
Claude Guéant le 15 décembre 2009 sur RTL / RTL
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15 déc. 2009
Màj 10h05
15 déc. 2009
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Guéant.
Claude Guéant : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Avant de parler de l'Emprunt, peut-être un mot sur la grève du RER A ; puis, aujourd'hui, annonce-t-on même une grève sur le RER B. Il fait très froid, les usagers sont inquiets, que peuvent faire les pouvoirs publics face à cette situation, Claude Guéant ?
Les pouvoirs publics, évidemment, font tout pour favoriser le dénouement de cette grève. Des négociations ont lieu. Je crois qu'il faut que les organisations syndicales pensent aux usagers. Il y a dans ce pays beaucoup de moyens de négociations.
Et le service minimum qui fonctionne aux heures importantes, mais pas du tout aux heures creuses... ?
S'agissant du RER B, je pense qu'à peu près les deux tiers du trafic seront assurés compte tenu du mot d'ordre qui est donné par les organisations syndicales. Pour ce qui est du RER A, il y a la moitié du trafic qui est assuré aux heures de pointe.
Et aux heures creuses, pas grand chose ?
Et aux heures creuses, pas grand chose, c'est exact.
Ce qui n'est pas très satisfaisant ?
Mais c'est vrai que ce n'est pas satisfaisant. Je répète qu'il faut penser aux usagers, je dis aussi que le service minimum n'a jamais été conçu comme étant la fin de l'exercice du droit de grève qui est garanti par la Constitution.
Le Président de la République a annoncé, hier, les modalités de l'Emprunt qui sera lancé dans les prochains mois. "Le Grand Emprunt d'aujourd'hui, a dit François Hollande, ce sera le grand impôt de demain" ?
C'est vrai qu'un emprunt entraîne le paiement d'intérêts. Cela étant, un emprunt ça correspond à des investissements et des investissements, ça rapporte. Ca rapporte et ça rapporte de façon collective. Ce pays est en retard d'investissements considérables. En l'espace de trente ans, la part de l'investissement dans la dépense publique est passée de 12,5% à 7,5%. A chaque fois qu'il a fallu faire des choix budgétaires, les choix ont été faits au détriment de l'investissement au profit des dépenses courantes et la France prend du retard. Prenons l'université, par exemple, nous nous flattons de la qualité de nos universités ; il n'empêche que nous dépensons moitié moins que ce que les Etats-Unis dépensent en proportion de la population, bien sûr.
C'est un constat accablant pour ceux qui vous ont précédé au pouvoir !
C'est un constat effectivement qui est triste, attristé, parce que l'avenir c'est bien évidemment dans la recherche, c'est dans l'intelligence, dans la formation ; d'où les choix qui sont faits au travers de cet Emprunt, les choix d'investissements, d'où aussi, je le rappelle, Alain Duhamel soulignait la cohérence de cet Emprunt avec l'ensemble des politiques voulues par Nicolas Sarkozy ; d'où le choix qui a été fait dès 2007 d'augmenter très sensiblement les crédits de l'enseignement supérieur et de la recherche. Je rappelle que, chaque année, les crédits de l'enseignement supérieur augmentent d'un milliard. Il y a, en plus, le plan campus qui vise à rénover l'immobilier universitaire, à créer des lieux de vie, d'interdisciplinarité dans les universités. Ca fait 5 milliards de plus, ce qui fait 20 milliards de plus en cinq ans. C'est un choix, effectivement délibéré, très fort en faveur de la formation et de l'intelligence.
"Notre objectif, a dit hier le Président de la République, est très simple : nous voulons les meilleures universités du monde". C'est impossible ? Pourquoi est-ce qu'on dit des choses que l'on n'atteindra pas, qui ne se réaliseront pas, Claude Guéant ?
Mais écoutez, je vous trouve pessimiste, Jean-Michel Aphatie.
Nous n'aurons jamais les meilleures universités du monde, nous le savons tous !
Nous avons de merveilleux chercheurs, nous avons en proportion de notre population et de notre patrimoine universitaire nombre de Prix Nobel. En mathématiques, nous avons toujours des "médailles fields" où nous sommes vraiment le premier pays au monde. Il faut persévérer. Mais, mais, mais, mais...
Nous n'aurons jamais, Claude Guéant, les meilleures universités du monde !
