L'invité de RTL
Du lundi au vendredi de 07h50 à 08h
Créé le 21/11/2011
La chronique du 21 novembre 2011
En détails
La ministre du
Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, répondait lundi
matin aux questions de Jean-Michel Aphatie.
Jean-Michel Aphatie : Valérie Pécresse, bonjour.
Valérie Pecresse : Bonjour.
Le meurtre d'Agnès, 13 ans, collégienne
à Chambon-sur-Lignon, par un jeune homme de 17 ans, déjà auteur de
violences sexuelles, est il le résultat d'une défaillance du système
judiciaire et du suivi des jeunes délinquants.
D'abord, vous dire que nous avons tous été bouleversés, je pense comme
tous les Français par le drame qu'a subi la petite Agnès, et que nos
pensées vont à sa famille et à toute la communauté éducative du
Chambon-sur-Lignon, car je crois qu'ils sont tous abasourdis et
bouleversés et tristes de ce drame.
Fatalité ou défaillance d'un système ?
C'est ce que nous allons savoir dans les jours qui viennent. Vous savez
que le Premier ministre va réunir aujourd'hui le ministre de la Justice,
le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Education nationale,
pour savoir s'il y a eu des défaillances, quelles sont ces défaillances,
et comment peut-on faire, pour qu'un tel drame, ne puisse plus jamais
se reproduire.
Les responsables de l'établissement
scolaire, disent : "Nous n'étions pas au courant du passé exact du jeune
homme..." C'est incroyable d'entendre cela.
Je crois qu'il faut que l'on sache où sont les responsabilités dans
cette affaire, et que les jours qui viennent vont nous le dire.
Le directeur du collège-lycée Cevenol,
est l'invité de Yves Calvi à 8h15. Il aura sûrement l'occasion de redire
que l'établissement scolaire et ses dirigeants n'étaient pas au courant
du contenu du dossier judiciaire du jeune coupable de ces actes.
Il faut qu'on assure la protection de tous nos enfants dans le système scolaire.
Trente-troisième "Journée de l'emploi"
ce matin sur RTL. Nous essayons d'aider les auditeurs à trouver des
emplois en les mettant en relation avec des personnes qui en proposent.
La démarche est donc optimiste, mais il faut quand même être aussi
réaliste. A la "une" ce matin du journal "Les Echos", dit ceci :
"Emplois : ces plans qui font craindre une rechute". Une multiplication
des plans sociaux, une dégradation du chômage, sont elles la crainte
dans les prochains mois, Valérie Pécresse ?
Aujourd'hui, le monde traverse une zone de turbulences qui a des
répercussions sur la croissance, et bien évidemment sur les entreprises.
Le gouvernement est extrêmement vigilant, et il met tout en œuvre pour
l'emploi. C'est notre priorité absolue. Notre stratégie est triple :
d'abord nous voulons agir sur l'emploi au plus près des territoires, et
au plus près des bassins d'emplois, c'est pour cela que demain à
l'initiative de François Baroin, nous réunirons avec Claude Guéant, avec
Eric Besson, l'ensemble des acteurs territoriaux qui s'occupent du
développement économique, pour qu'ils puissent accompagner mieux les
entreprises et prendre les meilleures mesures pour les entreprises, que
ce soient des mesures de financement, que ce soient des mesures de
financement, que ce soient des mesures de soutien et d'allégement des
formalités administratives, ou que ce soient des mesures de suivi de ces
entreprises.
Donc, nous travaillerons au plus près des bassins d'emplois et puis pour
les plus fragiles, vous savez que nous avons débloqué un plan de 500
millions d'euros pour aider les contrats aidés, les contrats de
sécurisation professionnelle, l'apprentissage des jeunes, c'est un gros
efforts que le gouvernement a fait dans cette période de contrainte
budgétaire, pour soutenir l'emploi de ceux qui sont le plus éloignés.
La semaine dernière, le groupe PSA
Peugeot-Citroën a annoncé un plan de 6.000 suppressions de poste, ce qui
est considérable. Et son PDG a été convoqué jeudi après-midi à l'Elysée
par le Président. Peugeot-Citroën est une entreprise privée. Que peut
faire la politique dans ce cas-là ? On n'a pas bien compris...
