Les feuilles de style semblent ne pas fonctionner sur votre installation, le site fonctionnera de manière dégradée.
Pour profiter pleinement de votre visite, veuillez activer les feuilles de style et/ou mettre à jour navigateur

Ecouter RTL en direct

RTL en direct

15:34 La Tête dans les étoiles

Laurent Boyer

Voir la grille des programmes RTL Ecouter RTL-L'EQUIPE, la radio du sport et de l'info Tous les podcasts RTL
Emission RTL Matin sur RTL

RTL info

16 juin 2009

Màj 10h03

Laurent Fabius : "Le Congrès de Versailles aura un air d'Ancien régime" (vidéo)

Le député socialiste de Seine-Maritime répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. L'ancien Premier ministre s'est prononcé contre un boycott par le PS du Congrès de Versailles, où doit s'exprimer le 22 juin Nicolas Sarkozy, même s'il a "un petit air d'Ancien régime", car "la politique de la chaise vide ne serait pas comprise".

en vidéo

Ecouter aussi :
- Les socialistes assisteront bien au Congrès de VersaillesLes socialistes assisteront bien au Congrès de Versailles
- Ségolène Royal appelle le PS au "sursaut" et à "une audace nouvelle" Ségolène Royal appelle le PS au "sursaut" et à "une audace nouvelle"

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Laurent Fabius.

Laurent Fabius : Bonjour.

Le Président de la République s'adressera, lundi, aux députés et aux sénateurs réunis en congrès à Versailles. Serez-vous présent, Laurent Fabius ?

Oui, oui, oui, oui tout à fait. Nous allons tout à l'heure, en groupe socialiste, décider de notre attitude. Mais ma position personnelle : je plaiderai pour que nous soyons présents, parce que je crois que dans cette circonstance, la politique de la chaise vide ne serait pas comprise. Cela dit, il y a un vrai problème. Il ne faut pas le dissimuler. D'abord, il y a quelque chose de ridicule dans le déroulement de cette séance. Vous savez que le matin, nous allons voter une réforme du congrès. Elle ira dix minutes après devant le Conseil constitutionnel et l'après midi, nous entendrons monsieur Sarkozy.

Le Conseil constitutionnel pourrait refuser la réforme, peut-être ? Vous n'y croyez pas ?

Oui, mais enfin... J'imagine qu'il y a des contacts qui sont pris avant.

D'accord.

Non, là où est le problème c'est que le Président de la République s'exprime devant le Congrès, moi personnellement, ça ne me choque pas. Ce qui me choque, en revanche, tout à fait, c'est que nous ne puissions pas répondre parce que le Parlement c'est quand même le dialogue. Or, là nous allons être pendant une heure comme des espèces de muets volontaires. Ca me fait penser, ça a un petit air d'Ancien régime. Et ce n'est pas ça une démocratie moderne. Une démocratie moderne - que le Président s'exprime, très bien, puisque maintenant c'est lui qui décide de tout ; mais que les parlementaires - opposition et m ajorité- puissent répondre, ça me paraît normal.

Il y aura un temps de réponse ; mais le Président de la République ne sera plus là. C'est ça ?

Oui, mais c'est ridicule !

D'accord.

Vous savez, je pense - tout respect dû à Louis XVI qui voulait faire enregistrer un Edit et qui disait (pourtant, c'était un homme débonnaire), "c'est légal parce que je le veux". Bon, là c'est un peu pareil. Le souverain va parler, nous serons muets, ensuite il s'en va et à ce moment-là, la basse-cour peut s'ébattre. Non, je pense qu'il faut. Alors il y a deux problèmes d'ailleurs. Il y a le problème devant le parlement et puis il y a le problème devant les médias. Et je pense que quoique le CSA n'ait rien décidé (il a tort !) parce qu'il est obligé de décider après une décision du Conseil d'Etat, il faudrait que lorsque le Président va s'exprimer ce qui va être largement repris sur les chaînes de télévision et de radio, il faudrait que les parlementaires puissent répondre. Voilà une démocratie moderne.

