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Georges Lang

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Georges Lang

Samedi de 23h à 1h

La Saga de Gary Moore

gary moore

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La nouvelle est tombée dimanche dernier dans toute sa brutalité : Gary Moore est mort subitement, à l'âge de 58 ans. Aussitôt, Saga a décidé de bousculer sa programmation pour rendre hommage à ce génie de la guitare trop tôt disparu. Gary Moore avait commencé sa carrière très jeune, à la fin des années 60, mais c'est seulement depuis qu'il s'était entièrement consacré au blues qu'il avait trouvé le succès auprès du grand public. Saga raconte une aventure musicale passionnante, illustrée d'extraits d'interviews que Gary Moore nous avait données à différentes occasions.

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LA SAGA DE GARY MOORE DANS SON INTÉGRALITÉ.


"The blues is alright" (CD "After Hours")

Personnalité intègre, au caractère réservé et parfois ombrageux, Gary Moore a mis vingt ans pour s'imposer auprès du grand public. C'est avec la musique qu'il jouait à ses débuts, le blues, qu'il a atteint la consécration, mais le chemin a été long et tortueux. Avant d'en arriver là, le guitariste avait essayé tous les genres, toutes les combinaisons possibles, perdant son temps en d'inutiles changements de groupe avant de trouver la bonne formule qui allait lancer sa carrière.
Le dernier album studio de Gary Moore, "BAD FOR YOU BABY", est paru en septembre 2008. Comme c'était souvent le cas dans ses productions, on y trouve un mélange de compositions originales et de reprises, parmi lesquelles ce titre de Muddy Waters : "Someday baby".

"Someday baby" (CD "Bad for you baby")

Gary Moore est né le 4 avril 1952 à Belfast, en Irlande du Nord, où son père est gérant d'un dancing. C'est lui qui l'encourage à apprendre le piano, puis la guitare à l'âge de onze ans. Ecoutons Gary Moore.

"Un vendredi soir, mon père rentrait du travail et il m'a demandé si je voulais apprendre à jouer de la guitare. J'ai répondu que j'aimerais bien, même si sur le moment je ne m'en croyais pas capable. J'ai découvert très vite que je pouvais tirer quelque chose de ma guitare, que je me sentais à l'aise avec elle, même si au début je jouais faux. C'est là que j'ai choisi de devenir guitariste parce que, pour la première fois de mon existence, je faisais vraiment corps avec quelque chose. Dès l'instant où j'ai saisi cette guitare, je me suis senti bien."

Gary Moore se force à utiliser l'instrument comme un droitier, alors qu'il est naturellement gaucher. Comme beaucoup d'autres, il découvre le rock 'n' roll grâce à Elvis Presley et aux Beatles. Ses premières influences de jeune guitariste sont les maîtres du blues-rock des années 60 : Jeff Beck et les Yardbirds, Eric Clapton avec les Bluesbreakers de John Mayall, Jimi Hendrix et Peter Green avec le Fleetwood Mac de la première époque. Entendre le blues joué par de tels talents stimule le jeune musicien que l'on regarde bientôt comme un prodige. C'est Peter Green qui va aider Gary Moore à mettre le pied à l'étrier. Gary ne l'oubliera jamais. En 1995, il reprendra dix compositions de Peter sur un album qu'il lui dédiera : "BLUES FOR GREENY".

"The supernatural" (CD "Blues for Greeny")

En 1968 à Dublin, Gary Moore rencontre Phil Lynott. C'est le début d'une amitié et d'une collaboration fructueuse qui vont durer plus de quinze ans. Ils fondent ensemble leur premier groupe professionnel, Skid Row, que Phil abandonne très vite pour vivre sa propre aventure avec Thin Lizzy. Skid Row devient un trio avec Brush Shiels à la basse, Noel Bridgeman à la batterie et Gary Moore - qui a tout juste 16 ans - au chant et à la guitare.
Dans un style proche de Cream, de Ten Years After ou de Free, Skid Row enregistre trois albums : "SKID" en 1970, "34 HOURS" l'année suivante et enfin "SKID ROW", qui restera inédit jusqu'en 1990. Très vite, Gary Moore acquiert une réputation de musicien rapide et inventif. On le considère comme un des tout meilleurs guitaristes du Royaume-Uni.

