L'invité de RTL
Du lundi au vendredi de 07h50 à 08h
Créé le 25/11/2011
La chronique du 23 novembre 2011
En détails
La députée
européenne (UMP), maire du VIIème arrondissement de Paris et ancienne
Garde des Sceaux, répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel
Aphatie.
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Rachida Dati.
Rachida Dati : Bonjour.
Nous évoquons largement ce matin sur
RTL la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Il faut
souligner la gravité de la situation puisqu'en France, une femme meurt
de violences conjugales tous les deux jours et demi. Plusieurs
dispositions législatives spécifiques ont été prises en France pour
lutter contre ce phénomène depuis 2005. La loi se révèle-t-elle
efficace, Rachida Dati ?
Tout d'abord, les violences faites aux femmes ont été considérées
pendant très longtemps comme étant un tabou. C'est le fait qu'on en
fasse une cause nationale est tout à fait récent. Donc, vous le
rappelez.
Vous savez, quand on voit qu'une femme en 2011, 2010 en France, une
femme pratiquement tous les trois jours, meurt sous les coups de son
conjoint ou de son compagnon ou même de ses ex : de son ex-compagnon ou
de son ex-conjoint ; ça nécessite évidemment des mesures impératives et
efficaces.
D'abord, il faut rendre hommage aussi... Qui a permis que cette barbarie
devienne une cause nationale ? C'est la mobilisation des associations
qui se mobilisent et qui sont en permanence, qui mettent la pression
pour que nous prenions des dispositifs et des dispositions efficaces.
Moi j'agis, je milite depuis des années sur la lutte contre les
violences faites aux femmes.
J'agis comment ? D'abord en finançant par mon association sur des lieux
d'accueil, des lieux d'accueil pour des femmes victimes de violences et
leurs enfants parce qu'on oublie souvent les enfants dans ces tragédies,
en expérimentant des dispositifs et en faisant évoluer la loi.
Alors, vous dites : est-ce que c'est efficace ?
La loi, oui parce qu'on dit souvent, il y a beaucoup de lois et on ne sait toujours pas à quoi ça sert.
Oui, est-ce que c'est efficace ? Vous savez, quand vous voyez que le
viol entre époux a été considéré comme une infraction pénale qu'à
compter de 1992, voyez on est quand même très récent sur ce type de
violences.
Alors, il y a, moi, des mesures sur lesquelles que j'ai mises en place
et que j'ai combattues pour les obtenir pour lequel effectivement je
suis très fière mais ce n'est pas encore totalement efficace. L'éviction
du conjoint violent, ça c'est une mesure extrêmement efficace.
Mais ce sont des mesures que les femmes
qui sont confrontées à ce type de problèmes, utilisent, réclament et
obtiennent le soutien de la Justice.
Mais d'abord quand il y a des violences et l'intervention des services
de sécurité, d'abord c'est le conjoint qui sort et non plus la femme
avec les enfants. D'avoir permis aussi de mettre des psychologues dans
les commissariats gendarmeries parce qu'au moment de la plainte, c'est
très compliqué pour ces femmes. Effectivement, elles sont prises en
charge à ce moment-là, et puis aussi de permettre, et je me suis battue,
et l'actualité récente nous démontre la nécessité de partager des
informations.
On a pu mettre dans la loi la possibilité pour les médecins de révéler à
l'autorité judiciaire les violences faites aux femmes quand.... Ils ont
des femmes qui viennent consulter, parce que les femmes vont plus
facilement chez le médecin quand elles sont victimes de violences qu'au
commissariat de police.
Et puis, une obligation systématique de soins pour les conjoints
violents pour aussi traiter la récidive. Donc ces dispositifs sont mis
en œuvre, bien mis en œuvre puisque les condamnations ont augmenté de
plus de 40%. C'est à peu près 8% à 10% de condamnations en plus par an.
Donc un dispositif important, efficace
et malgré tout encore, beaucoup de femmes subissent ces violences qui
donc, en meurent, comme le disent les statistiques.
Bien sûr. Bien sûr. Parce que ce sont des violences très insidieuses,
elles se passent dans la sphère privée, intime, là où il devrait y avoir
de la confiance. Donc, il faut continuer à être très mobilisé sur le
sujet et peut-être qu'un jour, on arrivera à en faire une politique
pénale prioritaire, peut-être comme on a créé des poles financiers, des
poles liés au contentieux de l'Environnement, peut-être qu'un jour qu'il
faudra créer des poles spécialisés de lutte contre les violences faites
aux femmes au niveau des juridictions, des tribunaux mais aussi au
niveau des commissariats ou des gendarmeries.
Les femmes qui mènent une action
politique se plaignent souvent de l'attitude des hommes à leur égard.
Vous-même êtes actuellement en lutte contre le Premier ministre,
François Fillon, qui souhaite être candidat aux élections législatives
de juin prochain dans le VIIème arrondissement de Paris dont vous êtes
le maire, et vous avez vous-même l'intention d'être candidate."Si j'avais été un homme, avez-vous dit, jamais on ne m'aurait traité comme ça." C'est un argument de commodité, ou vous le vivez vraiment comme une réalité ?
