Christian Mahieux, le 16 janvier 2009 à RTL / RTL
RTL info
16 janv. 2009
Màj 09 févr. 2009 12h07
16 janv. 2009
Regardez la vidéo de l'entretien![]()
A écouter aussi : Nicolas Sarkozy "flingue" le syndicat Sud-Rail![]()
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Christian Mahieux.
Christian Mahieux : Bonjour.
C'est donc votre syndicat, Sud-Rail, qui a provoqué un arrêt total des trains, mardi matin, gare saint Lazare à Paris, entraînant la fermeture de la gare et bloquant ainsi les quelque 400.000 personnes qui passent par là, chaque jour. Hier, le Président de la République a déclaré que Sud-Rail était une "organisation irresponsable" - je le cite - "qui se moque de son outil de travail, de la déontologie du service public" et qui porte, a-t-il dit, "gravement atteinte à l'image d'une entreprise exceptionnelle", c'est-à-dire la SNCF.
Que lui répondez-vous, Christian Mahieux ?
Ecoutez, je pense qu'il faut déjà savoir de quoi on cause, si on parle de la situation de mardi à la gare Saint-Lazare, ce n'est pas Sud-Rail qui a fermé la gare, c'est pas les grévistes qui ont fermé la gare, c'est la direction SNCF qui a décidé de fermer la gare, c'est de sa responsabilité.
C'était une erreur, d'après vous, parce que Guillaume Pépy expliquait que c'était des problèmes de sécurité ?...
C'est dû à une situation créée par un mouvement de grève qui durait depuis effectivement plus d'un mois, ça c'est aussi la responsabilité de la SNCF puisque la grève a débuté le 15 décembre et qu'on était le 15 janvier, et que je rappelle que les camarades de Sud-Rail sur le Paris Saint-Lazare, avaient préavisé de ce mouvement de grève dès le mois de novembre. Donc, il y a effectivement une conjonction de faits qui a abouti à une situation très compliquée à la gare Saint-Lazare...
C'était une erreur de fermer la gare ?
... Mardi. C'est de la responsabilité de la direction de la SNCF. Je pense effectivement qu'au vu de la situation qu'il y avait, mardi, c'était de toute façon très compliqué de laisser la gare ouverte probablement. La direction de la SNCF a pris ses responsabilités mais je pense qu'il y a strictement aucun rapport entre la situation de mardi à la gare Saint-Lazare et la remise en cause du droit de grève que manifestement annonce le Président de la République.
Quand vous décidez, mardi matin, de stopper les trains, vous ne le faites pas, enfin du moins si vous l'aviez fait, vous le diriez, ce serait une information, en relation avec le conflit qui durait depuis un mois, gare saint Lazare ; mais vous l'avez fait parce qu'un conducteur avait été agressé lundi dernier. Il n'y a pas de lien entre les choses ?
C'est bien ce que je disais : il y a une conjonction de deux situations entre effectivement la grève qui durait depuis un mois ; et par ailleurs, l'exercice du droit de retrait exercé par les cheminots de la gare saint lazare, suite à l'agression d'un conducteur la veille au soir. Deux choses différentes. Effectivement, la conjonction a rendu la situation très compliquée mais en aucun cas, ça n'a aucun rapport avec ce qu'en tirent aujourd'hui le Président de la République et un certain nombre d'hommes et de femmes politiques sur la remise en cause du droit de grève qui est un droit constitutionnel pour lequel on se bat. Je rappelle que le droit de grève a été déjà restreint par une loi au mois d'août 2007, notamment dans les transports publics de voyageurs, que c'est dans le cadre de cette loi restreinte que se situait le mouvement de grève des conducteurs de Paris Saint-Lazare.
C'était une grève totalement légale ; donc qui a strictement aucun rapport avec les propos particulièrement durs et je pense, à mon avis, y compris calomnieux parce qu'on parle de syndicat irresponsable, le propos n'est pas que Nicolas Sarkozy à titre individuel considère Sud-Rail comme irresponsable, ce n'est pas tellement le souci. Ce qu'on peut penser l'un et l'autre, je pense a peu d'importance à titre individuel mais c'est que ça vise quand même les milliers de cheminots et de cheminotes qui sont adhérents à Sud-Rail, les dizaines de milliers de cheminots, de cheminotes qui votent pour Sud-Rail, qui est la deuxième organisation syndicale à la SNCF. Et c'est ça qui est particulièrement grave.