"Mr. De-Luxe" (CD "Skid Row")

L'année 1972 voit la naissance du Gary Moore Band. Cette formation enregistre l'album "GRINDING STONE" qui paraît l'année suivante, accompagné d'assez mauvaises critiques qui soulignent son manque d'originalité. Déstabilisé par des problèmes personnels, le groupe se sépare. En janvier 74, Gary Moore rejoint Phil Lynott et Thin Lizzy avec qui il tourne pendant trois mois. Toujours avec Thin Lizzy, il enregistre "Still in love with you", un extrait de l'album "NIGHT LIFE", qui paraîtra en octobre 74.

"Still in love with you" (CD Thin Lizzy : "Night life")

En 1975, Gary Moore rejoint Colosseum II, le groupe du batteur Jon Hiseman, où il rencontre deux musiciens qui joueront un rôle important pour la suite de sa carrière : le clavier Don Airey et le bassiste Nigel Murray, un futur membre de Whitesnake. Colosseum II enregistre un premier album en 1976 : "STRANGE NEW FLESH". On retrouve également Gary Moore sur la compilation de Thin Lizzy, "REMEMBERING, PART 1". Elle reprend deux titres que le guitariste avait enregistrés lors de son premier court passage dans le groupe : "Sitamoia" et "Little darling".
Pour l'instant, il fait toujours partie de Colosseum II, un groupe de jazz rock dont la musique essentiellement instrumentale laisse une large place à l'improvisation et à la virtuosité. C'est un nouveau défi que Gary Moore relève avec brio, prouvant qu'il est également à l'aise au-delà du blues et du rock purs.
Avant de se séparer, Colosseum II publiera encore deux albums en 1977 : "ELECTRIC SAVAGE" et "WAR DANCE".

"Last exit" (CD Colosseum II "War dance")

En 1977, avec Jon Hiseman, Don Airey et Rod Argent, l'ancien leader des Zombies, Gary Moore participe à l'album "VARIATIONS" d'Andrew Lloyd-Weber. L'année suivante, il publie son premier album solo, "BACK ON THE STREETS". On y découvre son premier succès, "Parisienne walkways". Ce titre, qui atteindra la huitième place des hit-parades anglais en avril 79, est le fruit d'une collaboration avec Phil Lynott qui en a écrit le texte et qui le chante dans sa version originale.

"Phil m'a dit : 'Cet air sonne vraiment français. Laisse-moi mettre quelques paroles là-dessus.' Jusque-là, j'étais convaincu que ce serait un instrumental et il ne m'était pas venu à l'esprit d'y plaquer un texte. Et lui est arrivé avec cette phrase sublime qui fait : 'Je me rappelle Paris en 1949', phrase très ambiguë d'ailleurs, puisque le vrai nom de son père était Paris et que lui-même était né en 49. C'est un scoop que je vous livre là ! Donc, le vrai sujet de la chanson, c'est bien Paris, mais pas la ville."

"Parisienne walkways" reste un des grands classiques de Gary Moore. Il l'a enregistré à plusieurs reprises dans des versions différentes. Celle que nous écoutons est parue en 1993 sur l'album "Blues Alive".

"Parisienne walkways" (CD "Blues alive")

L'histoire se répète. Pour la deuxième fois, Gary Moore rejoint Thin Lizzy avec qui il enregistre "BLACK ROSE (A ROCK LEGEND)" en 1979, un classique du rock celtique. S'ils sont comme deux frères, Gary Moore et Phil Lynott ne sont pas faits pour collaborer longtemps. Gary quitte Thin Lizzy en pleine tournée américaine et s'installe pour quelque temps en Californie où il forme le groupe G Force avec qui il n'enregistrera qu'un seul album. Il porte le même nom, "G FORCE", et paraît en 1980. La musique qu'il propose se situe à mi-chemin entre le jazz et le hard-rock.

