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La charte d'utilisation du blogCréé le 10/02/2012 à 08h01

chris isaak
Depuis le milieu des années 80, Chris Isaak s'est forgé un style musical très personnel, un mélange de rock, de blues et de country directement inspiré des années 50 et 60. C'est sur cette musique qu'il a bâti sa carrière de rocker et de crooner, s'appuyant sur une voix suave et langoureuse, un physique avenant et beaucoup d'humour et de décontraction. A l'occasion de la sortie de l'album "Beyond the sun", où il reprend des titres créés par ses héros, d'Elvis Presley à Roy Orbison, Chris Isaak est au micro de Saga, sa guitare à portée de main, pour une interview atypique ponctuée de nombreuses interventions musicales.
LA SAGA DE CHRIS ISAAK DANS SON INTÉGRALITÉ
"Can't help falling in love" (CD "Beyond the sun")
Dans son nouvel album, "BEYOND THE SUN", Chris Isaak rend hommage aux racines du rock 'n' roll et aux artistes qui ont été les pionniers de cette révolution, tous ceux dont la musique avait bercé sa jeunesse.
"Je pense que cette musique m'a toujours attiré parce qu'elle était très belle et très simple. Je trouve que parfois la musique moderne est trop chargée. Quand on écoute Johnny Cash, on a l'impression d'entendre quelqu'un parler, tout simplement. On oublie même qu'il y a des musiciens. On l'écoute raconter une histoire. Et c'est ce côté que j'aime bien."
Enregistrer "BEYOND THE SUN" à Memphis, au légendaire Studio Sun, est une idée qui s'est en quelque sorte imposée à Chris Isaak. l y pensait depuis 2000, après avoir lu une interview de Sam Phillips dans le magazine "Oxford American".
"Je me rappelle où j'étais quand j'ai lu cela. Je lisais un magazine musical et personne ne m'avait dit que j'étais cité dans cet article. J'ai toujours aimé Sam Phillips et tous ceux qu'il a enregistrés étaient mes idoles : Elvis bien sûr, Johnny Cash, Carl Perkins, Roy Orbison, Howlin' Wolf et tous les autres. J'ai lu cet article et à la fin, la dernière question était : 'Sam, qu'est-ce que vous écoutez aujourd'hui ?' Et j'ai lu sa réponse : 'Oh, j'écoute Chris Isaak et j'aime beaucoup sa musique.' Et j'en ai eu les larmes aux yeux. J'étais K.O. debout, parce que c'est grâce à lui que je fais de la musique aujourd'hui. Autrement, je travaillerais en usine à Stockton."
"Trying to get to you" (CD "Beyond the sun")
Sur "Beyond the sun', Chris Isaak reprend Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Carl Perkins et Roy Orbison. Toutes ces légendes qui ont contribué à l'éclosion du rock 'n' roll l'avaient profondément marqué dès son plus jeune âge.
"Tu sais, j'ai toujours écouté des vieux disques. Mes parents n'avaient pas d'argent. Tous nos vêtements, ils les achetaient d'occasion. Parce qu'ils étaient fauchés, mais à l'époque, je ne m'en rendais pas compte. Quand on allait faire des courses, j'achetais des vieux disques. Les autres écoutaient Heart ou d'autres nouveautés et moi j'écoutais Leadbelly et Hank Williams, tous ces vieux disques dont les gens ne voulaient plus. J'avais toujours un train de retard et j'en suis très heureux, parce qu'il y avait là beaucoup, beaucoup de bonne musique."
Pour Chris Isaak, enregistrer "Beyond the sun" a été à la fois une façon de remonter le temps et un aboutissement musical qu'il osait à peine imaginer.
"J'aurais bien aimé faire partie de cette aventure des pionniers et savoir comment c'était d'enregistrer à l'époque. Je ne pensais pas particulièrement à ce studio. Mais une fois à l'intérieur, j'ai trouvé que ça sonnait vraiment bien. Ce qui est étrange dans ma vie, c'est que j'ai été ami avec Roy Orbison qui a enregistré chez Sun. J'ai travaillé avec Jerry Lee Lewis qui était également chez Sun, et aussi avec Johnny Cash. J'ai rencontré Carl Perkins. C'est bizarre parce que, quand j'étais enfant, je pensais que tous ces gens vivaient dans un autre monde. Et quelques années plus tard, j'ai chanté avec eux. C'est vraiment un monde étrange."
