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Christophe Pacaud

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28 janv. 2009

Màj 09 févr. 2009 12h05

Jean-François Copé, sur la grève : "Demain, on va s'en apercevoir !"

Le patron des députés UMP à l'Assemblée nationale répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Jean-François Copé est revenu sur la motion de censure présentée par les députés socialistes à l'Assemblée nationale rejetée par la majorité : "J'entends beaucoup d'inquiétude (de la part des Français) et comment d'ailleurs imaginer les choses autrement. Nous sommes en train d'affronter une crise extrêmement grave et pour laquelle notre Président ne ménage pas sa peine. [...] Notre travail est de prendre des décisions urgentes." Il a également parlé de la grève nationale du jeudi 29 janvier, en réponse à la phrase de Nicolas Sarkozy "Quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit" : "Demain, on va s'en apercevoir !

Voir la vidéo de l'entretienJean-François Copé invité de RTL (28/01/09)

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.

Jean-François Copé : Bonjour.

Alain Duhamel vient de parler de la motion de censure contre le gouvernement, présentée par le Parti socialiste et qui a été repoussée, hier, sans surprise à l'Assemblée nationale. En présentant cette motion de censure, Jean-Marc Ayrault, président des députés socialistes, a dit ceci ou plutôt il vous a questionné : "Entendez-vous la colère qui monte dans le pays ?" Entendez-vous cette colère, Jean-François Copé ?

J'entends beaucoup de choses. J'entends, certes, les inquiétudes. Bien sûr, la colère il y en a.

Il y a de la colère ?

Je vous dis les choses telles que je les entends aussi. Après tout, chacun sa part de vérité. J'entends beaucoup d'inquiétudes et comment d'ailleurs, imaginer les choses autrement ! Nous sommes en train d'affronter une crise extrêmement grave qui, d'ailleurs, dépasse la superficie de  notre seul pays, vous l'avez bien compris, et pour lequel le moins qu'on puisse dire, c'est que depuis septembre, on a un Président de la République qui ne ménage pas sa peine (de très nombreuses décisions ont été prises) rejoint d'ailleurs par de très nombreux autres pays. Je le dis parce qu'on n'a pas été suiveur sur cette affaire mais en initiative, vous l'avez bien vu. Enfin, comment ne pas imaginer en même temps, des Français qui par rapport à ça, sont inquiets. Je le vois dans ma circonscription.

Qu'est-ce qui domine : la colère ou l'inquiétude, d'après vous ?

Ah vous savez, je crois que le match... On n'est pas là pour faire le match. Evidemment qu'il y a des gens qui sont en colère parce qu'ils pensent que leur pouvoir d'achat devrait continuer de pouvoir augmenter, parce qu'en même temps tout ça, je le dis, est dominé par l'inquiétude, l'incertitude de l'avenir. Et donc nous, notre travail dans cette affaire-là, c'est de continuer inlassablement à prendre un certain nombre de décisions urgentes et c'est ce qu'on fait tous les jours. Et quant à Ayrault, il fait son boulot : il critique.

Demain, jeudi 29 janvier, énorme grève. Beaucoup de blocages, sans doute beaucoup de désagréments pour les Français...

Ca, c'est sûr !

Le 5 juillet dernier devant le conseil national de l'UMP - vous participiez à cette réunion, Jean-François Copé -, le Président de la République a dit ceci :  "Désormais quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit".

Hum !

Alors ?

Si demain, ça on va s'en apercevoir. Ca, je suis obligé de vous le dire. Demain, on va s'en apercevoir parce qu'effectivement...

Quand le Président de la République dit ça... C'est inutile, c'est provocant ?

Enfin, je trouve la technique alors... Je ne sais pas si c'est de bonne foi.

La technique, la nôtre là ?

Mais la technique aussi, c'est sortir la phrase comme ça. D'ailleurs, vous ne faites pas ça tous les jours. Donc, c'est que là vous aviez bien travaillé l'émission. Mais enfin, il ne faut quand même charrier ! Ce n'est pas comme ça ça marche. On peut tous sortir des bouts de discours. On peut même sortir des bouts de discussions privées, on se fait tous plaisir. La vérité, c'est quoi ?