- "You" (CD "G Force")

En 1980, Gary Moore participe à l'album de Phil Lynott "SOLO IN SOHO". Au cours de l'été 81, il travaille sur le premier album de Greg Lake, l'ancien bassiste chanteur d'Emerson, Lake & Palmer. Il le retrouvera l'année suivante pour son deuxième disque solo : "MANOEUVRES". Au cours de l'été 1982, Gary Moore se produit au Festival de Reading. Le 26 août, il est au Marquee Club à Londres où est enregistré l'album "LIVE AT THE MARQUEE". Parallèlement, il poursuit sa collaboration avec Cozy Powell pour qui il joue sur les albums "TILT" en 1981, puis "OCTOPUSS" en 83.

"Don't let me be misunderstood" (CD "Dirty fingers")

En Grande-Bretagne, le nom de Gary Moore ne fait plus vendre. Il s'est trop dispersé et même ses plus fidèles admirateurs ne s'y retrouvent plus, tant sa discographie est éclatée. En 1982, il signe un contrat d'artiste solo avec Virgin Records. Cette signature marque le début de sa seconde carrière, une période où il saura dominer son tempérament et reconquérir un public.
Gary Moore réunit le groupe de ses rêves avec Tommy Eyre aux claviers et deux transfuges de Whitesnake, son copain le bassiste Neil Murray et le batteur Ian Paice. C'est avec ces trois musiciens qu'il enregistre "CORRIDORS OF POWER", l'album qui paraît en octobre 82. En tournée au Japon, il réalise un album "live" réservé au marché local, "ROCKIN' EVERY NIGHT", qui ne sera publié dans le reste du monde qu'en 86. On le retrouve aussi sur l'album "LIFE (LIVE)" de Thin Lizzy qui sort en novembre 83.

"Always gonna love you" (CD "Corridors of power")
 
"Corridors of power" permet à Gary Moore de retrouver les hit-parades anglais où il se classe à la trentième place. Il confirme aussi ses qualités de vocaliste, un talent dont il semble toutefois encore douter, puisqu'il est souvent doublé en concert par John Sloman, l'ancien chanteur de Uriah Heep. En décembre 1983, Gary Moore publie "VICTIMS OF THE FUTURE", qui contient son premier succès européen, "Empty rooms".

"Empty rooms" (CD "Victims of the future")

DEUXIÈME PARTIE:

"Left me with the blues" (CD "The platinum collection")

Le succès de "Victims of the future", paru en décembre 1983, incite l'ancienne maison de disques de Gary Moore à publier enfin "DIRTY FINGERS", un album enregistré quatre ans plus tôt. A l'époque, il était sorti uniquement au Japon et sous un autre titre, "Gary Moore & Friends". Virgin fait alors paraître un double CD "live" qui a été réalisé lors de la tournée mondiale de 1984, "WE WANT MOORE".
En décembre 84, Gary Moore retrouve son Irlande natale pour y donner ses premiers concerts depuis dix ans. Ces shows émouvants sont filmés et paraissent en vidéo sous le titre de "Emerald Aisles". A Dublin, son vieux copain Phil Lynott le rejoint sur scène. Ils se retrouvent ensuite en studio pour enregistrer le maxi CD "OUT IN THE FIELDS", qui est N°5 en Angleterre en mai 1985. Malheureusement, ce sera leur ultime collaboration. On peut également retrouver "Out in the fields" sur le nouvel album de Gary Moore, "RUN FOR COVER", en septembre 85.

"Out in the fields" (CD "Run for cover")

Le 4 janvier 1986, Phil Lynott meurt d'une crise cardiaque, usé par quinze années de rock 'n' roll effréné. Gary Moore est très affecté par cette disparition et il se montre très discret cette année-là. La seule sortie notable est celle de "ROCKIN' EVERY NIGHT" en juin 1986. Au cours de l'été, Gary Moore participe à plusieurs festivals, notamment en Allemagne avec Queen. Ce n'est pas avant février 87 qu'il reviendra avec un nouvel album, "WILD FRONTIER". Le disque est dédié à son Irlande natale et à Phil Lynott à qui il rend hommage sur le titre "Johnny Boy".

