L'invité de RTL
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Créé le 15/11/2011
La chronique du 15 novembre 2011
En détails
Le député-maire socialiste d'Evry répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin.
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Manuel Valls.
Manuel Valls : Bonjour.
Les dirigeants écologistes assurent
vouloir rechercher un compromis avec François Hollande sur la question
du nucléaire. Et la demande des écologistes, ce matin, paraît simple :
que le candidat socialiste s'engage s'il entre à l'Elysée à suspendre
les travaux de la construction de l'EPR de Flamanville, le temps qu'un
audit sur la sécurité soit réalisé. Pouvez-vous accéder à cette demande,
Manuel Valls ?
Non, il y a une discussion avec les Ecologistes qui est encore en cours.
Je crois qu'il y a un accord sur l'essentiel. Cette discussion va se
poursuivre. Nous souhaitons un accord. Cet accord est possible. Mais il
ne peut pas se faire au détriment des convictions de François Hollande
qui sont très simples. Il en va de l'intérêt national, de la
souveraineté de l'indépendance de la France dans le domaine énergétique.
Nous avons besoin de cet EPR, de ce réacteur de troisième génération
qui est actuellement en construction à Flamanville pour réussir,
précisément, la transition énergétique.
Alain Duhamel vient de le dire : François Hollande s'est déjà engagé, il
y a plusieurs mois, sur une réduction de la part du nucléaire dans la
production électrique. Ce passage à l'horizon 2025 à 50% de cette part,
sera déjà difficile à atteindre ; et nous aurons besoin, évidemment,
d'une nouvelle industrie du démantèlement puisqu'il faudra fermer des
centrales nucléaires et des réacteurs d'énergie renouvelable. Il faut
que la France investisse, ce qu'elle n'a pas fait jusqu'à maintenant,
d'un plan d'économie d'énergie mais pour cela, nous avons besoin de
l'EPR. Il est hors de question d'arrêter ce chantier, en sachant
évidemment - et François Hollande l'a souligné aussi - que la question
de la sécurité et du coût de l'EPR, sont tout à fait fondamentales.
Et pour cela, nous avons besoin du rapport de l'Autorité de Sûreté
Nucléaire et du rapport qui est en cours de la Cour des Comptes.
Hors de question d'arrêter les travaux,
dites-vous, ça c'est net. Donc, même si vous êtes d'accord sur beaucoup
de choses, il y a là, semble-t-il, un point qui est un point de
divergence insurmontable entre vous et les écologistes ; tant pis s'il
n'y a pas d'accord entre vous et les écologistes pour cette campagne
présidentielle ?
Il y a un accord sur l'essentiel, chacun connaît et connaissait la
position de François Hollande sur ce sujet-là. C'est aux écologistes de
prendre leurs responsabilités sur ce sujet.
Donc, tant pis s'il n'y a pas d'accord ?!
Mais je pense qu'un accord est possible encore ; c'est aux Verts de prendre leurs responsabilités.
C'est aux Verts de prendre leurs
responsabilités. Ils auront entendu le message ; et Daniel Cohn-Bendit
l'anticipe un petit peu ce matin dans "Libération". "François Hollande",
dit-il, -je ne suis pas sûr que ce soit une gentillesse dans sa
bouche- "est en train de se "ségoléniser", du prénom de Ségolène Royal.
Alors il veut manifester par là, pour ceux qui n'auraient pas compris :
un acte d'autorité qu'il juge déplacé !
Vous savez, dans ce moment difficile pour les Français, difficile pour
notre pays sur le plan économique et financier ; notre pays est en fait,
aujourd'hui, dégradé déjà, il a perdu la confiance de tous les acteurs
économiques. Le chômage monte, la précarité ne cesse d'augmenter. Il y a
une crainte de nos compatriotes sur l'avenir.
La responsabilité de la Gauche, c'est de ne pas créer des faux débats,
c'est de regarder l'avenir, c'est de préparer le rassemblement avec et
autour de François Hollande qui doit incarner, qui incarne une force
tranquille par la cohérence de son discours, par la différence évidente
qu'il incarne à l'égard de Nicolas Sarkozy...
... "Autoritaire", dit Daniel Cohn-Bendit !
... Et par la responsabilité qui est la sienne, il est le seul qui
puisse, demain, battre Nicolas Sarkozy ; il est le seul qui, à Gauche,
puisse être le prochain Président de la République.