"Ring of fire" (CD "Beyond the sun")
Christopher Joseph Isaak est originaire de Stockton en Californie où il est né le 26 juin 1956. Il passe son enfance dans un milieu très modeste auprès de parents qui adorent la musique. C'est grâce à eux qu'il découvre la country, le rockabilly, le rock 'n' roll et bien d'autres styles musicaux.
"Quand j'étais môme, mon père écoutait Fats Domino. Pour lui, le 'King of rock & roll', c'était Fats Domino. Elvis n'arrivait qu'en deuxième position sur sa liste. Ma mère avait des goûts musicaux plus progressifs, plus branchés, du genre Connie Francis ou Dinah Washington, si tu vois ce que je veux dire, des trucs très jazzy. Tiens, je vais te jouer le genre de chansons qui a bercé mon enfance...
"You hurt me so" (Enregistrement RTL)
Pour Chris Isaak, une interview est quelque chose d'un peu spécial. C'est un jeu auquel il se livre, en toute décontraction et avec beaucoup d'humour. Pour l'interview qu'il a accordée à Saga, il était accompagné de son batteur, Kenney Dale Johnson, et il n'a jamais lâché sa guitare. Ce qui lui a permis de ponctuer son discours de nombreuses interventions musicales.
"You owe me some kind of love" (CD "Chris Isaak")
A la fin des années 70, Chris Isaak est au Japon, où il poursuit ses études dans le cadre du Programme d'Echange des Universités du Pacifique.
"Je suis parti au Japon pour faire de la boxe avec mon université. J'étais condamné à rester à Stockton et pour en sortir, il n'y avait pas trente-six solutions. C'était soit faire comme les copains et s'engager dans l'armée avec l'espoir de voir du pays, ou bien rester chez soi. Et moi, je m'apprêtais à rejoindre l'armée, mais deux choses m'ont arrêté : un, ça me mettait mal à l'aise de porter un fusil et deux, le kaki ne m'allait pas au teint. Je me sentais laid. Et donc, j'ai préféré aller boxer au Japon avec l'université. Catégorie mi-lourd. Sur ce, laisse-moi te faire une petite japonaiserie.
C'est du Japon que Chris Isaak ramènera son fameux nez cassé, souvenir d'un combat de boxe qui a mal tourné. Et c'est au Japon qu'il découvre le disque qui va changer sa vie, l'album qui réunit les "Sun Sessions" d'Elvis Presley.
"I forgot to remember to forget" (CD "Beyond the sun")
Pendant les quelques années qu'il passe au Japon, Chris Isaak mène en parallèle ses études et une carrière de boxeur amateur. En 1983, de retour en Californie, il décroche un diplôme en "anglais et méthodes de communications". C'est alors qu'il forme son propre groupe, Silvertone, avec qui il tourne dans le circuit des clubs de San Francisco. C'est là qu'il est remarqué par Erik Jacobsen qui devient son manager et qui produit son premier album.
"Livin' for your lover" (CD "Silvertone")
Le premier album de Chris Isaak, "SILVERTONE", paraît en mars 1985. Il pose les bases de son style, un cocktail reconnaissable entre tous : une voix chaude inspirée des grands crooners, une guitare rockabilly, du rock & roll pur, des ballades mélancoliques et une certaine influence country & western. Malgré de bonnes critiques, "Silvertone" n'atteint même pas le Top 200 américain. Ce qui ne décourage pas Chris Isaak pour autant.