"J'ai écrit 'Johnny Boy' spécialement pour Phil Lynott. Phil venait juste  de mourir et j'étais dans une période d'intense réflexion. Lorsque j'ai écrit les musiques de l'album 'Wild Frontier', elles me sont venues avec ce parfum celtique, irlandais. Il faut ajouter que j'étais juste rentré en Irlande après une assez longue absence et que ça m'a aussi influencé. Il y avait tous ces souvenirs qui se mélangeaient dans ma tête : les débuts avec Phil, Skid Row, Thin Lizzy. Tout ça se retrouve sur l'album."

Beaucoup considèrent "Wild Frontier" comme le meilleur album non blues de Gary Moore. En tout cas, c'est un succès à la fois critique et commercial.

"Johnny Boy" (CD "Wild frontier")

Paru en janvier 1989,  "AFTER THE WAR" est un disque qui se vend mal, sans doute parce qu'il manque d'unité. En voulant prouver qu'il est à l'aise dans tous les genres, du hard-rock à la musique traditionnelle celte, Gary Moore n'arrive pas à convaincre grand monde. Fatigué de la scène hard-rock, il fait savoir à son manager qu'il va essayer autre chose. Il veut réaliser un projet qui lui tient à cœur depuis longtemps, un hommage au blues et à ses idoles des années 60.
Dédié à Peter Green, le leader de Fleetwood Mac première époque, "STILL GOT THE BLUES" paraît en avril 1990. C'est un succès qui surprend tout le monde. L'album se vend à plus de trois millions d'exemplaires et le single "Still got the blues" se classe N°1 en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas. Dans la carrière de Gary Moore, ce disque ne constitue pas un virage à quatre-vingt degrés, mais plutôt une sorte de but qu'il visait depuis longtemps.

"Si vous écoutez des choses comme 'Empty rooms', 'Parisienne walkways' ou n'importe quel de ces instrumentaux très lents que j'ai produits par le passé, il y a toujours eu un peu d'influence blues et les gammes que je joue, les notes que je choisis d'interpréter dans mes solos, en ont toujours été empreintes, même si c'est moins évident que sur le dernier album. C'est juste quelque chose vers lequel j'ai toujours voulu me tourner, et quand on m'en a offert l'opportunité, je savais que je le pouvais."

"Still got the blues" (CD "Still got the blues")

Pour ne pas être taxé d'opportunisme, Gary Moore avait d'abord envisagé de publier "Still got the blues" sous un pseudonyme, un peu comme Robert Plant l'avait fait avec les Honeydrippers. Mais il s'est finalement ravisé, prêt à assumer les éventuelles critiques.

"En fait, j'étais vraiment préparé au pire. Je me disais juste que si ça se vendait un peu, ce serait génial. Mais c'était avant tout une expérience. Je désirais surtout sortir des plans rock habituels. J'en avais marre de ça, je voulais autre chose. Si je n'avais pas opté pour ce style de musique-là, je pense que je me serais rapidement ennuyé. Je n'aurais pas eu de respect pour mon travail. Il fallait donc que je change et j'étais prêt à recevoir toutes les critiques. Mais rien n'est venu, rien n'est jamais venu."

Sur  "Still got the blues", George Harrison a signé un titre sur lequel il joue, "That kind of woman". Quelques semaines plus tard, Gary Moore retrouvera l'ex-Beatles sur "She's my baby", un extrait du "Volume 3" des Traveling Wilburys. "Still got the blues" a bénéficié d'autres collaborations exceptionnelles parmi lesquelles celles de deux guitaristes de légende : Albert King qui joue sur "Oh pretty woman", et Albert Collins, que l'on peut entendre sur "Too tired".

"Too tired" (CD "Still got the blues")

Loin de vouloir renier son passé de rocker, Gary Moore a surtout envie de jouer du blues. En mars 1992, sur "AFTER HOURS", la deuxième étape de ce que l'on pourrait appeler son retour aux sources, il choisit d'explorer un autre aspect de cette musique, afin de ne pas se répéter.

"'After hours' explore la période Stax, une sorte de son à la Memphis, alors que le précédent était plus axé sur le blues anglais, ma première découverte dans le genre, quand je m'entraînais sur l'album des Bluesbreakers avec Mayall et Clapton ou sur Fleetwood Mac quand Peter Green y était encore. Ensuite, j'ai été ailleurs, travaillant sur des artistes noirs, les vrais premiers bluesmen, des gens comme Albert King, Freddie King, B.B. King. Et ce disque est plutôt dans cette mouvance-là. Il tourne plus autour du rhythm & blues avec des cuivres et les choristes qui rappellent le parfum de l'époque."

