non mais, mais moi la critique, mais la critique je trouve ça toujours constructif quand elle est constructive. Mais la critique pour la critique, pour dire : ça sera rien ; c'est banal, ça sert à rien non plus.
Une phrase historique puisqu'on aime l'Histoire dans ce débat sur l'identité nationale.
Oui, on aime l'histoire.
Clemenceau : "Si vous voulez enterrer un problème, créez une commission".Une commission va être créée sur l'identité nationale ?
Clemenceau a le droit de dire ce qu'il souhaite. Moi quand j'ai participé à des commissions parlementaires, ça n'a pas enterré des débats, ça a contribué à faire sortir des lois ; et je crois que cette méthode qui est d'abord d'aller débattre sur le terrain, ensuite de travailler avec l'ensemble des responsables politiques du gouvernement, c'est-à-dire un séminaire gouvernemental et de compléter ce dispositif par une commission d'intellectuels et d'historiens et de continuer à parler de la France avec nos concitoyens, c'est très important.
C'est vrai que Clemenceau avait la dent dure et des formules qui faisaient mouche.
Mais Clemenceau fait partie aussi de notre identité nationale, monsieur Aphatie.
Absolument.Donc, je rappelle sa phrase : "Si vous voulez enterrer un problème, créez une commission".
Mais c'est son analyse, ça n'est pas la mienne.
Je voudrais profiter... C'était parce qu'il est mort.
Oui, c'est son analyse, voilà, que vous citez.
Oui, je cite son analyse.Je voudrais profiter de votre présence. Secrétaire d'Etat à la Famille pour évoquer ce problème particulier des enseignants du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry qui à la suite de l'agression d'un lycéen, la semaine dernière, refuse aujourd'hui de reprendre le travail. Ils demandent des surveillants supplémentaires et le ministère ne veut pas leur accorder ce qu'ils leur demandent. Vous êtes de quel côté, vous, dans cette histoire ?
Moi je suis du côté du dialogue, et surtout je laisse la responsabilité à Luc Chatel puisque c'est lui qui traite ce dossier, c'est lui qui est en contact avec les protagonistes...
Vous comprenez les parents d'élèves qui demandent davantage de surveillants, davantage de moyens ; pour encadrer 1.500 élèves, il y a onze surveillants.
Attendez, je pense que Luc Chatel est le mieux à même de vous répondre sur cette question. Donc, je ne le ferais pas à sa place parce que je ne connais pas suffisamment l'avancée du dossier sur ce sujet ; mais je crois que l'Education Nationale, ça n'est pas qu'une question de moyens, c'est aussi une question de qualité.
J'ai une autre question sur l'Education. Luc Chatel toujours refuse que soit montré dans les écoles primaires, cette fois, un court métrage intitulé "le baiser de la lune" qui est une évocation de l'homosexualité. Des associations...
En CM2.
Oui, c'est ça.
Voilà.
Des associations, des éducateurs, des parents d'élèves regrettent la décision du ministre et vous, en tant que Secrétaire de la Famille, je voulais savoir de quel côté vous êtes ?
Non, moi je soutiens, je soutiens complètement Luc Chatel sur cette décision. Il y a des outils pédagogiques qui sont mis à disposition, d'ailleurs par l'Education nationale, au niveau du collège et du lycée. Au CM2, on en est qu'à la découverte de l'anatomie. Je crois que voilà, il faut procéder par étapes en termes d'éducation ; et Luc Chatel a raison sur ce sujet. Et pourtant dieu sait si je fais partie de ceux qui mènent des combats très forts contre l'homophobie.
Nadine Morano - et Alain Duhamel - était l'invité de RTL, ce matin (rires). Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

Nadine Morano sur RTL le 9 février 2010 / RTL
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