Il n'y a pas de contexte là. Il l'a dit comme ça. Il l'a dit : "Quand il y a une grève, on ne s'en rend pas compte".

Moi, enfin... J'y étais... Comme vous peut-être... Donc je vous dis : c'est vrai que depuis le début du quinquennat, on a lancé des réformes très difficiles, je pense aux régimes spéciaux et que là on nous prédisait des mois et des mois de grève, il n'y a pas eu des mois et des mois de grève. Donc, il faut quand même ! Là, il s'agit d'une journée. On va s'en apercevoir pendant la journée effectivement.

Et après, ça sera fini ! C'est ça que vous voulez dire ?

Mais non ! Ecoutez, ce n'est pas ça le sujet. Encore une fois, qu'est-ce que je veux dire ? Je veux simplement vous dire que ces grèves génèrent chez nos concitoyens deux types de sentiment, on le voit bien  moi qui suis élu d'une ville de banlieue à Meaux, beaucoup de mes administrés vont travailler à Paris. Ca génère quoi ?

Il y a à la fois une irritation très forte pour ceux qui veulent bosser et en même temps une espèce de fatalisme dont ce serait bien qu'on sorte. Voilà. Cette idée qu'en France, beaucoup plus que dans d'autres pays, l'expression, c'est d'abord : des journées de grève où on fait un "black out" complet sur le pays. C'est vrai qu'il y a des moments où on se dit : est-ce qu'on ne peut pas faire autrement pour exprimer ses interrogations, ses inquiétudes.

Enfin je veux dire, en plus, on ne peut pas dire : il y a une tradition de dialogue social en France qui est très forte, beaucoup plus forte qu'ailleurs. Donc, c'est vrai, alors on a fait la loi sur le Service minimum. On en a vue les avantages, on en voit aussi les limites quand on voit des Syndicalistes tellement créatifs qu'ils ont compris qu'ils n'étaient pas retenus sur leur salaire à moins de 59 minutes. Donc, il faut des débrayages de 59 minutes. Moi ce que j'ai souhaité c'est qu'on évalue les résultats de la loi sur le Service minimum et donc actuellement, moi j'ai un de mes amis députés, Jacques Kosovsky, qui travaille sur l'évaluation de cette loi.

Est-ce qu'il faut écouter et entendre ceux qui vont défiler demain et qui veulent que pour le pouvoir d'achat, il soit fait quelque chose. Est-ce qu'il faut les entendre, Jean-François Copé ?

Evidemment qu'il faut entendre ! Ca n'existe pas de considérer comme ça qu'une journée de grève complète, on ne doit pas regarder ce qui se passe. La seule chose que je dis : c'est qu'en même temps, le boulot qui est le nôtre, c'est pas simplement de dire : vous voulez plus de revenus, on va vous donner plus de revenus parce que ce n'est plus comme ça que ça marche.

Mais il faut en donner un peu ? Il faut augmenter un peu le Smic ? Il faut essayer de faire quelque chose...

Je crois qu'aujourd'hui, la priorité c'est que si on veut obtenir le pouvoir d'achat et l'emploi, il faut aider nos entreprises. Et quand je dis : aider nos entreprises, il ne s'agit pas de verser des subventions. C'est complètement idiot. Personne ne pense à ça. Il s'agit de créer des conditions pour que ces entreprises puissent rester en France. Donc, c'est ça notre défi. Je pense qu'il ne faut pas prendre les choses à l'envers.

C'est pour ça que j'ai été très critique sur les propositions du PS. J'étais content qu'ils en fassent. Ils en font jamais. Mais j'étais critique sur le fond...

Si vous aviez été d'accord, on se serait inquiétés aussi !

... Ne dites pas ça, parce qu'il y a des fois, où on arrive - en tout cas, je pense que le sectarisme étant la forme la plus aboutie de la bêtise humaine - quand on peut être d'accord, c'est quand même mieux que quand on ne l'est pas. Mais préconiser comme les socialistes l'avaient fait sous Mitterrand d'accroître par des primes en tous genres les pouvoirs d'achat des Français, c'est une fois et ça coûte très cher au pays d'autant que la plupart du temps ça vient pour consommer des produits étrangers.

