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écouter Ségolène Royal, présidente socialiste de la région Poitou-Charentes : "Le moment viendra où je serai utile dans la fonction qui me sera proposée"

Créé le 10/07/2012

Jean-Michel Aphatie

La chronique du 10 juillet 2012

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La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Ségolène Royal a déclaré n'avoir "rien demandé" pour obtenir de nouvelles fonctions, tout en indiquant "imaginer" qu'on lui en proposerait un jour. "J'ai vu que tous les jours pratiquement, on me prête une nouvelle fonction", a-t-elle ironisé, en réponse à une question sur l'éventualité d'une nomination à la tête de la future banque publique d'investissement souhaitée par les socialistes. Ségolène Royal n'a pas voulu revenir sur sa défaite aux législatives à La Rochelle, ni sur le tweet de soutien de la compagne du président Hollande, Valérie Trierweiler, à son rival, Olivier Falorni.


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Ségolène Royal.


Ségolène Royal : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous avez participé lundi à la grande conférence sociale, notamment en participant aux travaux d'une table ronde qui réfléchissait à la situation de l'emploi. Cette grande conférence sociale se poursuit et on ne voit pas bien à quoi ça sert.

Ca sert d'abord à relancer la confiance. Ca sert à affirmer un volontarisme de l'Etat et il était temps. Je puis, moi, en apporter directement le témoignage puisque je suis là pour représenter, avec d'autres collègues, l'association des régions de France et pendant les cinq années qui viennent de s'écouler, nous n'avons jamais été reçus, ni par le Président de la République ni par le Premier Ministre, alors que nous sommes les chefs de file de l'aide économique aux entreprises, que nous gérons la totalité des fonds de la formation professionnelle et de l'apprentissage, que nous passons des commandes publiques qui sont très importantes, notamment pour les PME, que nous gérons les fonds européens, etc.

Et donc, ce qui est nouveau dans la méthode aujourd'hui décidée par le Président de la République et le Premier Ministre, c'est qu'il y a une articulation nouvelle entre la démocratie sociale, puisque l'ensemble des partenaires sociaux sont présents, et la démocratie territoriale. Et l'objectif...

On y vient distribuer ? Là on est face aux urgences. On nous annonce des plans sociaux massifs, alors une grande sociale... alors que les urgences sont visibles de tous. C'est ça qu'on ne comprend pas.

Mais vous avez parfaitement raison. Nous sommes face à une urgence et donc, nous avons à prendre des décisions durables et nous sortons d'un système...

Dès cette conférence ?

Dès cette conférence, bien sûr, dès cette conférence. D'abord, les décisions qui ont été annoncées dans le programme du Président de la République et que nous devons maintenant mettre en application. C'est-à-dire que nous refusons les effets d'annonces que les Français ont subis pendant cinq ans et nous voulons des solutions stables et durables pour les cinq ans qui viennent.

Des solutions fiscales, des solutions écologiques, des règles sociales, des règles économiques stables, durables, qui vont permettre quoi ? Pour prendre l'exemple de la table ronde à laquelle je participais et qui était présidée par Michel Sapin. Pour savoir, premièrement, comment on rentre dans l'emploi plus facilement. Comment on reste dans l'emploi et, si on est sorti de l'emploi, comment on y revient.

Et sur chacun de ces trois points, il y aura des propositions précises, c'est-à-dire, on va dire, avec les partenaires sociaux présents et je puis vous dire que dans ces tables rondes, le dialogue est très direct, est très vivant, et très opérationnel. Tout le monde autour de la table veut trouver des solutions, et en particulier pour les trois points que je viens d'évoquer.

Il y aura donc des solutions concrètes, par exemple sur les licenciements boursiers. Ca a été abordé par tous les partenaires. C'était dans le programme présidentiel. Sur le contrat de génération...

PSA, la fermeture d'Aulnay, c'est un licenciement boursier, il faut s'y opposer ? Il faut accepter, on ne peut rien faire ?

Il aurait peut-être fallu l'anticiper déjà. On sait que dans le secteur automobile, il y a des mutations économiques à imaginer. Il y a le futur de la voiture électrique. Pourquoi est-ce que dans la filière des industrielles métallurgiques et minières, ça marche bien dans l'aéronautique, ça marche bien dans le ferroviaire et c'est en difficulté effectivement dans la filière automobile ? Parce que les Français ont beaucoup moins de pouvoir d'achat donc achètent moins de voitures.