"Story of the blues" (CD "After Hours")

Sur "After hours", Gary Moore s'est entouré de nombreux invités : la célèbre section de cuivres des Memphis Horns sur "Cold day in hell",  Albert Collins sur "The blues is alright" et  B.B. King sur "Since I met you baby". Gary Moore explique comment il a pu rencontrer B.B. King.

"Ce qui s'est passé, c'est qu'il avait acheté l'album 'Still got the blues' et il l'avait vraiment aimé. Ensuite, par le biais de divers accords professionnels, on a essayé de collaborer et au bout d'un an, je lui ai envoyé cette cassette de 'Since I met you baby'. Il pouvait s'arranger pour quitter sa tournée juste un jour pour l'enregistrer. Il a donc pris le Concorde en pleine nuit et j'avais déjà enregistré mes parties sur la bande. Lorsqu'il est arrivé dans l'après-midi, il ne lui restait plus qu'à placer sa guitare et sa voix, et le soir même nous avons tourné le clip."

"Since I met you baby" (CD "After hours")

Gary Moore entame alors une importante tournée mondiale dont on retrouvera des extraits dans "BLUES ALIVE" et "LIVE BLUES", un CD et une vidéo qui paraîtront en mai 1993. La tournée ravit les amateurs de blues, mais laisse sur leur faim les irréductibles de la première heure, ceux qui espéraient entendre des titres plus rock comme "Out in the fields" par exemple. Le guitariste veut définitivement tourner la page et d'ailleurs, pour lui, les deux genres sont incompatibles.

"C'est juste que ça ne fonctionne pas et je n'ai aucune envie de retourner en arrière pour rejouer les anciens titres. Je pense que c'est terminé et c'est très bien. Cela ne me manque pas du tout. Peut-être le devrais-je, mais je ne regrette rien de cette époque. Vous êtes censé être dans un certain créneau et vous êtes si limité par votre image et ce qu'on imagine ou attend de vous. Je déteste tellement ça, cette façon d'être toujours ce qu'on espère de vous, de correspondre à ce que l'on raconte de vous. Cela ne me manque vraiment pas et lorsque aujourd'hui je vois des groupes qui jouent cette musique ou quelque chose d'approchant, je me dis juste que j'ai bien fait de m'en sortir."

"Don't you lie to me (I get evil)" (CD "After Hours")

Au cours de l'été 1993, Gary Moore est amené à remplacer au pied levé le guitariste de Jack Bruce qui se produit en Allemagne. La tournée terminée, tous deux décident de continuer à collaborer. Avec le batteur Ginger Baker, ils forment alors B.B.M.,  Baker, Bruce & Moore, une sorte de réincarnation de Cream, avec Gary Moore à la place d'Eric Clapton. L'album "AROUND THE NEXT DREAM", qui paraît en juin 94, témoigne de cette association.
En novembre 94, Virgin publie "BALLADS & BLUES", une compilation qui couvre la période 82-94. Elle n'est certes pas représentative de l'ensemble de la carrière de Gary Moore, mais elle rappelle que bien avant le succès de "Still got the blues", le guitariste avait déjà montré son habileté dans l'art de la ballade. On trouve sur cette compilation quatorze titres tout en douceur et en feeling, dont trois inédits parmi lesquels le single "One day", qui a été enregistré avec Jack Bruce et Ginger Baker juste avant la séparation de B.B.M.

"One day" (CD "Ballads & Blues")

Après l'expérience B.B.M., Gary Moore reprend la route en solitaire. En mai 95, il rend hommage à un de ses maîtres, Peter Green, dont il reprend dix compositions sur l'album "BLUES FOR GREENY". Peu après lui avoir annoncé son intention de quitter Fleetwood Mac, Peter Green avait vendu sa guitare à Gary : une Gibson Les Paul de 1959. C'est cette guitare que Gary Moore utilise  sur "Blues for Greeny", un album où il apparaît complètement épanoui, où il montre qu'il a beaucoup appris à contrôler son jeu. Une courte tournée suit la sortie de l'album, au cours de laquelle Peter Green le rejoint sur scène, mais pour une simple visite de courtoisie, sans guitare. C'est un épisode que l'on peut revoir dans la vidéo "Blues for Greeny Live", sortie en 1996.