Vous étiez, hier soir, Jean-François Copé, à Matignon, il s'agissait de discuter de la redevance télévision. Le Premier ministre semble avoir donné raison aux sénateurs de l'UMP. Ce qui fait qu'au 1er janvier 2010, la redevance devrait passer de 116 à 120 euros, soit une hausse de 2 euros supérieure à l'indexation sur l'inflation. Est-ce ainsi que les choses se sont passées, hier soir, Jean-François Copé ?

Non, non pas tout à fait.

Alors, corrigez ! C'est dans les dépêches de ce matin.

Non, non. C'est pas tout à fait dans les dépêches de ce matin. C'est un peu plus précis.

Si, si, c'est exactement dans les dépêches de ce matin.

Non, mais... D'accord. Peut-être, soyons bien précis. Moi, j'ai toujours dit qu'il n'était pas  question dans notre esprit à nous, députés, d'augmenter la redevance. Ce que nous avons dit, c'était l'accord depuis le départ, c'est que l'on indexe sur l'inflation la redevance. C'est-à-dire...

Sur l'année 2009.

Non, non, tous les ans. On rétablit l'indexation parce que si vous n'indexez pas, elle recule la redevance.

Année après année ?

Année après année. Ce sur quoi nous sommes tombés d'accord avec les syndicats qui proposaient d'aller non pas à 120 car ça, c'était l'indexation mais à 122, puis au-delà. Donc, nous avons dit : non, nous sommes à l'indexation 2008, 2009 et 2010. Donc, pour moi, les choses sont parfaitement claires et donc, je vous le dis très simplement. Et j'en avais fait un engagement personnel. Comme vous pouvez l'imaginer, j'étais assez accroc à ce que ce soit tenu parce qu'effectivement, nous avons trouvé d'autres ressources et que ça ne peut pas être les ménages qui dans cette période de crise, paient une augmentation de la redevance. Donc, c'est une indexation et je vous le confirme, ça n'est qu'une indexation.

Là dans les chiffres, on n'y comprend plus rien. Donc, on va arrêter là. Mais enfin !

Ah bien non, attendez c'est très simple... Mais non, ça fait 116, ça passe à 118...

Non, ça passe à 120.

118, c'est l'année de 2009. Et 120, en 2010. Donc, 2 euros... Ces deux euros correspondent à l'inflation. Si d'ailleurs, l'inflation est moins forte, ça fera moins de 120.

A la surprise générale, vous avez dit, samedi, qu'éventuellement 2012 on pourrait regarder si la télévision publique ne pourrait pas garder un bout de pub sur la journée. Vous avez fait tout ça pour ça ?

Ah ne dites pas ça, c'est fantastique ce qui est en train de se passer à la télé publique !

Non, mais il peut encore y avoir de la publicité sur la télévision publique en 2012 ?

Attendez ! Attendez ! Attendez ! Ne dites pas "tout ça pour ça !" Attendez, je vais vous répondre ; mais juste, ne dites pas "tout ça pour ça", c'est très réducteur. Attendez, la réforme qu'on a faite, c'est un changement complet des habitudes des téléspectateurs dans leur soirée télé à la télé publique.

Mais il pourrait y avoir encore...

Attendez ! Ce que je dis simplement, c'est que nous avons prévu une clause de rendez-vous en 2011 et qu'à l'occasion de cette clause de rendez-vous, on évaluera. Moi, vous savez, je crois beaucoup à regarder quand on fait des lois, comme on en fait tellement, et certaines qui ne marchent pas, qu'on regarde comment ça marche. Celle-là, je suis sûr qu'elle marche très bien. Je vois le succès du public. Je dis juste qu'on évaluera, que si en 2011, il y a plusieurs options : pour la journée, pas pour la soirée, on verra : soit on la garde, soit on augmente la taxe. On verra bien. Donc, on a le droit d'être pragmatique. A RTL, on est pragmatique ? Eh bien, en politique, on le devient aussi. Génial, non !

Quel est votre cadeau pour l'anniversaire, Jean-François Copé ?

Comment ? L'anniversaire de quoi ?

Du Président.

Ah pardon, excusez-moi !

Jean-François Copé, qui ne pense pas à tout, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

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