Notre ambition, c'est d'être, d'avoir parmi les meilleures universités du monde. Et pourquoi, Jean-Michel Aphatie ? C'est parce qu'il y a un formidable problème d'organisation. Vous n'avez peut-être pas prêté suffisamment d'attention à une annonce du Président, hier, qui est celle de créer des instituts hospitalo-universitaires. Cela répond à une demande pressante des chercheurs en sciences de la vie et notamment des chercheurs hospitalo-universitaires. Il y a un problème d'organisation qui fait que notre recherche est éclatée, dispersée, que les choses ne sont pas coordonnées. Tout cela est aussi à l'œuvre. Précisément dans le domaine des sciences de la vie. Voici quelques mois, est intervenue une réforme considérable : celle de l'Inserm, derrière l'Inserm qui a constitué une alliance de tous les grands instituts de recherche : la recherche médicale est enfin organisée. Elle est plus productive, elle est plus efficace. C'est bien pour les malades, c'est bien aussi pour la qualité de notre recherche et puis, pour le classement de la France.
Donc, nous aurons bientôt les meilleures universités du monde, Claude Guéant ?
Eh bien, nous faisons tout pour être parmi les meilleures universités du monde.
A partir de quand, les déficits seront-ils réduits, Claude Guéant ?
Les déficits seront réduits , je le dis très clairement, dès lors que la croissance redémarrera.
Elle devrait redémarrer l'année prochaine...
Dans le déficit de la France, il y a plusieurs éléments. Il y a d'abord un élément conjoncturel. Le Président le disait, hier : habituellement d'une année sur l'autre, le gouvernement dispose d'une marge de manœuvre supplémentaire de l'ordre de 12 milliards d'euros. Cette année, compte tenu de la baisse de l'activité économique, et donc de la baisse des impôts, nous enregistrons 54 milliards de recettes de moins. Ca, c'est du déficit conjoncturel. Pour ce qui est du déficit structurel, la cinquantaine de milliards dont la France a l'habitude, nous le résorbons. J'indique que la dépense est tenue. Pour la première fois depuis sa création, l'Ondam, qui fixe la progression des dépenses de l'assurance maladie, a été respectée ; et à chaque fois qu'il y a une dépense supplémentaire, elle est gagée par une économie. La dépense publique est tenue.
Le conseiller spécial du Président, Henri Guaino, souhaitait un Emprunt "beaucoup plus vaste". On dit qu'il est de très mauvaise humeur. Il y a des articles de presse à ce sujet, la semaine dernière. Vous le confirmez, Claude Guéant ? Ca ne va pas très bien dans votre cabinet ?
Non, je ne confirme pas du tout, je voudrai dire des choses très claires. D'abord, Henri n'est pas du tout de mauvaise humeur.
Mais il n'est pas de bonne humeur, non plus !
Non. Dans notre équipe, il y a des gens qui sont différents et c'est vrai que des gens différents, des appréciations différentes et je crois que ce serait dramatique que le Président n'ait autour de lui que des gens qui pensent la même chose. Il a le droit de se forger une pensée. Il a besoin de faire des choix et ces choix sont éclairés par des opinions diverses.
Et les portes claquent, parfois ?
Pardon !
Et les portes claquent, parfois ?
Non, je n'ai pas entendu de portes qui claquaient. Excusez-moi, mais moi qui vis ça quotidiennement, je n'ai pas entendu de portes claquer.
La France, c'est une des informations donnée par RTL et quelques associations aussi qui le redoutent, devrait expulser, ce soir, des Afghans. C'est un charter qui serait organisé avec la Grande-Bretagne. Vous le confirmez, Claude Guéant ?
Ecoutez, je ne sais pas si c'est ce soir qu'il y aura des retours d'Afghans dans leur pays ; mais sur le principe, je remarque que le Royaume-Uni reconduit, chaque année, plus d'un millier d'Afghans dans leur pays...
Pas ce soir, mais dans la semaine, Claude Guéant ?
... Avec d'ailleurs, un accord avec la Commission européenne des droits de l'homme, je ne vois pas pourquoi la France ne le ferait pas.
Il y en aura dans la semaine, Claude Guéant ?
Il y en aura sans doute dans les jours qui viennent, oui.
Dans les jours qui viennent. Qu'a pensé le Président du "clip" des jeunes de l'UMP où on voit des ministres chanter ?
Le Président a trouvé ça inhabituel.
Ce qui veut dire ?
Ce qui veut dire que c'était à la fois, décontracté et surprenant.
Inhabituel : ça veut dire, il ne faudra pas le répéter ?
(Silence)
Claude Guéant, secrétaire Général de l'Elysée, était l'invité de RTL. Et je crois qu'il ne faudra pas le répéter...
Auteur : Jean-Michel Aphatie

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