Que nos adversaires, la Droite, fassent preuve de grossièretés pour
masquer l'échec économique, les injustices que subissent les Français,
les "affaires" : Bourgie, Djori, Takkiedine, Squarcini ; le rôle tout à
fait étrange au milieu de ces "affaires" de l'actuel ministre de
l'Intérieur, tout cela est au fond assez normal et assez logique ; mais
nos concurrents de Gauche ne doivent pas être agressifs. La Gauche ne
doit avoir que comme seul adversaire : la Droite ; et tous les mots qui
blessent restent dans la campagne.
En disant : pourquoi choisir à Gauche
pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalos comme
François Hollande, vous considérez que Jean-Luc Mélenchon a été grossier
?
En tout cas, il a oublié ce que je viens de dire : il ne devrait avoir
qu'un seul adversaire, la Droite ; un seul adversaire : l'Extrême
Drotie. Il ne doit pas l'oublier !
Vous avez parlé de grossièreté, vous pensez que le mot de Jean-Luc Mélenchon est grossier ?
Mais vous savez, toutes les attaques personnelles sont forcément
grossières et les Français doutent de la politique et en même temps, les
primaires citoyennes que nous venons de vivre, qui ont donné une force,
une légitimité incontestable à François Hollande, ont fait au fond la
démonstration qu'il y avait un goût pour la Politique.
Vous savez, je suis en train de constater, par exemple, à Evry, le
nombre de personnes qui sont en train de s'inscrire sur les listes
électorales. Les Français savent que cette élection présidentielle va
être difficile ; donc, il faut être à Gauche, en tout cas, à la hauteur
de ses responsabilités. François Hollande l'est par sa cohérence et son
discours de vérité.
Derrière le mot de Jean Luc Mélenchon, il y a une question que Martine
Aubry avait déjà posée à sa façon, c'est la faiblesse de caractère réel
ou supposé de François Hollande : "capitaine de pédalos" donc, dit
Jean-Luc Mélenchon ; "gauche molle", avait dit Martine Aubry, il y a de
cela à peine un mois.
François Hollande est-il faible de caractère ?
François Hollande est face aux Français. Il va aller les rencontrer ; il
va porter un projet de redressement du pays ; il va proposer un pacte
industriel productif, il fait de la Jeunesse sa priorité et de la
justice sociale la marque demain de sa politique économique. Il incarne
l'espoir, il incarne une espérance pour les Français et son autorité est
incontestable. C'est un homme d'Etat et moi, je suis convaincu, c'est
pour cela que je soutiens qu'il sera le prochain Président de la
république, personne ne doit l'oublier.
Il a suffisamment de caractère pour l'être ?
Ecoutez, il en est arrivé là après un long parcours politique. Il y a
quelques mois, personne ne pensait qu'il sera là ; c'est déjà avoir fait
fort de beaucoup de caractère et d'une autorité incontestable.
Pendant la primaire, vous disiez, vous,
Manuel Valls puisque vous étiez candidat à la retraite à 60 ans ? Un
candidat socialiste s'il est élu à l'Elysée, ne la remettra jamais en
vigueur ? Vous persistez ce matin ?
Mais cela va de soi.
C'est toujours dans le programme de François Hollande, je vous signale !
Non, mais François Hollande a été toujours très clair sur ce sujet-là.
Il l'a encore redit il y a encore quelques jours : cette retraite à 60
ans concerne ceux qui ont cotisé pendant 41 annuitées et demi, voire
42...
... Et rien que ça, c'est possible financièrement ?
Mais cela sera possible financièrement bien évidemment.
Vous devez revoir votre programme économique au regard de la crise qui est en train de nous frapper durement ?
Evidemment que de toute façon, il faut s'adapter à la situation.
Le programme économique de François Hollande va donc changer ?
Mais le programme économique de François Hollande, quand il le proposera
au début de l'année, va forcément intégrer la prévision de croissance ;
mais pardon de vous le dire, Jean-Michel Aphatie, ceux qui doivent
s'adapter tout de suite, ceux qui mentent aux Français : c'est Nicolas
Sarkozy et François Fillon puisque déjà le plan de rigueur qui a été
annoncé, qui est injuste et incohérent, est aujourd'hui caduque vue la
prévision de croissance à la baisse pour notre pays.
Vous faites partie, Manuel Valls, des derniers visiteurs de Dominique Strauss-Kahn.Est-il déprimé par les dernières révélations rapportées par la presse à son propos ?
Je ne commente aucun de mes rendez-vous privés !
Et c'était un rendez-vous privé ?
Et c'était bien évidemment un rendez-vous privé.
Manuel Valls, directeur adjoint je vais dire, je ne sais pas trop...
... Oui, il ne faut pas croire tout ce qu'il y a dans la presse.
... Et tout n'est pas faux, non plus, était l'invité de RTL ce matin. Ca, c'est vrai !
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