Créé le 26/06/2012
Le séminaire
gouvernemental de lundi à Matignon a été pour le couple
Hollande-Ayrault, l'occasion de dire clairement, ce qui n'avait été que
concédé du bout des lèvres pendant les campagnes présidentielle et
législatives. Pas d'angélisme, c'est le choix du réalisme qui est fait.
Vous savez François Hollande et Jean-Marc Ayrault, déteste qu'on
définisse leur politique par rigueur ou par austérité, de même
d'ailleurs que Nicolas Sarkozy ne supportait qu'on définisse sa
politique par rigueur ou par austérité.
La réalité, c'est qu'il s'agit bien entendu de rigueur et d'austérité.
De rigueur et d'austérité de gauche sans doute, mais de rigueur et
d'austérité. C'est une situation qui est assez originale. La tradition
de la gauche quand elle arrivait au pouvoir, ça était vrai
historiquement, ça l'a été encore vrai sous la 5ème république, c'était
commençait par le rêve, et qu'on continuait par l'effort.
L'originalité de l'équipe actuelle de gauche, c'est qu'on commence par
l'effort, en espérant qu'il y aura peut-être un rêve après. La
conséquence de cette originalité, évidemment l'austérité de gauche ça
n'est pas l'austérité de droite parce que la politique fiscale n'est pas
la même. Mais pour le reste, même si ça doit choquer, au bout du
compte, la politique définie au séminaire d'hier ressemble plus à celle
de Nicolas Sarkozy qu'à celle de François Mitterrand.
Et puis, la dernière originalité qui n'est pas banale non plus, c'est
qu'on n'a jamais vu un président de la République disposer de toute
l'histoire de France, d'autant de pouvoirs politiques, pouvoirs
politiques au pluriel, et en même temps, on n'a jamais vu un président
de la République de gauche ou de droite d'ailleurs, avoir une marge
réelle aussi faible et étroite.
Principal objectif Alain, le déficit
public ramené à 3% en 2013. 4,5 cette année, ce qui veut dire qu'il faut
trouver de 7 à 10 milliards d'euros pour cette année, pour 2012, donc,
il faut s'attendre à un tour de vis fiscal dans les prochaines semaines.
D'abord, c'est difficile pour cette année, et c'est encore beaucoup plus
difficile pour l'année prochaine. Ce sont les priorités, les réductions
des déficits budgétaires qui ont été réaffirmées, ce sera d'autant
difficile que les prévisions de croissance étaient beaucoup trop
optimistes. On le sait bien, il va y avoir deux vagues fiscales. Une
première qui sera décidée dès le début du mois de juillet, qui sera pour
l'essentiel de revenir sur les mesures Sarkozy en matière fiscale.
C'est à dire l'impôt sur la fortune va être rétabli, tel qu'il était
auparavant, le régime des donations et des successions va redevenir ce
qu'il était avant, avant Sarkozy. Et puis il y aura une taxe de 3% sur
les dividendes, et puis on reviendra aussi sur les exonérations de
charges sociales pour les heures supplémentaires. Bref, on détricote ça.
Ça c'est pour juillet.
Et puis pour la rentrée, pour la loi de finance pour l'année prochaine, à
partir du début du mois d'octobre, là il va y avoir l'établissement de
nouvelles tranches d'impôts sur le revenu, et puis des taxes
exceptionnelles sur les grandes entreprises et sur les banques.
Et dans ce contexte, la hausse du SMIC,
qui sera annoncée aujourd'hui de l'ordre de 2% - 2,5% qualifiée de
"dérisoire" par Jean-Luc Melenchon, c'est un signe de sagesse
budgétaire.
Écoutez, ça m'embarrasse énormément de dire ce que je vais vous dire,
mais je trouve que Jean-Luc Melenchon a raison. Alors, je sais très bien
que ça va le désespérer, et que moi ça va m'inquiéter. Mais quand on
regarde le chiffre de 2% en lui-même, comme sur ces 2%, il y a 1,4%
d'inflation, il reste une augmentation de 0,6%. Faut se rappeler qu'en
1981, l'augmentation par François Mitterrand, avait été de 20%.
Donc, vous voyez, non n'est pas dans le même univers. Cela étant, et ça
c'est l'autre aspect des choses, pour les PME qui emploient, les 3/4 des
SMICARDS, pour les PME qui sont en situation de compétition en
permanence notamment sur le plan international, et bien, il est évident
que 2%, c'est toujours 2% de trop pour eux.
Juste un mot Alain, à trois jours du sommet européen, c'est quand même un message envoyé à Bruxelles.
Oui, il y a un message de "on va vraiment faire ce qu'il faut pour
réduire les déficits, comme on s'y est engagé", mais comme en même temps
on se refuse à dire que c'est de l'austérité, disons que c'est un
message brouillé...
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