Personne ne dit que cette grève est illégale, Christian Mahieux. Personne. Simplement, on pense que la notion de service public implique aussi la continuité du service. Vous, vous n'hésitez pas à bloquer tout. En fait, ça vous est totalement égal ?
Non. Alors, c'est deux choses différentes.
1. - Ca nous est pas complètement égal.
Et 2. - Je le redis et on l'assume totalement en tant que syndicat, la question de la continuité du service public, effectivement quand il y a grève, eh bien il n'y a pas continuité du service public. Voilà. On pense, nous, effectivement...
Donc, c'est pas un service public, alors ! Comme une entreprise ordinaire !
... que, y compris dans les services publics, ça serait vraiment très bien que dans les entreprises, comme vous dites ordinaire, donc je pense qu'il faut comprendre les entreprises de droit privé qui ne sont pas des services publics ou de la Fonction publique, ça serait vraiment très bien qu'effectivement le droit de grève...
Quelle est la singularité du service public si ce n'est pas la continuité du service, Christian Mahieux ?
... On demande, nous, qu'effectivement le droit de grève réel dans les entreprises privées, ça simplifierait bien des choses et ça ferait effectivement peut-être moins de grèves, y compris dans les entreprises de service public.
Quelle est, selon vous Christian Mahieux, la singularité du service public si la continuité du service n'est pas assurée ?
Je pense que la continuité du service public et la singularité du service public, ça ne juge pas uniquement sur les jours de grève qui sont, je le rappelle, même si c'est un évènement chaque fois...
Non, je parlais de la continuité du service.
... C'est pas simplement sur les jours de grève, c'est tout au long de l'année. C'est d'ailleurs ce que mette en avant un certain nombre d'associations d'usagers, vous le savez. Nous, on travaille depuis des années maintenant avec la fédération des usagers des transports des Services Publics et les communiqués de cette association-là qui est d'ailleurs relativement implantée sur la banlieue de Saint-Lazare, fait bien évidemment état des désagréments, les jours de grève, mais rappelle que c'est tout au long de l'année que les conditions de transport sont absolument catastrophiques notamment sur la banlieue parisienne.
Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a présenté des excuses aux usagers. En présentez-vous, Christian Mahieux ?
Ah non, mais nous on n'a pas à présenter des excuses pour la décision de la direction de la SNCF d'avoir fermé la gare mardi. On ne présentera pas d'excuses non plus pour la décision des grévistes de Saint-Lazare que nous assumons totalement au niveau de la fédération Sud-Rail, et ce n'est peut-être pas le cas effectivement d'autres fédérations syndicales, mais nous, nous assumons totalement le mouvement de grève des camarades de Saint-Lazare. Par contre, nous sommes toujours partants, évidemment, pour un travail commun avec les usagers et les associations d'usagers tout au long de l'année.
Votre image auprès du public, l'image de Sud-Rail, vous vous en moquez totalement ?
Non, non pas du tout. Enfin, s'il y a une question d'image, si c'est au niveau marketing, oui totalement. Si c'est une question d'image en termes de position syndicale, on ne s'en moque pas totalement, on pense effectivement qu'on fait du syndicalisme lorsqu'on soutient aussi les camarades qui sont en grève et qu'on fait du syndicalisme tout au long de l'année avec plein de choses qui ne se voient pas et où on n'a pas besoin effectivement de passer dans les médias et où le Président de la République ne donne pas son avis sur l'activité quotidienne des militants-des militants des syndicats Sud et solidaires.
Beaucoup de gens ont découvert à l'occasion de ce conflit gare Saint-Lazare, qui dure depuis un mois, vous l'avez dit, la pratique de Sud-Rail, c'est-à-dire une grève quotidienne de 59 minutes ; ça désorganise le service et ça n'entraine qu'une faible retenue de salaire ; et on se dit : c'est pas très courageux une grève de 59 minutes et c'est facile ?
Maintenant, si on pense que pour faciliter les choses pour les usagers, il faut demander aux cheminots et aux cheminotes puisque là on parle de la SNCF, de faire grève 24 heures de grève au lieu de faire une heure de grève, moi je veux bien ; mais enfin franchement, on est quand même dans l'irrationnalité...
Reconnaissez ...On a le beurre et l'argent du beurre !