"I loved another woman" (CD "Blues for Greeny")

Lorsque Gary Moore entre en studio, il est toujours difficile de prévoir la direction qu'il va prendre. Ses deux albums suivants, "DARK DAYS IN PARADISE" en 1997 et "A DIFFERENT BEAT" en 99, procèdent d'un même esprit : il s'agit d'assemblages de styles différents, mais qui trouvent tout de même une unité à travers son jeu de guitare.
En mars 2001, Gary Moore publie "BACK TO THE BLUES", un nouvel album où il propose un blues énergique et déterminé, loin de la musique nettement plus expérimentale de ses deux albums précédents. Ce qui ne devrait pas déplaire à la majorité de son public.

"J'ai un public que me suit en tant que guitariste, évidemment.  Beaucoup ne me connaissaient pas avant 'Still got the blues'. J'ai touché une nouvelle audience quand j'ai enregistré cet album en 1990. Mais une grande partie de mon ancien public rock m'a tout de même suivi parce que j'y ai mis beaucoup de guitares et que j'ai interprété un blues musclé, en y ajoutant des éléments de rock. En fin de compte, je fais chaque album comme je le sens au moment où je l'enregistre. C'est sans doute un point de vue égoïste, mais c'est comme ça. Je laisse la musique m'entraîner où elle veut. Je ne fais que suivre. Je n'essaie pas de contrôler les choses. Je ne cherche pas à calculer, à savoir si tel disque va toucher les rockers ou les amateurs de blues. Je fais selon mon humeur du moment. C'est ce que beaucoup n'ont pas compris avec mes deux albums précédents, parce qu'ils ne s'attendaient pas à ce genre de musique de ma part, sur des tempos plus dansants, marqués par des boîtes à rythme. Ce que je viens de faire avec 'Back to the blues', c'est plus caractéristique de Gary Moore dans l'esprit des gens, plus traditionnel. Et mes fans le comprendront sans doute plus facilement. Ça leur fera plaisir parce que c'est ce qu'ils attendent de moi."

"Ain't got you" (CD "Back to the blues")

En 2002, Gary Moore prend un nouveau virage inattendu en formant le trio Scars avec qui il enregistre un album studio qui porte le même titre. Il publie ensuite "LIVE AT MONSTERS OF ROCK" en 2003, puis "POWER OF THE BLUES", l'année suivante. Au cours de l'été 2005, Gary Moore rejoint ses anciens complices de Thin Lizzy pour un concert en hommage à Phil Lynott. On peut le retrouver sur le DVD : "ONE NIGHT IN DUBLIN : A TRIBUTE TO PHIL LYNOTT". Paru en mai 2006, "OLD NEW BALLADS BLUES" apparaît comme une nouvelle déclaration d'amour de Gary Moore au blues traditionnel à travers cinq reprises et cinq compositions originales. Il reviendra en mai 2007 avec un album beaucoup plus énergique : "CLOSE AS YOU GET".

"Eyesight to the blind" (CD "Close as you get")

Gary Moore publiera un ultime album studio en septembre 2008, "BAD FOR YOU BABY". En juin 2009, il reviendra avec "ESSENTIAL MONTREUX", un coffret de cinq CDs enregistrés lors de chacun de ses passages au célèbre Festival de Jazz, entre 1990 et 2001.
Gary Moore est donc mort soudainement dimanche dernier, le 6 février, apparemment au cours de son sommeil. Il était en vacances en Espagne, sur la Costa del Sol. Il n'avait que cinquante-huit ans.
Le blues vient de perdre un des ses serviteurs les plus talentueux.