"Non. Tu sais, chacun de mes albums a marqué un progrès par rapport au précédent. Ce premier disque, j'en ai vendu autour de cinquante mille et pour moi, c'était tout bonnement incroyable. Je n'ai pourtant pas cinquante mille copains. C'est génial ! Enfin génial, je ne pense pas que ma maison de disques trouvait ça génial. Et puis le deuxième album s'est vendu à deux cent cinquante mille exemplaires et le suivant, encore mieux. Pour moi c'était donc de plus en plus formidable. Le plus drôle, c'est que mon premier album vient juste d'obtenir un disque d'or. Tu vois, il s'est bien vendu, même s'il a fallu treize ans."
"Dancin'" (CD "Silvertone")
Celui que l'on surnomme déjà le "crooner de Stockton" publie son deuxième album en avril 1987. Il s'appelle tout simplement "CHRIS ISAAK". C'est un disque musicalement très proche du précédent et il suit d'ailleurs le même chemin. Bien qu'il ait été sélectionné parmi les dix meilleurs albums de l'année par le journal "USA Today", il échoue à la cent quatre vingt quatorzième place du hit-parade américain.
"Heart full of soul" (CD "Chris Isaak")
Pour Chris Isaak, le salut vient alors de France. Le public français, qui avait déjà apprécié le premier album et tout particulièrement le titre "Dancin'", fait un véritable triomphe au single "Blue Hotel". Les Français sont donc les premiers à donner un succès à Chris Isaak. Voici ce qu'il en pensait à l'époque.
"Lorsque tu as un pays comme la France, nourri d'esprit et de sensibilité, où vit l'un des peuples les plus romantiques de la planète, tu ne peux que souhaiter y obtenir ton premier succès. C'est aux Français qu'on doit la découverte de Jerry Lewis. Dieu les bénisse pour avoir aimé mon disque."
"Blue Hotel" (CD "Chris Isaak")
Bien vite, les talents de chanteur et de compositeur de Chris Isaak, mais aussi son physique, attirent le milieu du cinéma. En 1985, il avait donné une chanson pour le film "Le Prix de l'exploit", avant d'obtenir son premier rôle dans "Let's get lost", le film de Bruce Weber qui évoque la vie du trompettiste Chet Baker. On le retrouve aussi à l'affiche de "Veuve mais pas trop" de Jonathan Demme et de "Blue velvet" de David Lynch. Pour Chris, le cinéma est un dérivatif qui lui permet de mieux assurer ce qui reste pour lui l'essentiel : sa carrière de chanteur.
"Heart shaped world" (CD "Heart shaped world")
En juillet 1989, Chris Isaak revient à la musique et publie son troisième album : "HEART SHAPED WORLD". On raconte que lors d'une séance de pré-écoute, les décideurs de sa maison de disques avaient trouvé ce disque si peu commercial qu'ils avaient même abandonné l'idée d'en assurer la promotion. Ce que Chris Isaak confirme par le biais d'une petite fable dont on appréciera tout le cynisme.
"Pour t'avouer la vérité, au moment de sortir l'album, les huiles de Warner m'ont convoqué et m'ont dit : 'Chris, nous avons bien écouté ton disque. Nous n'allons pas te virer parce qu'un jour, on ne sait jamais, tu pourrais décrocher un hit, mais on a besoin de quelqu'un au bureau, tu sais, pour déplacer les choses lourdes et parquer les voitures.' Et j'ai dit : 'Ah bon, et quels sont les horaires ?' Et c'est comme ça que j'ai commencé mon nouveau job. Je pense que leur intention était de m'écarter petit à petit de l'artistique pour un métier plus physique, dirons-nous. Ils répétaient que, à leur avis, j'étais plutôt fait pour ça. Et puis le disque sort, et j'ai un tube. Et là, ils m'ont dit : 'Chris, ça serait bien que tu arrêtes de garer les voitures. Question d'image, tu vois : une star comme toi ne fait pas ce genre de boulot'. Mais, tu sais, j'ai garé la voiture de tous les grands et permets-moi de te dire que Madonna et Prince sont des vrais radins, toujours le minimum de pourboire. Par contre, Randy Travis, toujours un mot gentil : cinq à dix dollars à chaque fois."
