Créé le 25/02/2013
Jean-Michel Aphatie
Jean Michel Aphatie : Bonjour, Harlem Désir.
Harlem Désir : Bonjour.
A la surprise générale hier, le ministre de l'éducation Vincent Peillon a annoncé qu'il souhaiterait bien raccourcir les vacances d'été, six semaines réparties en deux zones. Matignon a tout de suite fait savoir que si ça se faisait, ce ne serait pas tout de suite. C'est une boulette de Vincent Peillon ?
Non, Vincent Peillon a voulu indiquer qu'une réflexion pourrait être ouverte en 2015, à partir de 2015. Mais la réforme des rythmes scolaires dont il est question, c'est celle de la semaine, c'est celle de la journée, c'est celle des quatre jours et demi dans l'intérêt de l'enfant...
... Vous vous êtes déjà fâché un peu avec les enseignants, ce n'est pas la peine d'en remettre un peu plus avec les vacances scolaires d'été...
Mais comme je vous le dis, il s'agit là d'une piste de réflexion pour l'avenir. Il n'y a aucune décision dans ce domaine. Les décisions qui ont été prises, ce sont celles qui concernent les rentrées 2013/2014 pour la semaine de quatre jours et demi. Et c'est cette réforme là des rythmes scolaires qu'il faut réussir, parce qu'elle est importante pour les enfants.
Une faute de la part du ministre de l'Éducation ?
Je crois qu'on a toujours le droit d'ouvrir des réflexions, on ne doit pas être fermé. On peut à la fois travailler sur la mise en œuvre des réformes décidées et en même temps se projeter dans des réformes suivantes, même si elles n'ont pas encore été décidées.
La France connaît une panne de croissance, on le sait tous maintenant. La croissance en 2013, par exemple, sera très proche de zéro. Et puis il faudra réduire les déficits selon les engagements pris devant la Commission, l'équilibre en 2017. Et c'est pour cela que "Les Echos" de ce matin titrent : "Les hausses d'impôts seront inévitables en France en 2014", alors même que le gouvernement dit "stabilité fiscale jusqu'à la fin du quinquennat". Qui a raison, "Les Echos" ou le gouvernement ?
D'abord, je pense que c'est le gouvernement qui a raison de rappeler qu'il y a un cap qui a été fixé. Ce cap, c'est à la fois le désendettement et en même temps le soutien à l'investissement. Le désendettement parce que c'est une question de souveraineté économique, c'est une question d'indépendance. Nous ne pouvons pas nous mettre dans la main des marchés et continuer la politique irresponsable qui avait été menée sous monsieur Fillon qui, d'ailleurs, se lance maintenant et veut donner des leçons à tout le monde mais qui nous a laissé une ardoise, 600.000 milliards de plus.
Et, le deuxième élément, c'est l'investissement, c'est la préparation de l'avenir. C'est la priorité à l'école, nous le disions, ce n'est pas simplement des réformes des rythmes scolaires, c'est de faire en sorte qu'il y ait des enseignants recrutés, formés devant nos élèves, c'est le soutien de l'investissement privé, c'est le pacte de compétitivité, c'est le crédit d'impôt, c'est la banque publique d'investissement, c'est tout ce qui est fait pour encourager l'embauche, les aides qui vont être accordés pour les contrats de génération, les contrats d'avenir et donc c'est aussi maintenir l'investissement public, parce que si on ajoute de l'austérité et des restrictions inutiles à une situation de récession dans la Zone euro, on nous annonce pour la France 0,1% de croissance, ce n'est pas encore la récession et bien là on aura encore plus de mal à réduire le chômage et à réduire l'endettement.
Si on veut réduire les déficits, il faudra couper dans les dépenses et il faudra - c'est ce que dit "Les Echos", tout le monde le sait ou en tout cas l'attend - augmenter les impôts
Ma position, c'est que sur le plan de la fiscalité, je crois qu'il ne faut pas en rajouter. Alors, il y a des réductions de dépenses, il y a des efforts à faire, dans toutes les administrations. D'ailleurs, tous les ministres ont reçu de ce point de vue des lettres d'orientation, des lettres de cadrage. Elles peuvent porter sur le fonctionnement, il y a une stabilité qui a été décidée de l'ensemble des effectifs de la fonction publique mais en maintenant nos priorités, c'est une politique résolument à gauche de ce point de vue, embauche de 40.000 fonctionnaires dans l'Éducation nationale, on va continuer à avoir plus de gendarmes et de policiers sur le terrain, 60.000 sur le quinquennat.