"All your love" (CD "Essential Montreux")


DISCOGRAPHIE :

-    "GRINDING STONE" (album – 1973)
-    "BACK ON THE STREETS" (album – 1978)
-    "G-FORCE" (album – 1980)
-    "CORRIDORS OF POWER" (album – 1982)
-    "LIVE AT THE MARQUEE" (live album – 1983)
-    "VICTIMS OF THE FUTURE" (album – 1983)
-    "DIRTY FINGERS" (album – 1984)
-    "WE WANT MOORE" (live album – 1984)
-    "RUN FOR COVER" (album – 1985)
-    "ROCKIN' EVERY NIGHT" (live album – 1986)
-    "WILD FRONTIER" (album – 1987)
-    "AND THEN THE MAN SAID TO HIS GUITAR" (coffret – 1988)
-    "AFTER THE WAR" (album – 1989)
-    "STILL GOT THE BLUES" (album – 1990)
-    "GREATEST HITS" (compilation – 1990)
-    "AFTER HOURS" (album – 1992)
-    "BLUES ALIVE" (live album – 1993)
-    "BALLADS & BLUES 1982-1994" (compilation – 1994)
-    "BLUES FOR GREENY" (album – 1995)
-    "DARK DAYS IN PARADISE" (album – 1997)
-    "OUT IN THE FIELDS – THE VERY BEST OF" (compilation – 1998)
-    "BLOOD OF EMERALDS – THE VERY BEST OF, Part 2" (compilation – 1999)
-    "A DIFFERENT BEAT" (album – 1999)
-    "BACK TO THE BLUES" (album – 2001)
-    "LIVE AT MONSTERS OF ROCK" (live album – 2003)
-    "POWER OF THE BLUES" (album – 2004)
-    "OLD NEW BALLADS BLUES" (album – 2006)
-    "THE PLATINUM COLLECTION" (compilation – 2006)
-    "CLOSE AS YOU GET" (album – 2007)
-    "BAD FOR YOU BABY" (album – 2008)
-    "ESSENTIAL MONTREUX" (coffret – 2009)

Avec SKID ROW :

-    "SKID" (album – 1970)
-    "34 HOURS" (album – 1971)
-    "SKID ROW" (album – 1990)

Avec COLOSSEUM II :

-    "STRANGE NEW FLESH" (album – 1976)
-    "ELECTRIC SAVAGE" (album – 1977)
-    "WAR DANCE" (album – 1977)

Avec THIN LIZZY :

-    "BLACK ROSE (A ROCK LEGEND)" (album – 1979)

Avec B.B.M. :

-    "AROUND THE NEXT DREAM" (album – 1994)

Avec SCARS :

-    "SCARS" (album – 2002)

VIDÉOGRAPHIE :

-    "LIVE AT ISSTADION STOCKHOLM" (1987)
-    "THE VIDEO SINGLES" (1987)
-    "AN EVENING WITH THE BLUES" (1991)
-    "LIVE BLUES" (1993)
-    "BALLADS & BLUES" (1994)
-    "BLUES FOR GREENY LIVE" (1996)
-     "LIVE AT MONTREUX 1990" (2004)
-    "ONE NIGHT IN DUBLIN : A TRIBUTE TO PHIL LYNOTT" (2006)
-    "LIVE AT MONSTERS OF ROCK" (2006)
-    "THE DEFINITIVE MONTREUX COLLECTION : LIVE AT MONTREUX" (2007)


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18h25-18h30

Le Petit Jury

Animé par Régis Mailhot

L'émission La grille des programmes

18h30-19h30

Le Grand Jury

Animé par Jérôme Chapuis

L'émission La grille des programmes

19h30-20h30

RTL En direct de l'Equipe

Animé par Ludovic Vandekerckhove

L'émission La grille des programmes

20h30-23h00

Soir de Ligue 1

Animé par Christophe Pacaud

L'émission La grille des programmes

23h00-00h00

L'heure du Jazz

Animé par Jean-Yves Chaperon

L'émission La grille des programmes

00h00-02h00

Nightlist

Animé par Eric Jean-Jean

L'émission La grille des programmes

02h00-03h00

L'heure du crime

Animé par Jacques Pradel

L'émission La grille des programmes

03h00-04h00

Les Grosses Têtes

Animé par Philippe Bouvard

L'émission La grille des programmes

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