"Don't make me dream about you" (CD "Heart shaped world")
Sans effort de promotion, l'album "Heart shaped world" ne marche pas. C'est alors que David Lynch demande à Chris Isaak une version instrumentale de "Wicked game", afin de l'utiliser dans son nouveau film, "Wild at heart", rebaptisé en français "Sailor et Lula". Quelques mois plus tard, "Sailor et Lula" remporte la Palme d'Or au festival de Cannes. Lee Chesnutt, le responsable de Power 99, une radio d'Atlanta, va voir le film trois fois de suite et s'emballe pour la musique de Chris Isaak. Le premier jour où il diffuse sur les ondes la version chantée de "Wicked game", le standard explose. Les ventes se mettent à frémir, mais il manque encore le coup de pouce qui ferait tout basculer.
- "Vous vous souvenez du clip vidéo ? Je pense que tout est venu de là, de ce fameux clip. Il y avait une fille dans la vidéo. Comment s'appelait-elle, Kenney ?
- Helena Christensen.
- C'est Kenney Johnson, mon batteur. Vous voyez, tout les gens se souviennent d'Helena Christensen. Moi aussi pourtant, j'étais dans le clip, mais ça, on l'a oublié. Il n'y en a que pour cette fille. Le fait est que lorsque nous jouions 'Wicked game' sur scène, le public réagissait favorablement. Et j'ai donc demandé aux gens de la maison de disques s'il était possible de faire une vidéo. Comme c'était des visionnaires et qu'ils s'étaient toujours sentis très concernés par ma carrière, ils ont dit : 'Non, il n'y a pas d'argent pour ce clip.' C'est alors qu'est intervenu David Lynch. Il venait d'utiliser 'Wicked game' dans son film. Il m'a dit : 'Je finance ta vidéo'. Grâce à son appui, on a commencé à voir la vidéo sur MTV, et le disque est passé en radio, et voilà."
"Wicked game" (CD "Heart shaped world")
Début 1991, c'est-à-dire plus d'un an après sa sortie, "Wicked game" est N°6 aux Etats-Unis et N°10 en Angleterre. Et tout le reste s'enchaîne. L'album "Heart shaped world" entre dans le Top 10 américain alors que les Anglais découvrent "Blue Hotel". A la hâte, la maison de disques de Chris Isaak publie alors une compilation de ses trois premiers albums qu'elle baptise "WICKED GAME", et c'est encore un succès.
"Lie to me" (CD "Chris Isaak")
DEUXIÈME PARTIE
"Can't do a thing (to stop me)" (CD "San Francisco days")
"Wicked game" s'est imposé comme un succès grâce à la bande originale du film "Sailor et Lula" en 1990. En l'espace de quelques mois, Chris Isaak est devenu une star. Cette réussite, alliée à un physique plutôt avantageux, lui vaut de faire la couverture des revues les plus prestigieuses, de "Elle" à "Esquire". Quant au magazine "People", il place Chris Isaak sur la liste des plus beaux mâles de la planète. Voici le commentaire de l'intéressé.
"Tu viens de dire que c'est mon physique avantageux qui m'a valu la couverture des magazines. Alors là, je ne suis pas du tout d'accord. Non, c'est parce que je mesure exactement quatorze centimètres. Oui, je suis tout petit et ils ne sont donc pas obligés de me rétrécir à l'image, voilà la raison. J'ai naturellement la taille d'une photo. Je peux danser dans une tasse de thé. Bon, on ferait mieux de chanter. Qu'est-ce qu'on fait ? 'This time' ? D'accord."
"This time" (Enregistrement RTL)
A la fin de l'année 1990, Chris Isaak retrouve le réalisateur Jonathan Demme pour un petit rôle dans "Le silence des agneaux". En 1992, il est un des acteurs vedettes du film de Bernardo Bertolucci, "Little Buddha". La même année, David Lynch lui propose une participation dans "Twin Peaks : Fire walk with me".
En avril 1993, Chris Isaak publie un quatrième album très attendu, "SAN FRANCISCO DAYS". Disque d'or en France, il contient deux nouveaux succès : "Can't do a thing (to stop me)" et le titre générique, "San Francisco days".