Mais 40.000 cette année pour aller au-delà du remplacement des départs à la retraite et qui est, vous savez cette politique plus de maîtres que de classe, par exemple un meilleur encadrement mais c'est vrai que dans les autres administrations et même dans certaines de ses administrations les services administratifs il y a des efforts qui vont être fait. Mais je crois qu'il faut faire d'avantage d'effort sur les dépenses, sans mettre en cause l'investissement et ne pas rajouter de nouveaux prélèvements. Après il y a des discussions spécifiques qui vont avoir lieu pour les retraites, pour la protection sociale, là c'est aux partenaires sociaux d'en décider, par exemple actuellement ils débattent des retraites complémentaires Agirc-Arrco, ensuite il y aura le régime général mais il y a une demande des syndicats de salariés d'augmentation des cotisations employeurs et salariés pour remettre à flot les retraites complémentaires pas ça n'est pas de la fiscalité...
Ça y ressemble quand même...
Ce sont des cotisations sociales, gérés par les partenaires sociaux.
Ça prend de l'argent aux salariés, aux gens qui travaillent. Ca ne va pas favoriser la consommation !
Oui, mais toute la bataille que nous menons, elle est pour refuser que la France devienne demain dans la situation d'un pays comme la Grèce. S'il y a une bonne gestion, si on prend une pente différente de celle qui avait été prise par le gouvernement précédent. Donc il faut à la fois être très rigoureux dans la gestion mais en même temps soutenir l'investissement à la croissance, l'objectif de toute notre politique c'est le redémarrage de l'emploi.
D'autres réformes ont l'air difficiles, le cumul des mandats seulement en 2017 dit le Conseil d'État, parce que si c'était avant, cela violerait le principe de non rétroactivité de la loi et de non remise en cause des mandats à qui, vous, vous souhaitez quoi...
Moi je souhaite que cet engagement que nous avons pris qui est très important pour la rénovation de la vie politique s'applique dès 2014. Le Conseil d'État...
... Vous le souhaitez toujours, même si le Conseil d'État dit : "Il faut le faire en 2017" ?
Le Conseil d'd'État n'a pas dit qu'on ne pouvait pas le faire en 2014. Il a dit que dans ce cas là si un député choisissait son mandat local et que donc il était amené à démissionner de son mandat de député, il y aurait une organisation d'une partielle. S'il y a trop d'obstacles politiques, je vois des réticences ou constitutionnelles, moi j'ai indiqué qu'il restait toujours la possibilité d'en appeler au Français.
De faire un référendum... On n'en fait pas sur le mariage pour tous, parce que ça c'est la loi, et puis le cumul des mandats quand ça vous arrange, on fait un référendum !
Ce sont des choses d'ordre différentes, pour les réformes des institutions. Dans notre ordre constitutionnel, dans les principes que le Président de la République avait rappelé lui-même pendant la campagne, il y a une distinction entre les réformes de la vie politique des institutions pour lesquels, ou de la ratification de traité internationaux pour lesquels un référendum peut se justifier et puis les réformes de société qui doivent passer par le Parlement.
Donc je crois que cette réforme est attendue, elle sera un élément très important de meilleur fonctionnement des institutions, des parlementaires qui se consacrent totalement à leur rôle de législateur, de contrôle de l'exécutif, les mandats locaux avec un vrai statut pour que les élus puissent se consacrer comme ils le font à leur exécutif local et qu'il y ait une respiration, un renouvellement, ce sera favorable à la parité, la prise de responsabilité des nouvelles générations.
Mon souhait, c'est que nous tenions sur 2014 et que s'il pour régler les problèmes y compris de suppléants on a besoin d'un aménagement de la constitution et bien, on propose aux français par un référendum de se prononcer sur ce choix.
Une phrase que vous avez dû lire, vous premier secrétaire du parti socialiste, Harlem Désir. Jean-Noël Guerini, patron du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, dans "Le Journal du dimanche" hier : "Personne n'a de leçon d'éthique à me donner, si je parlais, certains ne seraient plus ministre", qui vise-t-il ?
Qu'il le dise ! En tout cas, moi je l'ai mis à l'écart du Parti socialiste. Je ne veux pas lui faire de publicité. Aujourd'hui, il ne représente plus un avenir pour Marseille
Il risquerait quelque chose devant la justice s'il parlait ?
Mais qu'il le dise ! Moi ce que je sais, c'est qu'à Marseille nous allons organiser de belles primaires citoyennes avec nos excellents candidats qui se sont déjà avancé, qui vont présenter un projet de renouveau pour cette ville, et que la gauche peut l'emporter à Marseille si justement elle se tourne vers l'avenir et pas vers le passé.
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