... Parce que si on fait des grèves trop longues, ça ne va pas ; si on fait des grèves d'une heure, ça ne va pas. Il faut finalement les faire sur la journée. Enfin franchement, le vrai problème c'est qu'il y a un certain nombre de gens dans ce pays qui pensent qu'il ne faudrait plus faire de grèves. Mais ça, effectivement, nous...
Non, non, c'est pas ça. C'est 59 minutes, voilà c'est un peu facile, quoi ! On a un peu tout à la fois, c'est-à-dire on a le salaire de la journée et puis, on a...
On n'a pas le salaire de la journée. Quand on a 59 minutes, on a une heure de retenue contrairement à ce qui est dit.
... Et on a paralysé le service !
Quand on a 59 minutes de grève à la SNCF comme dans les autres services publics d'ailleurs, on a une heure de retenue sur sa feuille de paie pour le travail qui n'a pas été fait pendant 59 minutes.
Du coup, le président de la SNCF et puis, ce matin, dans "Le Parisien", le député UMP Hervé Mariton qui est rapporteur du budget des transports, disent : "Il faut remettre la loi sur le service minimum en chantier".
Sans doute que les députés ont encore une fois plein d'idées sur le travail que font les autres. Je rappelle que cette loi (mais l'exemple serait valable sur plein d'autres lois) cette loi qui restreint le droit de grève, elle a été votée au mois d'août 2007 par 52 députés qui étaient réunis dans l'Assemblée nationale qui ont voté pour, 22 qui ont voté contre sur 577 députés. Donc, je ne sais pas quelle retenue a été faite effectivement sur le salaire des députés à cette occasion ; mais je pense qu'ils ont loupé un peu plus de 59 minutes !
Pas de légitimité pour cette loi, selon vous ?
Ah la légitimité de 52 députés sur 577, elle est sûrement réelle puisque la loi est passée. Donc, la légitimité je crois que c'est la loi. C'est ça, c'est comme ça que ça marche.
Oui, c'est ça. D'accord. Quand on est président de la SNCF ou Président de la République et que Sud-Rail dans un de ses tracts que j'ai lus, "on pratique tout simplement la lutte des classes". Ce n'est pas un peu daté comme langage ?
Mais nous, on l'assume en tant que syndicat. On dit simplement que ça serait bien que les patrons, y compris ceux de la SNCF ou le Président de la République d'ailleurs, l'assument totalement. On est en plein là-dedans. Les interventions du président Pépy ou du Président Sarkozy se situent tout à fait sur ce terrain-là. Il s'agit effectivement de s'affronter à un type de syndicalisme qui est celui incarné notamment par Sud-Rail, qui n'est pas celui pratiqué simplement d'ailleurs par les équipes Sud Rail. Ca se retrouve dans un certain nombre d'autres organisations syndicales, peut-être moins soutenues par leur fédération.
Une curiosité vous concernant, Christian Mahieux, vous êtes donc dirigeant de Sud-Rail ? Vous êtes membre du nouveau Parti d'Olivier Besancenot ?
Ah non pas du tout, non.
D'accord parce qu'on dit qu'il y a de la proximité entre votre organisation et la Ligue Communiste Révolutionnaire. Donc... Voilà.
Ah oui ! Des fois, on dit des choses pas vraies non plus.
Voilà. Oui, c'est ça. On ne dit pas toujours des choses vraies mais on les vérifie. Voilà donc. On le faisait, ce matin au micro RTL. Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud-Rail, était l'invité d'RTL. Bonne journée.
Auteur : Jean-Michel Aphatie
Christian Mahieux, le 16 janvier 2009 à RTL / RTL
03/02/2010 - 10h35
16/03/2009 - 08h12
Eric Zemmour, Jean-Michel Aphatie, Tanguy Pastureau, Eugène Saccomano, Bixente Lizarazu, Michael Bublé, Anna Gavalda, ils sont tous en vidéos sur vidéos.rtl.fr
Vous étiez au bon endroit, au bon moment ? Témoignez de l'actualité sur RTL.fr...
Partagez et vendez vos images d'actualité sur témoins.rtl.fr !
Toute l'astrologie sur RTL avec Christine Haas : découvrez ses prédictions, horoscopes, tarots, numérologie et compatibilités.
Les pronostics de nos experts hippiques et résultats des courses en temps réel sur onrefaitlescourses.rtl.fr !