"San Francisco days" (CD "San Francisco days")
Fin 1993, on retrouve Chris Isaak sur la bande originale du film de Clint Eastwood, "Un monde parfait", où il interprète deux titres. Le 8 octobre 1994, il est à l'affiche du "Elvis Aaron Presley Tribute" qui se déroule à la Pyramyd Arena de Memphis. Ce soir-là, il chante "Blue moon", un titre qu'il a sélectionné lui-même dans le gigantesque répertoire du King.
"Oui, j'ai toujours adoré cette chanson. Elle est vraiment superbe. Mais ce soir-là, je ne crois pas avoir chanté le pont. On va vous la faire avec le pont.
"Blue moon" (Enregistrement RTL)
Ce qui était génial, c'est que pour m'accompagner, il y avait Scotty Moore, le guitariste d'Elvis, et son batteur, DJ Fontana. C'était fabuleux parce que, ces gars, je les avais vus à la télé quand j'étais môme. Et celui que je rêvais d'être, ce n'était pas Elvis Presley, c'était Scotty Moore."
Chris Isaak continue sur sa lancée en mai 1995 avec "FOREVER BLUE". Ce cinquième album propose treize chansons autobiographiques qui tournent autour d'un sujet unique : la séparation. Côté cinéma, c'est le calme plat. A la télévision, Chris fait quelques apparitions dans les séries "Melrose Place" et "Friends".
"Somebody's crying" (CD "Forever blue")
En septembre 1996, Chris Isaak propose les "BAJA SESSIONS", un album acoustique qu'il a réalisé au Mexique, à Baja, comme son titre l'indique. On y trouve des compositions personnelles, des inédits et d'anciens morceaux qu'il a voulu réenregistrer. On y remarque aussi des reprises, des titres empruntés aux répertoires de Frank Sinatra, Dean Martin et Roy Orbison.
"Only the lonely" (CD "Baja Sessions")
Chris Isaak nous parle des "Baja Sessions", cet album qu'il a choisi d'aller enregistrer au Mexique.
"Si j'ai fait les 'Baja sessions', c'est parce que je voulais réaliser un album de musique très douce et très mélodieuse. On avait déjà enregistré des choses de ce genre avec le groupe, mais jamais tout un album. Et là, mon idée, c'était qu'on puisse écouter ce disque à la plage ou dans son lit, et pour cela, il fallait recréer un ambiance détendue. Et si nous l'avons enregistré au Mexique, c'est parce qu'il y a là-bas un océan magnifique, des cactus jusqu'au bord de l'eau, et qu'on peut s'éclater au surf. Et puis, ça nous a permis d'extorquer un petit peu d'argent à la maison de disques en prétextant que nous enregistrions jour et nuit. Finalement, on est restés là-bas plusieurs mois alors qu'on avait fini le disque en quinze jours. Pas vrai les gars ? Mais c'est normal. Nous ne pouvions pas descendre au Mexique et enregistrer dans la foulée. Il fallait d'abord s'imprégner de l'atmosphère. Et pour s'imprégner, on s'est imprégné ! Je me souviens qu'un soir à la cantine, Kenney, tu t'étais tellement imprégné de l'atmosphère, qu'il a fallu te ramener à la maison !"
"Return to me" (Enregistrement RTL)
Chris Isaak revient en 1998 avec son huitième album, "SPEAK OF THE DEVIL".
Fidèle à sa tradition de rocker romantique et élégant, il nous propose une fois encore ce mélange de ballades et de rocks nonchalants qui ont fait sa réputation et son succès. Pour réaliser "Speak of the devil", le "crooner de Stockton" s'est entouré de ses complices de toujours, au premier rang desquels se trouvent le producteur Erik Jacobsen et le batteur Kenney Dale Johnson.