Nous essaierons, nous, d'organiser un temps de réponse sur RTL. En tout cas, votre position ce matin, Laurent Fabius, sur RTL, c'est : pas de boycott du Congrès ?

Y aller, mais avec des modalités telles qu'on comprendra que nous ne sommes pas du tout d'accord.

Le Premier ministre a indiqué que le Président de la République commencera à évoquer l'après-crise pour la France. Est-ce que c'est un signe d'optimisme ou : c'est un signe d'optimisme ? Est-ce que vous le partagez, Laurent Fabius ?

L'après-crise viendra mais aujourd'hui, elle n'est pas venue du tout. Là, je pense qu'il y a une erreur de diagnostic. Nous savons qu'à la rentrée de septembre, il va y avoir plusieurs centaines de milliers de chômeurs en plus. Nous savons malheureusement que la crise va se prolonger au moins jusqu'à la fin 2010 et jusqu'en 2011.

Mais des signes de reprise aux Etats-Unis, peut-être dans d'autres pays, des pays émergents, des grands pays... ?

Oui, mais c'est un peu la méthode Coué. Si on regarde les dernières prévisions du FMI, et il nous dit que nous aurons une montée du chômage jusqu'en 2011. Alors, en plus, cette erreur de diagnostic a des conséquences économiques négatives c'est que comme certains disent : après-crise, après-crise - ce que je souhaiterais mais ce que je ne crois pas -, du coup les prix des matières premières remontent, y compris les prix du pétrole, ce qui handicape la sortie de crise. Les taux d'intérêt risquent de remonter et donc cette erreur de diagnostic risque d'avoir des effets négatifs. Et en plus, alors qu'il faudrait soutenir une relance forte, notamment une relance verte, j'ai peur qu'on ne le fasse pas.

La branche vieillesse de la Sécurité sociale sera déficitaire de près de 8 milliards d'euros, cette année ; d'où l'idée de retarder, elle n'est pas nouvelle, mais enfin elle est remise au goût du jour, l'âge du départ à la retraite. Il n'y a pas de question tabou, a dit François Fillon, hier. Pour vous, l'âge légal du départ de la retraite est-il un tabou, Laurent Fabius ?

Il faut discuter de tout, c'est certain. Simplement, deux remarques.

Vous l'admettez ? Vous en convenez ?

Première remarque qui ne me surprend pas : c'est que ces sujets majeurs, le gouvernement a évité soigneusement d'en parler avant les élections. 8 jours après les élections, boum. C'est ce que nous avions prévu mais ça n'est pas pour autant que ce soit une bonne procédure.

Ca se passe souvent comme ça !

Oui, c'est dommage. Sur le fond, je pense que toutes les questions sont ouvertes, y compris bien sûr les questions de retraite qui sont des questions très sérieuses. Mais pour la question de la retraite, on ne peut pas aborder ce sujet sans commencer par la question de la pénibilité. Ca paraît une évidence. Il ne faut pas avoir une vision, si vous voulez, homogène.

Et puis une deuxième observation : j'ai lu que, paraît-il, le gouvernement voulait augmenter l'âge de la retraite : 65-67 ans. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? On met les gens à la porte dans les entreprises en moyenne à 58 ans. Donc, si on dit : on passe à 65-67 ans, ça veut dire simplement que les gens n'auront pas leurs cotisations pleines. C'est ça que ça veut dire. Donc, moi je suis tout à fait pour ouvrir la discussion sur tous les problèmes sociaux, sérieusement.  Mais en ce qui concerne la retraite, d'abord la question de la pénibilité et de l'individualisation et pas comme ça, le couperet.

François Fillon a dit : il n'y a pas de projet du gouvernement. François Fillon a dit : il n'y a pas de question tabou et je souhaite un débat national ; donc sur la formulation, vous êtes à peu près d'accord, Laurent Fabius ?

