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Christophe Pacaud

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L'invité de RTL

21 nov. 2008

Màj 09h59

Vincent Peillon : "La dynamique Royal ira jusqu'au bout"

Ségolène Royal ayant "raté son train" de retour pour Paris la veille au soir, c'est son fidèle lieutenant qui a répondu vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie dans le studio de RTL. Il s'est dit convaincu d'une dynamique qui irait "jusqu'au bout" et permettra à la présidente de Poitou-Charentes d'être élue à la tête du PS.

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Jean-Michel Aphatie

21 nov. 2008

L'eurodéputé socialiste est "l'invité de RTL"

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Vincent Peillon.

Vincent Peillon : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

RTL a toujours construit ses relations avec les responsables politiques sur des bases professionnelles. Mercredi dernier, Ségolène Royal a pris l'engagement d'être présente sur l'antenne ce matin pour commenter les résultats du scrutin interne au Parti socialiste. Elle a finalement choisi de ne pas honorer cet engagement. Cette attitude n'est pas professionnelle ; et elle constitue un préjudice à l'encontre d'RTL et de ses auditeurs.

Ce soir, elle affrontera Martine Aubry dans le dernier round de cet interminable Congrès du Parti socialiste. Le scrutin s'annonce sans doute très serré. N'est-ce pas le pire des scénarios pour le Parti socialiste, Vincent Peillon ?


Ecoutez, c'est la démocratie qui a décidé cela. Je ne crois pas. Je pense que ça fait très longtemps que le Parti socialiste français doit opérer sa mutation. Elle est extrêmement difficile. Il est en retard par rapport aux autres partis socialistes européens. Il vit des difficultés électorales profondes. Vous commentez, les uns après les autres, sa difficulté à choisir une ligne idéologique claire. Donc, il est assez normal quand on voit la résistance qui existe et qui se met encore en place, aujourd'hui, autour de Martine Aubry à ce que ce scrutin soit inséré. J'espère surtout qu'il nous donnera les moyens, ce soir, de faire ce changement nécessaire.

Mais c'est un parti divisé, un parti où les différents responsables ont des relations personnelles qui sont très mauvaises.

Incontestablement. Il ne faut pas faire de langue de bois. Cette semaine, il y a eu, je trouve, quelques dérapages dans les expressions des uns et des autres. Les comportements n'ont pas toujours été d'une très grande limpidité y compris dans ce qui avait été dit aux militants. Cela étant, notre parti sait se rassembler quand il le faut ; et je crois qu'en même temps, et en particulier, le vote de ce soir entre deux femmes qui sont toutes les deux d'une grand valeur, fait honneur à ce parti comme la mobilisation des militants qui a été importante, hier soir ; et moi, je les en remercie.

A propos des arguments échangés, Lionel Jospin a voté, hier, dans le XVIIIe arrondissement pour Martine Aubry. Ségolène Royal fait de la rénovation l'argument principal ; et Lionel Jospin après son vote a dit ceci : "Dans le socialisme, les néos, ceux qui ont été contre le vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de très bons souvenirs". L'AFP précise la pensée de Lionel Jospin. "C'est une allusion, dit l'AFP, aux néo-socialistes des années 30 dont certaines derrière Marcel Déat, optèrent pendant l'Occupation pour la collaboration totale avec l'Allemagne nazie". Vous voyez où on en est au Parti socialiste quand on parle des uns et des autres ?

Si cela est vrai (j'ai beaucoup d'amitié pour Lionel Jospin, chacun le sait), ce n'est pas à son honneur. Donc, je préfère croire que cela n'est pas vrai et j'ai constaté que dans le XVIIIe arrondissement et y compris dans la section de Bertrand Delanoë, c'est Ségolène Royal qui était arrivée en tête. Je pense que ce genre d'arguments, mais vous savez à commenter les choses qui sont reprises (je n'ai pas eu Lionel Jospin au téléphone, je n'ai pas eu de discussions avec lui) mais effectivement, ça n'est pas - si cela est vrai -  une bonne chose.

Ce soir, vous envisagez, bien sûr, la victoire pour Ségolène Royal ?

Ecoutez ce que j'ai constaté et qui a été d'ailleurs, je trouve, fort bien dit par Alain Duhamel, et il faut rappeler les choses quand même. Toute la semaine après l'appel de Bertrand Delanoë, on nous avait dit que Ségolène Royal serait en très grande difficulté puisque l'arithmétique 25 + 24, ça faisait 49... Et non pas, comme on le voit, ce matin, 34. Bon !

A nouveau, avec l'appel de Benoît Hamon, dans les mêmes termes d'ailleurs que celui de Bertrand Delanoë, on voudrait nous faire croire que les choses sont très difficiles. Alors, admettons qu'elles sont très difficiles mais moi, je crois que cette dynamique va aller jusqu'au bout. Elle doit s'amplifier, que ce soir effectivement, nous aurons cette victoire non pas contre Martine Aubry ou contre les autres socialistes, mais pour le Parti socialiste.