"Je suis du genre fidèle en amitié. Regarde Kenney, mon batteur, on travaille ensemble depuis quatorze ans. Peut-être depuis trop longtemps d'ailleurs, n'est-ce pas Kenney ? Ça me semble une éternité. On travaille ensemble depuis tout ce temps parce que je crois qu'il est essentiel de garder ses amis. Idem pour Erik Jacobsen. Il est sympa, j'adore travailler avec lui, je l'aime quoi. Je pense que si artistiquement il faut savoir se renouveler, il n'est pas nécessaire de renouveler les personnes qui font partie de ton quotidien musical."
"Please" (CD "Speak of the devil")
Lorsqu'il était venu en France au moment de la sortie de "Speak of the devil", Chris Isaak n'avait pas fait de tournée, ni même donné de concert. Il était simplement venu présenter son nouvel album à son public préféré. Mais ce n'était que partie remise, il l'avait alors promis.
"Oui, c'est sûr, on va revenir et tourner en Europe. Actuellement, on a un hit sur les radios américaines et ils veulent que l'on retourne là-bas pour en assurer la promotion et donner des concerts. Mais crois-moi, dès que notre show sera vraiment au point aux Etats-Unis, on débarque ici à Paris. Ici, on veut donner le spectacle parfait, alors on le peaufine dans des petites villes de seconde zone comme San Francisco, New York ou Los Angeles. Et lorsque nous serons prêts, alors seulement nous viendrons, nous viendrons le présenter dans LA VILLE, la Ville Lumière, la ville magique, la cité des rêves et des espoirs : Paris, le centre du monde.... On va vous faire "Speak of the devil".
"Speak of the devil" (Enregistrement RTL)
Entre Chris Isaak et le cinéma, il s'est développé une véritable histoire d'amour. Et cela à plus d'un titre. On se souvient que David Lynch avait donné un sérieux coup de pouce à sa carrière en choisissant d'inclure "Wicked game" dans la bande originale de "Sailor et Lula". En 1999, c'est Stanley Kubrick qui choisit "Baby did a bad bad thing" (un extrait de l'album "Forever Blue") pour illustrer "Eyes wide shut", son ultime film avec Tom Cruise et Nicole Kidman.
"Baby did a bad bad thing" (CD "Forever blue")
Tout au long de sa carrière, Chris Isaak a été très présent au cinéma, que ce soit comme acteur ou comme chanteur. En effet, on retrouve certaines de ses chansons dans de nombreuses musiques de films. Les publicitaires ont également puisé dans ses compositions. Aux Etats-Unis, elles accompagnent des publicités pour plusieurs marques de voitures. En France, on se souvient d'une campagne de promotion des produits laitiers en 1992, où quatre spots différents étaient illustrés par autant de titres de Chris Isaak, notamment "Blue spanish sky".
"Blue Spanish sky" (CD "Heart shaped world")
A côté de la musique et du cinéma, Chris Isaak est aussi très présent à la télévision. Il a même eu sa propre émission hebdomadaire, "The Chris Isaak show", sur la chaîne câblée Showtime. Mêlant réalité et fiction, cette "sitcom" a duré trois saisons de 2001 à 2004. Elle racontait la vie de Chris Isaak dans un club baptisé le Bimbo. On y retrouvait les membres de son groupe, Silvertone, ainsi que de nombreux invités comme par exemple Stevie Nicks, Shawn Colvin, Green Day et Shelby Lynne.
Au milieu de toutes ces occupations, Chris trouve le temps de retourner en studio. En 2001, il participe à "GOOD ROCKIN' TONIGHT : THE LEGACY OF SUN RECORDS", où il reprend un titre d'Elvis : "It wouldn't be the same without you". Puis il enregistre un nouvel album, "ALWAYS GOT TONIGHT", qui paraît en février 2002.
"Let me down easy" (CD "Always got tonight")
En novembre 2004, Chris Isaak publie un album de Noël tout simplement intitulé "CHRISTMAS". Il réapparaît ensuite sur la bande originale du film "Esprit libre", puis sur l'album "GENIUS & FRIENDS" de Ray Charles, avec qui il interprète "You are my sunshine."