Mais là, maintenant, on ne peut pas faire grand chose.

Là, effectivement, les choses ont trop traîné, ont trop tardé, donc il faut sans doute que l'Etat intervienne pour aider cette entreprise à évoluer et peut-être à conquérir de nouveaux marchés dans des filières connexes aux filières de la sidérurgie, des industries métallurgiques et minières, qui sont directement connectées à la problématique des transports.

Et je pense que si nous avions des politiques de filières sur les transports. Globalement, il y a des filières qui marchent dans le domaine des transports. Je viens d'en donner quelques exemples. Il y a des métiers qui sont convergents dans les métiers de l'automobile donc, il faut remettre à plat ces filières pour que l'ensemble des salariés qui aujourd'hui travaillent sur ces filières, restent dans l'emploi.

Qu'avez-vous pensé de l'augmentation du Smic à la fin du mois dernier ? 2% au total, et seulement 0,6% pour le coup de pouce promis. Les syndicats disaient "Beaucoup trop peu".

Vous savez, il y a deux façons de voir les choses. Du côté de ceux qui prennent la décision, il faut quand même admettre que c'est le coup de pouce le plus important depuis quinze ans. Et de ceux qui vivent au Smic, parce que, effectivement, le Smic...

Depuis cinq ans, vous voulez dire ?

Depuis quinze ans.

Quinze ans.

Depuis quinze ans. C'est le plus gros coup de pouce depuis quinze ans, l'augmentation du Smic.

0,6%.

Ah oui,  0,6%. Puisque le précédent, c'était en 1997 (+2,26%). Donc, depuis quinze ans, c'est le plus gros coup de pouce au SMIC donc il faut reconnaître cet effort là, mais pour celui ou celle qui vit au Smic, bien évidemment, c'est très faible.

Et alors?

Et alors, c'est quoi le coup de pouce au Smic ? C'est aussi un signal donné aux entreprise, que celles qui peuvent doivent augmenter les bas salaires. Les entreprises qui gagnent de l'argent ne sont pas obligées d'en rester au Smic. Elles peuvent payer les salariés au-dessus du Smic et surtout mettre en place des politiques salariales dynamiques pour que les salariés en France ne commencent pas au Smic et finissent leur vie professionnelle au Smic.

Nous sommes le seul pays industrialisé où nous trouvons, nous avons dans les entreprises, des salariés qui, entrant dans l'entreprise, finissent leur vie au Smic. Ca ne se voit nulle part ailleurs. Donc, il faut demander aux employeurs, aux patrons, de mettre en place des politiques dynamiques d'augmentation des salaires partout où c'est possible.

Vous avez été battue, Ségolène Royal, lors des élections législatives à La Rochelle, par un candidat socialiste dissident. Pensez-vous que l'intervention de la compagne du Président de la République a participé à votre défaite ?

Ecoutez, vous me permettrez de ne pas revenir sur cette affaire. Ce que...

Pourquoi ?

Parce que je...

Elle a été beaucoup commentée ?

Elle a été beaucoup commentée, eh bien que les commentateurs commentent cette affaire, moi je ne veux pas la commenter. Elle a été déjà assez pénible à vivre. Ce que je veux dire dans cette élection c'est que si, partout, des dissidents socialistes s'étaient maintenus alors qu'ils étaient arrivés en seconde position, c'est une centaine de circonscriptions que la gauche aurait perdue.

Il y a des règles politiques qui sont très claires. Lorsqu'il y a un dissident qui arrive en seconde position, il se retire pour que la droite ne fasse pas le jeu. J'ai été victime de cette trahison là. C'est un coup extrêmement dur mais, voilà, je suis à la tête de la région Poitou-Charentes, je continue la politique et je continue à servir mon pays.

Vous avez envie de le servir différemment ? Vous postulez à une fonction, à un poste ? On parle par exemple de la prochaine banque publique d'investissements qui pourrait être créée.

Ecoutez, j'ai vu que, tous les jours pratiquement, on me prête une nouvelle fonction. J'en remercie ceux qui me projettent ainsi...

Vous en demandez ?

Non. Je n'ai rien demandé d'abord parce que je suis à la tête d'une région, c'est très important aujourd'hui, pour le redressement économique du pays et je m'y applique plus que jamais. J'ai expliqué tout à l'heure de quelle façon. Et puis, le moment viendra où je serai utile dans la fonction qui me sera proposée.

Parce qu'on vous en proposera une.

Je l'imagine.

Très bien.

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