C'est ça... Non ! C'est contre Martine Aubry. C'est contre beaucoup de dirigeants du Parti socialiste. Il y a un front anti-Royal aujourd'hui au Parti socialiste ou pas ?

Assez clairement quand on voit les soutiens...

Donc, c'est bien contre...

... Laurent Fabius, Lionel Jospin, maintenant Benoît Hamon, donc Henri Emmanuelli. Cela fait beaucoup du vieux parti ; mais j'ai trouvé les militants là très courageux. Ils ont déjoué à la fois les commentaires, l'arithmétique, le vieux parti, il faut que ça s'amplifie. Et puis, nous nous rassemblerons après pour poursuivre ensemble et détourner une nouvelle page du socialisme français.

Et si vous perdez, c'est au sein du Parti socialiste que vous pourrez continuer à travailler, que vous aurez envie de continuer à travailler ?

Bien entendu, il le faudra, il faudra poursuivre ce que nous avons entrepris. Vous savez, Jaurès disait : "Il faut fatiguer le doute". Si on n'a pas gagné ce soir, eh bien il faudra continuer d'essayer le fatiguer.

"Il faut fatiguer le doute" ! C'est une belle phrase. Seulement 60% des militants ont voté. On pensait que peut-être des militants se sentaient plus concernés que d'autres par ce type de choix, et quatre sur dix restent à la maison quand il s'agit de désigner leur futur premier secrétaire. C'est quand même un indice très inquiétant sur l'état du Parti socialiste, non, Vincent Peillon ?

C'est déjà plus que la semaine dernière. Ce n'est pas une mauvaise participation. Ce qui n'est pas bon et ce que nous, nous voulons porter c'est que nous ne sommes pas assez de militants, effectivement pour des choix aussi importants et ceux qui s'annonceront demain dans un pays de 60 millions d'habitants avec la tradition que nous avons. Avoir 130 ou 140.000 votants, ça ne peut pas être pour nous satisfaisant. Et si on faisait la sociologie de ces votants, là aussi des évolutions seraient nécessaires.

C'est-à-dire ? Vous voulez dire quoi ?

C'est-à-dire que nous avons besoin d'un parti qui correspond beaucoup plus à la société avec davantage de Jeunes, avec davantage d'employés, d'ouvriers, avec davantage de France diversifiée ; et que l'homogénéité du Parti socialiste aujourd'hui ne correspond pas à la diversité de la société, ne permet pas de se mettre en mouvement comme il le faudrait. Et c'est ce que nous portons d'ailleurs dans cette élection : c'est la volonté d'un grand Parti socialiste.

Ma question, ça n'était pas ça : c'était le désintérêt de quatre militants sur dix. Quatre militants, des militants : c'est des gens qui s'engagent, qui donnent du temps libre pour défendre la cause du Parti socialiste ; et quatre sur dix restent chez eux quand ils doivent désigner le premier secrétaire. C'est tout à fait étonnant ?

Je crois qu'ils ont beaucoup donné, peut-être aussi certains sont las ou inquiets de ces affrontements de personnes. Mais par rapport aux participations traditionnelles, je ne peux pas vous dire que c'est une mauvaise participation. C'est plutôt une bonne participation.

Le scrutin est sincère, ou il y a des fraudes sur le terrain ?

Non, je crois vraiment que le scrutin est sincère et je trouve déshonorant pour un parti de cette qualité de commenter, c'était un peu ça qui était dommage cette semaine, essentiellement des questions électorales de cette nature plutôt que parler de la ligne et des ambitions qu'on doit avoir. Car la grande ambition et la grande affaire de ce scrutin, c'est se mettre en capacité. Nous sommes sous la Ve République, c'est un parti de gouvernement de faire une opposition forte et demain, de proposer une alternative.

Et chaque militante et chaque militant quand ils votent plutôt que de penser à des questions de fraude, aux inimitiés pour les uns ou les autres ; ou confondre sa Gauche et sa Droite comme je l'entends, eh bien, ils doivent penser : qu'est-ce qui sera le plus utile pour permettre, demain, qu'il y ait une opposition forte en France, qui serait utile pour la France, et demain une alternative ?

Quand Ségolène Royal fait 73% des voix dans les Bouches-du-Rhône, c'est un scrutin sincère, Vincent Peillon ?

Oui, je le pense et vous savez, elle fait aussi 60% dans la Somme. C'est inversé dans d'autres... Là où il y a... Vous savez, il y a eu un mépris, et vous le savez parfaitement, pour des grandes fédérations qu'on était content d'avoir : le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, l'Hérault en 1993, quand on perd tout... Nous, on n'a pas honte d'avoir des endroits où le Parti socialiste est fort et je trouve qu'injurier tous les matins, en se levant, la fédération de Gaston Deferre, ça n'est pas très intelligent.

Vincent Peillon qui soutient Ségolène Royal, et qu'il veut "fatiguer le doute", était l'invité de RTL, ce matin.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

L'invité de RTL - Vincent Peillon, le 21 novembre 2008

Vincent Peillon, le 21 novembre 2008 / RTL

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