Le "BEST OF CHRIS ISAAK" qui sort en mai 2006 est la première compilation qui survole l'ensemble de la carrière du chanteur. Pour ce disque, Chris a travaillé sur commande, tout en s'efforçant de garder une certaine liberté de manœuvre et de création.
"Ma maison de disques m'a demandé cette compilation, parce qu'il était prévu dans mon contrat qu'on publie un 'Greatest Hits' au bout de neuf ou dix albums. J'ai dit : 'D'accord, mais faisons quelque chose de bien et laissez-moi y mettre du nouveau matériel.' J'y ai donc ajouté quatre nouveaux titres et j'ai beaucoup travaillé pour donner aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre. Ce que j'ai essayé de faire, c'est un disque que tu peux écouter en voiture avec ton amie sans que l'un ou l'autre dise : 'Change de disque.' Je veux qu'on puisse l'écouter d'une seule traite et trouver ça agréable."
Le "Best of Chris Isaak" propose dix-huit titres dont quatre reprises parmi lesquelles on remarque celle du classique de Cheap Trick, "I want you to want me".
"I want you to want me" (CD "Best of Chris Isaak")
De passage à Paris en décembre 2006, Chris Isaak rejoindra Johnny Hallyday sur la scène de "La Cigale" pour une reprise de "Blueberry Hill" de Fats Domino. En février 2008, il est au générique de l'album "TRIBUTE TO JOHNNY CASH" où il interprète deux titres. Sur la bande originale du film "ELVIS : VIVA LAS VEGAS", Chris reprend "Love me tender" en duo avec Brandi Carlile.
En octobre 2008, il publie "LIVE IN AUSTRALIA", un disque qui avait été enregistré à Melbourne deux ans plus tôt. En février 2009, Chris Isaak propose son onzième album studio : "MR. LUCKY". C'est le premier qui a été réalisé sans Erik Jakobsen, son producteur historique.
"We lost our way (California)" (CD "Mr. Lucky")
En juin 2010, Chris Isaak publie "LIVE AT THE FILLMORE", un album qui avait été enregistré à San Francisco en octobre 2008. Sur la pochette, qu'il a dessinée lui-même, il laisse transparaître une autre de ses passions : le surf. On le retrouve ensuite sur "LISTEN TO ME : BUDDY HOLLY", où il reprend "Crying, waiting, hoping".
Puis il se tourne vers un projet qui lui tient à cœur depuis plusieurs années : enregistrer dans le fameux Studio Sun, là où sont passées toutes ses idoles. Chris nous explique à quelle occasion il avait découvert cet endroit mythique.
"Kenney, mon batteur qui est là, était avec moi. Nous étions en bus, nous donnions une série de concerts aux Etats-Unis. Et au beau milieu d'une nuit, notre route nous a fait traverser Memphis. Et là j'ai dit : 'Arrêtez le bus, je veux voir le Studio Sun !' Nous plaisantons souvent, nous les musiciens, mais là, nous nous sommes arrêtés et on s'est retrouvé devant le studio. Je me rappelle, nous étions là tous les deux devant le studio, comme stupéfaits. C'était en pleine nuit, il n'y avait personne, c'est une partie de la ville plutôt isolée. Et tout d'un coup, sans l'avoir prévu, nous avons commencé à énumérer des noms. J'ai dit : 'Elvis a passé cette porte.' Kenney a dit : 'Howlin' Wolf est entré par cette porte, B.B. King était là, Jerry Lee Lewis …' Et quand on pense à tous ces gens qui sont venus dans ce petit studio, c'est étonnant !"
L'album que Chris Isaak a enregistré au Studio Sun s'appelle "BEYOND THE SUN". Il y reprend un répertoire qu'il a souvent interprété au cours de sa carrière, des classiques d'Elvis Presley, de Johnny Cash, de Jerry Lee Lewis, de Carl Perkins et de Roy Orbison. Mais il a également voulu y apporter une touche personnelle en y ajoutant un inédit, "Live it up". Il nous explique pourquoi.