Monsieur Aphatie, avec ce que je viens de vous dire et de vous décrire ;
vous savez les arguments de commodité, ma vie n'a pas été une vie de
commodités ; donc je ne suis pas dans cet argument. Je ne suis pas dans
l'argument.
Quel est le sujet pour Paris ? Est-ce qu'il serait normal alors que la
majorité des Parisiens sont des femmes à Paris ; est-ce qu'il serait
normal qu'il n'y ait plus de femmes investies sur des circonscriptions à
Droite à Paris ? C'est le problème de la représentation des femmes à
l'Assemblée nationale... Oui, je le dis...
Et le Premier ministre y est indifférent ?...
Non, mais je le dis. Je le dis. C'est vrai que si j'avais été un homme,
ancien Garde des Sceaux, élu de Paris, je crois que François Fillon ne
m'aurait pas traité de cette manière.
Et parce que vous êtes une femme, il se sent le droit de dire : Sortez, j'arrive !
Mais non... Mais non... Vous savez, en Politique, je vais vous dire, en
Politique souvent pour se débarrasser d'une femme, on la déstabilise
comment ? C'est-à-dire qu'on ne lui dit pas de partir, on la pousse à
l'écoeurement avec des méthodes indignes, souvent inacceptables par
définition, et évidemment quand vous ne venez pas du sérail...
Donc, moi je vais vous dire : je suis élue de Paris, je suis maire du
VIIème arrondissement, j'agis tous les jours au service des Parisiens,
je suis conseiller politique de l'UMP, je suis tous les jours à soutenir
l'action du gouvernement et à soutenir évidemment et être mobilisée
pour la réélection du Président de la république. Donc si vous voulez,
je ne renoncerai pas mais je continuerai à dénoncer les méthodes
déloyales et qui sont anti-démocratiques.
C'est un constat, Rachida Dati : vous n'êtes pas forcément soutenue par les femmes qui sont aujourd'hui au gouvernement.Un exemple. Nadine Morano, au micro de Jérôme Florin : "Il sera investi dans cette circonscription ; et il n'y a même pas de débat". Ah, le son est à peine un peu plus long. "Il n'y a même pas de débat", à propos de François Fillon, dit Nadine Morano. Il sera investi. Voilà.
Ecoutez, ce n'est pas elle qui décide. Il y a une commission... Puisque
je souhaite que l'UMP soit une instance démocratique, il y a une
commission nationale d'investiture qui est indépendante. Donc, les dés
sont pipés, alors ! si c'est Madame Morano...
... Peut-être !
C'est pour ça que je pose la question. Donc, vous savez, elle a dit
pire. Les Français ne supportent plus ce genre de paroles. Ca écoeure
les Français de dire, j'ai même entendu que j'avais été servie sur un
plateau en or massif.
Vous savez, moi, quand le Président de la République m'a demandé de me
présenter dans le VIIème arrondissement, il savait compte tenu de ma
personnalité, de ce que je pouvais représenter, que l'élection n'était
pas gagnée dans le VII ème arrondissement. Pourquoi ? Il avait fait le
choix pour la Droite et pour l'UMP de rappeler ces valeurs fondamentales
pour l'UMP qui sont : le respect de la parité, de la diversité mais
aussi du travail.
Alors quant à Nadine Morano, elle a été bien servie puisque, elle, elle
est devenue secrétaire d'Etat après avoir été mais bien battue aux
élections municipales en 2008.
"Je souhaite, a dit Xavier Bertrand, que Jean-François Copé intervienne pour faire cesser les attaques contre le Premier ministre". Ca crée beaucoup de désordre cette situation !
Oui, mais moi j'ai lu cette interview. Vous savez, j'avais une réunion
avec des salariés, notamment des salariés du privé qui étaient vent
debout puisque nous vivons une crise sur sa proposition, la proposition
de Xavier Bertrand, d'ajouter une journée supplémentaire de carence en
cas d'arrêt maladie. Je peux vous dire que cette proposition a mis en
émoi les salariés du privé. C'est grâce, c'est grâce à Jean-François
Copé et à Christian Jacob que cette proposition a pu être retirée pour
...
Je ne vois pas bien le lien ?
Si, si. Donc, je demande effectivement, si j'ai un conseil à donner à
monsieur Xavier Bertrand, c'est de faire comme Jean-François Copé, qui
est très mobilisé pour l'unité de notre famille politique.
La deuxième chose, c'est qu'il respecte le travail du parti parce que
quand je vois que Xavier Bertrand monte une petite réunion sur le
projet, le même jour, que la grande convention de l'UMP sur le projet
présidentiel, voyez c'est... quelqu'un qui appelle à l'unité et crée la
division.
Rachida Dati - Voyez, elle sait parler aux hommes - était l'invitée de RTL ce matin.
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