Je crois que la filière automobile a été constamment soutenue par le
gouvernement, énormément aidée. Je pense à tous les efforts que nous
avons faits en matière de crédits-impôts-recherches, en matière d'aide à
la filière automobile. Je pense qu'il est naturel et légitime que le
Président de la République, soit vigilant. Il s'agit d'une filière qui
réunit 100.000 emplois par exemple dans la région Ile-de-France.
Mais le gouvernement va mettre en
place, quoi ? Une cellule pour vérifier qu'il n'y a pas de plan social à
PSA, qu'est-ce que vous allez faire ?
Je crois que le PDG de Peugeot a pris des engagements extrêmement forts sur cette question.
Et vous vérifiiez qu'il les tient ?
Et bien évidement. Un plan social, on ne fait pas un plan social en
catimini, monsieur Apathie. Non, il n'y aura pas de plan social chez
Peugeot, il n'y aura pas de licenciement chez Peugeot. Néanmoins, il
faut qu'on travaille, et c'est aussi l'objet du rendez-vous du Président
de la République avec l'entreprise, il faut qu'on travaille au soutien
de cette filière automobile, qui est l'une de nos filières d'excellence.
Ca passe par de la recherche, ça passe des investissements d'avenir
dans le véhicule du futur, ça passe par une réflexion stratégique sur
cette filière.
Quand je dis filière, je pense à Peugeot bien sûr, mais je pense aussi à
tout l'emploi des sous traitants qui doit être évidement préservé.
Mais tout ça est lié à l'activité
économique. On n'a pas l'impression que ça va s'arranger. La zone euro
va rentrer selon les experts, plutôt dans une zone de récession que de
croissance. C'est ça qui manque pour les emplois.
Aujourd'hui la croissance est ralentie, mais elle existe encore...
... Elle est faible !
Oui, mais c'est pour ça qu'il faut qu'on la soutienne, c'est pour ça
qu'il faut à la fois qu'on acte le fait que le temps de la dépense
facile, est terminé, est révolu, et qu'il faut absolument que nous
fassions des économies de dépenses publiques, en même temps, il faut que
nous investissions dans l'avenir, et c'est sur ces deux pieds que
marche le gouvernement avec une stratégie de compétitivité, liée à la
recherche, à l'innovation.
Préparez vous un troisième plan de rigueur Valérie Pecresse ? Y réfléchissez-vous ?
Aujourd'hui, nous avons un budget qui est crédible, qui est sincère. Je
vois que le consensus des économistes en ce moment, et Dieu sait qu'il
est pessimiste, s'établit à quelques points près aux alentours de notre
prévision de croissance...
... Plus bas...
Un petit peu plus bas..
En général, c'est plus bas : 0,6% pour
la Commission européenne, et tout le monde trouve que la Commission
européenne est optimiste.
Non, non, tout ça, c'est parce que tout le monde est pessimiste, et que
l'auto-dénigrement est un sport national. Non, le FMI nous met à 1,4%.
La Commission, à 0,6%. Je lisais ce matin un quotidien du matin, qui
disait "le consensus est autour de 0,7%". Bref, avec 1% de croissance,
comme l'Allemagne, nous sommes dans le consensus, avec un peu de
volontarisme, je l'admets, mais nous avons 6 milliards d'euros de
réserves de précaution dans ce budget, qui nous permet de faire face à
une croissance ralentie.
Donc il faut tenir nos engagements de réductions des déficits, mais il
faut en même temps agir sur cette croissance et surtout ne pas prendre
des mesures qui plongeraient le pays dans la recelions.
Petite phrase pour terminer de Rachida Dati hier, qui va recevoir François Fillon avec un parachute sur sa circonscription. "Je
pense, a-t-elle dit, que si j'avais été un homme, ancien Garde des
Sceaux, et Maire du VIIème arrondissement, je n'aurais pas été traitée
de la même manière". "Si j'avais été un homme" : elle a tort, ou elle a raison ?
Elle a totalement tort, mais je ne dis pas pour autant que le féminisme
n'est pas nécessaire dans notre pays. Je pense que nous avons encore des
combats à mener.
Et bien, soutenez Rachida Dati, alors !
Ecoutez, je soutiens le premier ministre, parce que je crois
qu'aujourd'hui l'euro est menacé, l'Europe est menacée, et que les
députés européens, ont beaucoup de travail aujourd'hui.
Le Premier ministre n'est pas une femme, mais il a le soutien de Valérie Pécresse.
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