Mais pas sur le contenu.

Pas sur le contenu ; mais ça, c'est la nature même du débat qui dira quels sont les contenus des uns et des autres.

Bien sûr. Bien sûr.

"Le Parisien-Aujourd'hui" : neuf pages sur Daniel Cohn Bendit - et à l'intérieur, ceci...

Neuf seulement !...

Oui. "Ceci, écrit le journal, pour beaucoup c'est devenu l'opposant numéro un, Daniel Cohn-Bendit".

Il a obtenu un bon score, enfin le troisième score aux élections européennes.

Il y a un effet Daniel Cohn-Bendit, tout de même.

Si vous voulez, bien qu'étant un héros de Mai 68, il apparaît nouveau ; ce qui prouve qu'il y a de l'espoir pour ceux qui déjà étaient adultes à cette époque. Mais sur le fond...

Vous parlez pour vous, là !   

Moi je ne peux parler pour le Parti écologiste, je peux parler pour le Parti socialiste. J'en dirais si vous voulez bien deux mots. Je vois qu'il y a un grand débat, un grand trouble et une vraie interrogation. Moi je pense qu'il faut que les réponses soient simples.
- 2009 (cette année) : le projet, le projet, le projet. Il faut partout qu'il y ait des discussions, des débats complètement ouverts sur : quel doit être notre projet ? 2009.
- 2010 : à la fois les alliances pour les Régionales, et les alliances très vastes pour les futures grandes élections avec l'ensemble de la Gauche et les Ecologistes.
- 2011 : la désignation de notre candidat. Voilà la feuille de route.
Et on a un énorme travail à faire.

Deux questions rapides : des primaires pour désigner les candidats élargis à d'autres qu'aux militants socialistes ?

Le moment venu, il y aura sûrement des primaires. Simplement, il ne faut pas simplement se poser la question : qu'est-ce qui votera ? Mais se poser deux autres questions fondamentales. D'abord, comment on sélectionnera ? C'est-à-dire quelles seront les épreuves entre guillemets pour sélectionner. Et puis, surtout, la question : pour quel projet ? Ce n'est pas une affaire uniquement individuelle.

Vous êtes sur la liste des possibles prétendants, Laurent Fabius ?

Ah vous savez, cette liste, elle s'allonge tous les jours. Je ferais une remarque qui est une...

Vous avez failli répondre "oui" ?

Oui, mais... Ce que je vais vous dire vaut réponse. Il ne s'agit pas lorsqu'on se met en avant pour des primaires, simplement de se mettre en avant, il s'agit de penser qu'on peut exercer la charge de Président de la République.

Et vous le pensez ? pour vous ?

Il faut que les gens qui se présentent aient cette idée-là dans la tête !

Et vous l'avez ?

(silence) La question n'est pas actuelle.

Ah, ah... C'est difficile d'obtenir les réponses.

Non, mais je vous ai dit : 2011, Jean-Michel Aphatie !

On se reverra en 2011.

Même avant, même avant.

Laurent Fabius, qui sera à Versailles lundi, était l'invité de RTL. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

RTL info - Laurent Fabius

Laurent Fabius / RTL

endopub

videos

Toutes les vidéos RTL

Eric Zemmour, Jean-Michel Aphatie, Tanguy Pastureau, Eugène Saccomano, Bixente Lizarazu, Michael Bublé, Anna Gavalda, ils sont tous en vidéos sur vidéos.rtl.fr

Témoins d'actu

Témoins d'actu RTL

Vous étiez au bon endroit, au bon moment ? Témoignez de l'actualité sur RTL.fr...
Partagez et vendez vos images d'actualité sur témoins.rtl.fr !

RTL Conso

RTL Conso

Découvrez RTL Conso, le nouveau site dédié à la consommation avec Julien Courbet et son équipe !

onrefaitlescourses

On refait les Courses

Les pronostics de nos experts hippiques et résultats des courses en temps réel sur onrefaitlescourses.rtl.fr !