Créé le 23/08/2012
Bernard Poirette
La chronique du 23 août 2012
En détails
Le premier secrétaire délégué du Parti socialiste répondait aux
questions de Bernard Poirette jeudi matin, à quelques heures de
l'ouverture de l'université d'été de son parti à La Rochelle. Harlem
Désir a réaffirmé qu'il se présenterait à la succession de Martine Aubry
à la tête du parti si la Première secrétaire renonçait. Il se fixe pour
mission d'"aider à faire émerger de nouvelles générations, faire en
sorte que les Français restent au cœur de la politique", comme pendant
les primaires de 2011.
Bernard Poirette : Bonjour Harlem Désir.
Harlem Désir : Bonjour, Bernard Poirette.
Quand Martine Aubry dit, comme si se passe comme je le souhaite, je
ne serai plus première secrétaire du parti socialiste après le congrès
de Toulouse fin octobre, ça veut dire quoi : ça veut dire que c'est elle
qui désigne son successeur ?
Ça veut dire, que comme l'a dit Martine Aubry, elle s'exprimera sur ce
sujet. Elle souhaite que le parti socialiste puisse continuer le travail
qu'elle a mené pendant quatre ans et qui a permis avec François
Hollande, elle mène la gauche à la victoire. Et donc, il faut que les
conditions - elle le souhaite - de l'union, du rassemblement et de la
rénovation, qui se poursuivent, soient réunies.
Oui, n'empêche qu'elle n'a pas dit formellement et officiellement :
"Je ne suis pas candidate à ma succession" dans tous les cas de figure.
Mais encore une fois, c'est elle qui s'exprimera en vue de ce Congrès de
Toulouse que vous avez évoqué. Mais notre actualité là, ça va être de
nous retrouver à nos universités d'été de rentrée qui seront 100% des
universités d'idées.
Nous allons retrouver nos amis, nous allons travailler avec les membres
du gouvernement sur les grandes préoccupation des Français en cette
rentrée : l'emploi, le pouvoir d'achat, l'école. Et vous l'avez vu, le
gouvernement n'a cessé depuis sa prise de fonction, et encore là hier
avec la rentrée du Conseil des ministres de prendre des mesures pour
rétablir la justice sociale, en même temps qu'engager le redressement du
pays, au service des Français.
Les engagements sont tenus, le décret de la retraite à 60 ans pour les
carrières longues, la revalorisation d'allocations de rentrée scolaire,
les postes de profs nouveaux dans les écoles, les zones de sécurité
prioritaires, répondre à la crise de l'euro, comme le fait François
Hollande. Et puis, mettre en chantier les grandes réformes
structurelles, pour l'emploi des jeunes, les emplois d'avenir, le
financement du logement, avec le relèvement du Livret A et la mise à
disposition de terrains de l'état pour les collectivités locales. Donc
le train du changement est lancé, et le Parti Socialiste est un acteur
indispensable de ce changement, nous allons rassembler les militants qui
ont fait un travail extraordinaire tout au long des derniers mois et de
la dernière année, pour réussir les primaires tout d'abord, cette
ouverture du parti à la société, le succès aux sénatoriales, les
victoires aux présidentielles, aux législatives, et aller de l'avant
pour inscrire ce changement dans la durée.
Tout de même, je reviens à la tête du PS, Harlem Désir. Est-ce que vous, vous voulez être le patron du PS fin octobre ?
Moi, j'ai toujours dit que si Martine Aubry ne se représentait pas,
après avoir été le premier secrétaire par intérim pendant les primaires,
qui ont été encore une fois, un moment d'innovation politique,
d'ouverture à la société du parti socialiste avec la confiance de tous
les candidats, avec une relation qui s'est nouée avec les militants, qui
nous a permis...
Je serai candidat, j'ai envie de dire pour un programme en plus d'unité,
encore plus d'idées, encore plus de rénovation. Aider à faire émerger
de nouvelles générations et puis surtout, faire en sorte que les
Français restent au cœur de la politique comme ils l'ont été quand nous
avons organisé les primaires.