"Si tu écoutes tous ces titres, ce sont tous des rythmes 'shuffle'. Tu peux faire le rythme 'shuffle', Kenney ? Et il y a aussi ces motifs de cymbale. Mais je voulais qu'on y trouve aussi un rythme rock plus net. Et c'est le seul titre du disque qui a un rythme rock net et moderne."
"Live it up" (CD "Beyond the sun")
Sur "Beyond the sun", Chris Isaak rend hommage à la glorieuse époque du Studio Sun à Memphis. Ce qu'on entend sur l'album n'a rien de nostalgique. C'est le reflet exact de l'identité musicale de Chris. Il aime cette musique depuis toujours et il reconnait qu'il a toujours écrit et composé dans cet esprit. Salué par des critiques très positives, Chris Isaak s'apprête à tourner aux Etats-Unis à partir du mois de mars.
"La vie est belle. J'aime chanter, j'aime enregistrer, j'aime voyager, j'aime les tournées en bus. J'aime rencontrer des gens, signer des autographes. Après le spectacle, je reste pour rencontrer le public. J'aime aussi donner des interviews, passer à la télé, c'est sympa. Même si parfois, ça peut être fatigant. Mais j'aime mon métier, j'aime ce que je fais. Et quand on aime, ça n'est jamais une corvée. Je n'ai jamais pensé : 'J'en ai assez. Je ne donnerai pas un spectacle ni une interview de plus.' C'est toujours un plaisir pour moi."
Disponible en éditions Standard, Deluxe et Collector, "Beyond the sun" a été produit par Chris Isaak lui-même, entouré de ses musiciens habituels. Le disque réunit toute une série de titres – connus ou moins connus - qui avaient été créés entre le début des années 50 et le milieu des années 60.
"My happiness" (CD "Beyond the sun")
DISCOGRAPHIE :
- "SILVERTONE" (album – 1985)
- "CHRIS ISAAK" (album – 1987)
- "HEART SHAPED WORLD" (album – 1989)
- "WICKED GAME" (compilation – 1991)
- "SAN FRANCISCO DAYS" (album – 1993)
- "FOREVER BLUE" (album – 1995)
- "BAJA SESSIONS" (album – 1996)
- "SPEAK OF THE DEVIL" (album – 1998)
- "ALWAYS GOT TONIGHT" (album –2002)
- "CHRISTMAS" (album – 2004)
- "LIVE IN CONCERT" (DVD – 2005)
- "BEST OF CHRIS ISAAK" (compilation – 2006)
- "LIVE IN AUSTRALIA" (live album – 2008)
- "GREATEST HITS LIVE" (DVD – 2009)
- "MR. LUCKY" (album – 2009)
- "LIVE AT THE FILLMORE" (live album – 2010)
- "BEYOND THE SUN" (album – 2011)
PARTICIPATIONS :
- "BLUE VELVET" (BO – 1986)
- "MARRIED TO THE MOB" ("Veuve mais pas trop") (BO – 1988)
- "SHAG" (BO – 1989)
- "WILD AT HEART" ("Sailor et Lula") (BO – 1990)
- "TRUE ROMANCE" (BO – 1993)
- "A PERFECT WORLD" ("Un monde parfait") (BO – 1993)
- "TIN CUP" (BO – 1996)
- "BEAUTIFUL GIRLS" (BO – 1996)
- "MR. WRONG" ("Drôle de numéro") (BO – 1996)
- "EYES WIDE SHUT" (BO – 1999)
- "FAMILY MAN" (BO – 2000)
- "GOOD ROCKIN' TONIGHT : THE LEGACY OF SUN RECORDS" (album – 2001)
- "MONA LISA SMILE" ("Le sourire de Lona Lisa") (BO – 2003)
- "CHASING LIBERTY" ("Esprit libre") (BO – 2003)
- "GENIUS & FRIENDS" (album – 2005)
- "TRIBUTE TO JOHNNY CASH" (album – 2008)
- "ELVIS : VIVA LAS VEGAS" (BO – 2008)
- "THE INFORMERS" (BO – 2009)
- "LISTEN TO ME : BUDDY HOLLY" (album – 2011)
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