C'est aussi important d'avoir un parti socialiste fort qui est ouvert à
la société, qui écoute, qui dialogue. Ce n'est pas écouter pour écouter,
c'est parce qu'il faut écouter pour être entendu, et pour que le parti
socialiste fasse remonter des idées, enrichisse l'action du
gouvernement, soit une boite à idée, soit une source d'innovation, parce
qu'il y a des défis auxquels il faut répondre en permanence, et que
réussir le changement dans la durée, c'est y associer les Français pour
évaluer à chaque étape quand nous engageons les grandes réformes sur
l'école, sur la réindustrialisation, sur la démocratie locales, il y
aura des échéances locales qu'il faudra gagner en 2014, sur le
redressement de l'Europe et sa réorientation sociale, il y aura des
élections européennes, et puis il y a la bataille engagée par François
Hollande, et bien c'est avec les Français qu'on réussira le changement,
et le parti socialiste que je souhaite, c'est le parti des primaires,
c'est le parti ouvert sur la société, j'ai envie de dire, ce n'est pas
le parti du Congrès de Reims, nous avons tourné cette page et bien moi,
je suis candidat, et je suis à la disposition des militants socialistes,
si Martine Aubry ne se représentait pas lors du prochain Congrès.
Vous avez assurément fait du bon boulot où vous avez été appelé à le
faire Harlem Désir, et pourtant j'ai lu dans les gazettes, que Martine
Aubry vous apprécie moyennement. Vous comprenez ça vous ?
D'abord je ne lis pas ce genre de choses dans les gazettes, j'ai non
seulement des relations d'amitié mais de confiance politique avec
Martine Aubry, que j'ai secondé pendant quatre ans, que j'ai donc
épaulé, que j'ai accompagné dans ce travail extraordinaire qu'elle a
fait de redressement de notre parti.
Elle en a fait un parti capable de bâtir un projet, de rassembler
l'ensemble des socialistes, de préparer ces primaires, de convaincre les
Français de remporter des élections intermédiaires, c'étaient les
élections régionales, cantonales, municipales auparavant avec François
Hollande, et puis les élections sénatoriales. Et tout cela a été le
socle de la confiance qui s'est rétablie entre les Français et le Parti
socialiste.
Elle a cœur que ça continue, elle a aidé aussi, vous l'avez vu au
renouvellement dans nos candidatures aux législatives, à la diversité, à
l'ouverture du parti à de nouvelles générations, mettre en place de
nouvelles équipes, transmettre le flambeau à des jeunes qui viennent de
rentrer à l'Assemblée Nationale, qui viennent de prendre des
responsabilités dans notre parti, c'est ce à quoi je suis candidat dans
la suite de son travail.
Il y en a un au moins qui vous apprécie, c'est Olivier Falorni, le
tombeur de Ségolène Royal. Il a dit qu'il y en avait deux qui avaient
vraiment du poids, et qui étaient des gens de hauteur, Désir et
Rebsamen. Donc vous même et François Rebsanen.
Je n'avais pas connaissance de cette déclaration.
Si, si il vous aime bien. Falorni a été exclu du PS après avoir fait
tomber Ségolène Royal. Les vigiles à la Rochelle, ils ont ordre de le
refouler, s'il se présente à la porte ou pas ? Il n'y a pas de vigile ?
A la Rochelle, il n'y a que des amis. Olivier Falorni n'est plus membre
du parti socialiste, vous le savez, donc il ne participera pas à
l'Université d'été.
Mais il est élu. Il a dit qu'il viendrait boire un verre.
Il est élu de La Rochelle et donc, si des amis le croisent, et j'imagine
qu'ils se salueront . Il n'y a pas d'excommunication au Parti
Socialiste.
Un dernier mot Harlem Désir, à titre personnel, est-ce que vous
regrettez l'absence de Ségolène Royal, elle est en Afrique du Sud pour
l'International Socialiste ?
Ségolène Royal a fait le choix d'aller représenter le parti socialiste à
l'International Socialiste, donc elle va travailler pour les
socialistes, et il faut respecter ce choix. Elle est toujours bien
évidemment, une de nos dirigeantes importantes qui va jouer un rôle
encore important dans l'avenir.
Mais à titre personnel, vous regrettez son absence ou pas ?
Je respecte son choix, il faut comprendre, qu'elle ait peut-être voulu
être un petit peu en retrait à ce moment, tout en étant très présente
dans l'actualité politique et dans la bataille au service de nos idées,
en tant que vice présidente de l'International Socialiste.
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